Ecrit le 13 oct 2012 à 10:44 par Eric Martin dans Ethique et moeurs
 
 

Homoparentalité : mensonge sur les origines




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Tribune libre de PLC*

L’Homme ne vit pas sans croyances. « Croyance » étant pris ici au sens psychologique du terme : une certitude qui ne peut être soutenue par la démonstration raisonnable mais qui a été apprise par le sujet. Ces croyances sont nécessaires à la bonne santé psychique et permettent des « raccourcis cognitifs » comme l’a théorisé le psychiatrie américain Aaron Beck. En clair, elles conditionnent une certaine vision du monde, en nous faisant admettre comme certaines, des choses qu’on n’a pourtant pas vérifiées ou bien qui sont invérifiables, voire complètement déraisonnables.

Ainsi, la psychologie cognitive nous apprend que la croyance la plus partagée et nécessaire à la bonne santé psychique est celle de l’immortalité. On peut la décrire ainsi : nous pouvons mourir à chaque seconde et pourtant nous agissons comme si ce danger ne nous menaçait pas. Cela nous permet de faire des projets et de prendre des engagements, finalement assez peu raisonnables. Et tant mieux !

Parmi les croyances nécessaires à la croissance d’un enfant, il y a celle que ses parents sont bien ses parents ce qui lui offre un cadre sécurisant pour grandir.

Si le gouvernement, comme il s’y prépare, autorise que des enfants grandissent dans une famille homoparentale, celui-ci comprendra, quand ses camarades d’école ou son professeur de biologie lui auront appris comment sont conçus les enfants, que ceux-ci ne peuvent pas être ses vrais parents. Non pas seulement qu’ils ne sont pas ses parents biologiques, mais en plus qu’ils ne peuvent pas être ses parents. La différence est de taille. Il ne s’agira alors pas d’un remplacement (comme dans le cas de l’adoption par des couples hétérosexuels), mais d’un mensonge. Là où l’adoption par des couples hétérosexuels fait appel à ce qui aurait pu être possible (que ceux-ci soient bien ses parents) et qui est donc crédible mais pas réel, l’adoption par des couples homosexuels fait appel à ce qui n’est ni crédible, ni réel : c’est un mensonge.

La psychanalyse, science plus ancienne que la psychologie cognitive, nous apprend ainsi l’importance de la scène primitive ou scène originaire. Celle-ci désigne de manière générale un rapport sexuel entre les parents et fait écho au moment où nos parents auraient « couché ensemble » et nous auraient conçu. J’écris « aurait » car par définition, aucun être humain n’a pu vérifier la réalité de cette scène. Mais il y croit, et croit que ce sont bien ses parents qui l’ont conçu, au sens où nous le disions au début de cet article. Cette scène, si elle est entachée d’incertitude, est source de pathologies psychiatriques.

Que se passera-t-il quand un enfant, un adolescent ou un adulte élevé dans un couple homosexuel sera confronté à ce mensonge des origines ? Il consacrera tôt ou tard un temps et une énergie considérable pour retrouver cette croyance en un couple parental originel crédible. Le temps et l’énergie que l’on passe tourné vers le passé, on ne le passe pas tourné vers l’avenir, à grandir.

Au nom de quoi devrait-on réserver ce sort à certains enfants ? On pourrait ajouter, un comble, que ce sort ne sera réservé, d’après la loi en préparation, qu’à des enfants en attente d’adoption, c’est à dire par définition dans une situation affective déjà instable !

Les études scientifiques sur l’homoparentalité ne permettent pas de conclure 

Faute de théorie psychologique qui soutienne leur revendication, les associations homosexuelles militantes s’appuient alors sur l’expérience, ou plutôt l’expérimentation par le biais d’études scientifiques. Celles-ci, selon eux, seraient en faveur de l’absence de conséquences psychologiques négatives pour l’enfant élevé par un couple de même sexe.

On objectera d’abord que la méthode de ces études n’est sans doute pas adaptée à la question posée. Pour juger d’une méthode éducative, il faut pouvoir en mesurer l’impact sur toute une vie. Or ces études ne couvrent que de courtes durées d’observation.

La plupart des ces études utilisent par ailleurs les méthodes qu’on applique habituellement aux essais thérapeutiques en médecine (études cas-témoin, études de cohorte). Autant dire qu’on juge d’une éducation avec une méthode habituellement utilisée pour juger d’une thérapie !

Mais par ailleurs, aucune de ces études ne prend en compte des situations d’homoparentalité au sens strict. Il s’agit d’études d’homo-éducation. C’est à dire qu’il n’a jamais été fait mystère à l’enfant que le couple qui l’élève n’est pas celui qui l’a conçu. Le tiers intervient donc dans l’éducation de l’enfant (en réalité ou en fantasme).

Ces études sont donc en réalité en défaveur de l’inscription dans la loi d’une parentalité homosexuelle, puisqu’elles montrent (si on considère qu’elles sont valides) que ce qui ne nuirait pas à l’enfant c’est l’homo-éducation, mais elles ne disent rien sur l’homoparentalité que le gouvernement souhaite inscrire dans la loi.

Du point de vue psychologique, on l’aura compris, il n’y a pas d’équivalence entre la parenté hétérosexuelle et celle que le gouvernement voudrait créer dans un couple homosexuel. Les théories psychologiques nous alertent quant à l’homoparentalité et l’expérience ne permet pas de conclure, faute d’études de qualité disponibles.

La loi peut aller contre l’expérience et contre les théories scientifiques, mais ce n’est sans doute pas une preuve de sagesse. Quant au risque que l’on fait prendre à l’enfant, il est injustifiable.

*PLC est interne en psychiatrie à Paris.

Du même auteur, lire :
> La psychanalyse au risque de l’obscurantisme

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Eric Martin