De la pesanteur à la grâce : compte-rendu de Sur le concept du visage du fils de Dieu
Tribune libre de Myriam Picard* pour Nouvelles de France
J’ai 26 ans, je suis catholique et je sors du Théâtre de la Ville.
J’en sors troublée, infiniment. J’ai pris une claque dans la gueule. Pas une claque de génie, non. Castellucci n’est ni Claudel ni Dostoïevsky. Il se contente de mettre sous nos yeux une scène, une scène infiniment banale et brutale, quotidienne, atrocement classique et sordide : un fils s’occupe de son père qui se souillera trois fois. C’est tout. Le texte ? Rien du tout, un échange basique qu’un adolescent rédigerait aisément. Le seul intérêt de la pièce : le visage du Christ s’y trouve en permanence, interrogation et réponse silencieuse dans ce face à face du vieillard qui se venge sur Dieu de sa déchéance, et de ce Christ qui porte les stigmates, sur son visage, du péché de cet homme. Merde ou crachats, peu importe : le Christ endosse ce désespoir et cette solitude et prévaut du début à la fin de la pièce.
La pièce s’ouvre sur un banal décor Ikea froid, bourgeois, houellebecquien : canapé blanc, tapis blanc, lit blanc, table blanche, écran plat. Froid, chirurgical, anesthésiant, oppressant. Dominant l’espace et la scène tout entière, le Christ de Messine, immense, imposant. Un homme arrive. Il est vieux, il tremble, soutenu par deux hommes qui l’assoient sur le canapé, devant la télévision. De ses phalanges à moitié mortes, il saisit un énorme casque, et, hébété, s’en coiffe. Surgissent aussitôt des bruits hachés, des phrases coupées, tonitruantes et incompréhensibles, le langage abscons de l’émission de télévision que le vieillard écoute. Il est hébété, l’homme, il boit bêtement le discours haché vomi par l’écran. Son fils arrive. Un homme occupé, le fils. Il est bien propre sur lui, l’homme. Il a un costume, une cravate, de belles chaussures. Il a un portable, l’homme, un portable qu’il consultera souvent, une cravate que, prudent, il jettera sur son épaule, au début, lorsqu’il nettoie son père, parce qu’il veut bien nettoyer son père, l’homme, mais sans se salir. Un bourgeois fils de bourgeois, qui s’agite… Mais tout préoccupé qu’il est, le fils, il veut savoir : « Papa ? Papa ? Ca va Papa ? Comment vas-tu ce matin ? Tu as bien dormi ? Qu’est-ce que tu regardes ? Qu’est-ce qu’il y a à la télé ? »
Le père se salit une première fois. Le fils le nettoie, le change. Le père pleure, s’excuse. Mais les larmes se font aussi rire narquois. Car il est indigne, le père. Il pourrait se contenter d’être incontinent, mais non. Il est incontinent ET ignoble, ricanant salement, bêtement. Un saligaud, un type qui se complaît dans sa merde, s’y roule presque, tout en pleurant de désespoir et d’humiliation. Chacun de nous, riant à notre propre saleté, à notre propre mensonge, à notre propre arrogance, à notre propre autosatisfaction. Bêtement heureux d’être d’ignobles salauds.
Trois fois le père se salira, avec des larmes et un tremblement proche du ricanement abscons. L’homme qui se hait d’être sale et petit, mais s’y plaît tout de même, alors que Dieu est toujours là, objectivement, son regard interrogeant chacun d’entre nous. Alors que la miséricorde est là, dans cette figure christique du fils à genoux, devant son père, le lavant, comme un serviteur au travail…
Une spectatrice, deux ou trois rangs plus haut, se met à hurler « Une souris ! Une souris ! J’ai peur ! » La ficelle est un peu grosse, mais fonctionne. La dame aura troublé la pièce, et me confiera après, que malgré tout, ça a « bien marché », puisqu’elle est partie sans se faire ennuyer par les policiers en civil présents dans la salle. Une dame très sympathique par ailleurs, à qui je dis que je ne partage nullement ses positions, mais avec qui j’aurai un bel et intéressant échange.
Il est faux de prétendre que cette pièce ne serait que complaisance envers les matières fécales. Absolument faux.
Mais passons. Le père « tombe »… pour la deuxième fois… Il se souille pour la deuxième fois. La scène n’est désormais plus cet univers aseptisé du début : des serviettes traînent, le désordre de la vie souffrante imprègne tout, tout est maculé de merde, et la blancheur apparente, l’ordre premier deviennent perturbations vivantes, sont chamboulés par cet amour du fils qui râle mais nettoie, de plus en plus fatigué, usé, endolori, mais aussi de plus en plus charitable pour ce père réduit à un tube digestif immaîtrisable. Il est faux de prétendre que cette pièce ne serait que complaisance envers les matières fécales. Absolument faux. Il y a cette misère humaine, cette fragilité repoussante que nous vivons tous à un moment de notre vie (maladie, sénilité…) et la réponse du fils qui n’abandonne pas son père, qui le lave, encore et encore, s’enquiert en permanence de son état et de ce qu’il ressent, s’énerve aussi, pour mieux réconforter son père ensuite. On reste saisi et l’on se demande si l’on serait capable d’une telle patience, si l’on supporterait de voir un très proche réduit à si bas.
