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Ecrit le 14 jan, 2012 @ 12:39par Olivier Bault dans Nos brèves
 
 

Pologne – crash de l’avion présidentiel à Smolensk le 10 avril 2010 : contrairement à ce qui a été dit, il n’y aurait pas eu de pressions sur l’équipage

D’après le très sérieux quotidien Rzeczpospolita (La République), les experts polonais de l’Institut Sehn qui travaillent sur les enregistrements des boîtes noires du Tupolev présidentiel ont établi avec certitude que la voix qui avaient été attribuée au général Blasik, le chef de l’armée de l’air polonaise mort dans le crash, et qui avait fait dire aux rapports russes et polonais que les pilotes du Tu-154 avaient atterri en dépit du bon sens sous la pression de leur supérieur, et donc, indirectement, du président Lech Kaczyński lui-même, était en fait la voix du copilote. De ce fait, aucun propos du général Blasik n’a été enregistré dans la cabine de pilotage et il n’est donc même pas certain qu’il s’y trouvait au moment du crash.

Les fleurs déposées par la foule des visiteurs devant le palais présidentiel rue Krakowskie Przedmieście à Varsovie, lors des premières journées de deuil national. Photo : Olivier Bault

En effet, le seul autre élément de preuve de sa présence dans le cockpit, c’était que son corps avait été retrouvé près de celui du navigateur Artur Zietek. Cependant, contrairement au navigateur, le corps du général n’était pas attaché à son siège et il pouvait donc avoir été éjecté depuis un autre emplacement de l’appareil.

La thèse d’un atterrissage sous la pression du président Lech Kaczynski avait été avancée dès les premières heures et soutenue à maintes reprises par la partie russe et par une partie de la classe politique et des médias polonais qui ne portaient pas le président conservateur dans leur cœur. Cette thèse avait aussi été reprise dans les médias étrangers, y compris français, malgré l’absence d’indices tangibles. La cohabitation entre ce président conservateur et le gouvernement du parti libéral « Plateforme civique » majoritaire à la Diète était difficile et conflictuelle. Beaucoup en Pologne pensent que le crash est au moins en partie dû à des négligences de l’administration gouvernementale au niveau de la préparation du voyage. Il a par exemple été établi que le ministère des affaires étrangères n’avait pas su assurer la présence normalement obligatoire pour un atterrissage sur l’aéroport militaire de Smolensk sous-équipé d’un navigateur détaché par le gouvernement russe. D’aucuns n’excluent pas non plus la thèse d’un incident technique majeur ou même d’un attentat. On se demande notamment pourquoi les autorités russes ont, dans les jours qui ont suivi le crash, découpé l’épave de l’avion et fait raser tous les arbres endommagés par la chute du Tupolev. Malgré ses demandes officielles répétées, la Pologne n’a toujours pas pu récupérer les débris de l’avion ni les boîtes noires et ne dispose que de copies des enregistrements de ces dernières. Des boîtes noires qui auraient cessé d’enregistrer à une vingtaine de mètres au-dessus du sol…

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