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Ecrit le 4 juil 2014 à 17:31 par Patrick Canonges dans Article
 
 

Consanguinité : une prise de conscience tardive

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Consanguinité : une prise de conscience tardiveLe Coran, dans la sourate 4, verset 23, ne considère pas le mariage entre cousins parmi les unions incestueuses. Mais il ne préconise pas non plus ce type de mariage. Il est vrai que Mahomet lui même a épousé une cousine germaine (parmi 13 épouses), Zaynab Bint Jahsh. En fait il s’agit d’une coutume anté-islamique qui s’est prolongée jusqu’à nos jours et s’est étendue à la plupart des peuples islamisés. L’endogamie familiale permet de ne pas disperser l’héritage du clan. Marier sa fille à un étranger est inconcevable, sa part d’héritage allant à ses fils, donc à des étrangers. Il importe de garder les filles de la famille pour les garçons de la famille. La puissance et l’homogénéité du clan sont ainsi préservées. La noblesse c’est la pureté de sang, comme le constatait le grand historien arabe tunisien Ibn Khaldoun à propos des femmes : “Leur isolement est un sûr garant contre la corruption du sang qui résulte des alliances avec des étrangers. La noblesse, l’honneur, ne peuvent résulter que de l’absence de mélange.”

Les statistiques actuelles sur le taux de mariages consanguins sont très significatives, même si ce taux a tendance à baisser dans certains pays comme l’Iran. Les chiffres qui suivent sont tirés des ouvrages de David Goldman, « How Civilizations Die (And Why Islam Is Dying Too) » (2011), et d’Emmanuel Todd , « L’Origine des systèmes familiaux » (2011).
 Algérie : 22%, 
Arabie Saoudite : 34%, 
Egypte chez les musulmans : 18%,
 Emirats arabes unis : 26%, 
Iran : 38%
, Irak : 33%, 
 Jordanie : 27%, 
Koweït : 38%
, Maroc : 25%, 
Oman : 36%,
 Palestine : 29%, 
Qatar : 30%
, Soudan : 52%
, Syrie chez les sunnites : 35%
, Turquie : 28%
, Yémen : 31%

.

La consanguinité chez les musulmans au cours des 1.400 dernières années cause indéniablement des dégâts au patrimoine génétique. Le mariage entre cousins germains a souvent des conséquences graves sur l’intelligence, la santé mentale et physique de leur enfants. Troubles rénaux, malformations cardiaques, déformations du squelette, surdité ou cécité congénitales sont les symptômes les plus fréquents. Les études ne manquent pas sur ce sujet brûlant qui demeure peu médiatisé pour des raisons aisément compréhensibles.

En Grande-Bretagne, bien que les Pakistanais soient à l’origine de 3% des naissances dans ce pays, ils sont responsables de 33 % des 15 000 à 20 000 enfants naissant chaque année avec des défauts génétiques. Les Pakistanais britanniques, dont la moitié se marient avec un cousin, sont 13 fois plus susceptibles d’avoir des enfants atteints de troubles génétiques que la population générale, selon des recherches parrainées par le gouvernement. Un enfant sur dix de ces mariages entre cousins meurt en bas âge ou développe un handicap grave qui met sa vie en danger.

En Inde, chez les musulmans Ansari du Bihar, le QI des enfants consanguins est inférieur (75%) à celui des enfants non consanguins (87%). L’acquisition de différents comportements de socialisations comme la fixation visuelle, le sourire, la compréhension des sons, l’expression orale et la saisie d’un objet, sont considérablement retardés chez les nouveaux-nés consanguins (1).

En Norvège, la mortalité périnatale chez les enfants pakistanais est 1,5 fois plus élevée que chez les enfants norvégiens, et la mortalité infantile chez les enfants pakistanais est plus du double de celle chez les enfants norvégiens. Les décès dus à des maladies autosomiques récessives sont 18 fois plus fréquents chez les enfants pakistanais. De même, les décès dus à des malformations multiples sont 10 fois plus communs (2).

Au Danemark, les enfants d’immigrants musulmans sont clairement surreprésentés dans les écoles de Copenhague pour enfants handicapés: 51% des enfants des trois écoles de Copenhague accueillant des enfants handicapés physiques et mentaux sont des enfants d’immigrants musulmans (3).

Au Maroc, des chercheurs ont essayé « d’apprécier l’état général de la santé de la descendance et de la vie reproductive » . Les résultats montrent que la prévalence globale de maladies chez les consanguins atteint 66% contre 47% chez les non consanguins. Par ailleurs, le pourcentage de consanguinité dans la fraction des malades est également plus élevé que chez les individus sains, soit un pourcentage de 32% chez les malades contre 18% chez les individus sains (4).

Une étude sur les mariages entre parents en Algérie publiée en septembre 2007 par la Forem (la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche) a identifié des malformations et des anomalies génétiques chez les enfants de parents consanguins deux à trois plus fréquentes que la normale. Il s’agit entre autres du bec de lièvre, de la maladie de Duchene, de l’hémophilie, des cardiopathies, de l’agénésie des membres, de la trisomie 21 et des mucoviscidoses.
Une étude de chercheurs de l’Université d’Istanbul, portant sur les liens entre la consanguinité et le développement économique, conclut que les pays ayant connu la plus haute croissance sont ceux qui ont pu limiter, voire empêcher les mariages consanguins et ainsi préserver leur capital humain (5).

En 2009, une étude de l’Université de Londres montre une corrélation significative entre les mauvais résultats éducatifs établis par le test international PISA (Program for International Student Assessment) et le pourcentage de mariages consanguins dans 27 pays examinés (6).

Certains dirigeants arabes commencent à prendre conscience du problème. En 2003, le gouvernement saoudien, pourtant adepte du fondamentalisme wahabbite, lance une campagne d’information auprès de la population. Le Qatar, lui aussi, a récemment pris conscience du problème. Dans ce pays, lui aussi wahabbite, l’Émir a imposé en 2011 un test de consanguinité avant le mariage et un fichier génétique national est en train d’être constitué.

1. Indian National Science Academy, 1983, Consanguinity Effects on Intelligence Quotient and Neonatal Behaviours of Ansari Muslim Children
2. BMJ, 1994, Infant death and consanguineous marriage
3. Jydske Vestkysten, 2009, Tosprogede i overtal på handicapskoler
4. Jalal Talbi, Abd Errazzak Khadmaoui, Abd El-Majid Soulaymani, Abd El-Aziz Chafik, 2007, Antropo, 15, Etude de la consanguinité dans la population marocaine. Impact sur le profil de la santé
5. M. Bildirici et al., 2010, Journal of Family history
6. M. Woodley, Intelligence, 37, 2009, Inbreeding depression and IQ in a study of 72 countries

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Patrick Canonges

 
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