Père et fils sont désormais au centre de la scène, devant l’image du Christ, et le moment est saisissant, l’image est terrifiante de vérité : l’homme qui se souille pour la deuxième ou troisième fois, debout, de dos, faible, nu, tremblant, s’accrochant à son déambulateur. Mais dressé tout de même, dressé devant l’image du Christ. Et son fils, lavant, une fois de plus son père, ce fils qui tout à coup s’interrompt, l’éponge à la main, parce qu’il n’en peut plus de nettoyer son père, et qui, à genoux derrière lui, pose soudain la main sur le dos de son père, et, tous les deux, immobiles, pendant la scène la plus longue de ces cinquante minutes, vont regarder ce visage, ce Père qui en regarde un autre, ce Père qui regarde le père et le fils humiliés et souffrants, et qui ne répond pas, certes, mais qui EST. Et qui est là, toujours. Je pense à Job, soudain, Job le riche sur son tas de détritus, et je pense soudain à ma propre faiblesse et à mes propres doutes.
Le fils n’en peut plus, il est usé mais s’en va quérir un autre seau d’eau. Le père en profite pour répandre un petit bidon de matières fécales sur le lit et tout alentour. Il y a quelque chose de désespéré, un absurde défi dans ce geste. La scène est repoussante, le péché s’étale dans toute sa laideur : je songe au Père Grandet, sur son lit de mort, obsédé par ses écus, mourant dans la rage de ne pouvoir emporter son argent, au baron Hulot, ruiné, fini, vidé par quarante années de vice, à moitié gâteux, embrassant une repoussante cuisinière et lui chuchotant qu’une fois sa femme morte, il fera d’elle la nouvelle baronne Hulot. Le geste du vieillard est rageur, vengeance contre son propre état. Le fils revient, crie, n’en peut plus, pleure : « Mais qu’est-ce qui t’est arrivé, Papa… Qu’est-ce qui va pas… Papa… Papa… Papa… Papa… » Il nous tourne le dos, immobile, paumes ouvertes vers le sol. Et les lumières s’éteignent, la scène est plongée dans le noir. Lentement, le fils marche vers le Christ de Messine, qui dans le noir total est encore plus lumineux et imposant, et dans un geste d’infinie confiance, d’infinie demande, d’infinie peine, embrasse ce visage, longuement. Il a donné sa réponse à ce visage, le fils. Et cette réponse est acceptation douloureuse. Il s’en va. Le père est seul. Il traverse la scène, passe derrière le portrait du Christ et quelques instants plus tard, ce portrait est déformé, par derrière, par une multitude de corps mouvants. L’on devine le geste du père avec son bidon, car soudain le visage du Christ semble couvert de larmes d’encre. Lentement, ce visage pleure de ce que l’on devine être le contenu du bidon du père, ce visage est couvert par l’offense, et ce visage va également être déchiré. Et sous les déchirures de l’image du Christ, souillée sans nul doute par le père qui contourne l’icône, image qui me fera penser au visage ravagé et à peine identifiable du Jésus de Mel Gibson, l’image déchirée par des êtres dont on ne verra jamais le visage, des êtres grimaçants, anonymes, démons sortant de nulle part et se contorsionnant, sous cette toile en lambeau, soudain, apparaît l’inscription suivante, comme gravée dans la pierre : YOU ARE MY SHEPHERD. Longtemps, on ne verra que cela. Mais en moins lumineux, en nettement moins lumineux, oui, je l’affirme et l’affirmerai encore, tremble soudain le « NOT » qui, à aucun moment de cette fin de pièce, ne sera, jamais, aussi lumineux, aussi clair, aussi visible que ce cri de « TU ES MON BERGER. ».
Je sortirai hantée
D’ailleurs, alors que les cinquante minutes du spectacle se sont écoulées et que résonnent des bruits incompréhensibles, apparaît soudain, sur ce voile-visage du Christ déchiré et souillé, en surimpression, en projection vidéo, de nouveau, le visage du Christ, encore et encore. L’ultime réponse. Le point d’interrogation et point d’orgue et point final de la pièce. Son visage victorieux.
Je sortirai hantée. On m’a rappelée, sans doute avec une trop grosse accumulation de matières fécales et d’odeurs, jusqu’où le Christ allait nous chercher, et qu’il était présent dans nos plus grandes bassesses. Dans la rage et l’incompréhension et la colère et le doute. On m’a rappelé qu’il était là. Et qu’il avait beau se faire détester par ce vieillard hurlant sa souffrance et son humiliation, il demeurait.
Castellucci aurait gagné à plus de pudeur : nul n’est besoin de montrer trop pour arriver à l’essentiel. Cette exagération scatologique est à mon sens le vrai problème de cette pièce, et le signe d’une époque qui par ailleurs déteste pourtant férocement la maladie, le handicap, et confine la mort à des chambres d’hôpitaux froides et solitaires. Nul n’était besoin de montrer ce vieillard nu. Je le redis : Castelluci n’est pas Tarkovsky ni Claudel, il est sans nul doute pollué par les travers scéniques d’un certain théâtre contemporain. Mais il a au moins ce grand mérite de penser que la vie n’est pas nécessairement absurde et qu’il y a une question et un sens. Il ose, dans une société atrocement matérialiste, imposer ce visage du Christ du début à la fin de la pièce, il ose le maintenir alors même qu’un des personnages cherche à détruire sa représentation, il ose matérialiser l’idée que Dieu demeure. L’accuser de nihilisme est totalement mensonger. Anouilh, qui détestait la nouvelle vague boboïsante et dite « engagée » du théâtre parisien, s’en moquait en mettant en scène, dans une de ses pièces, deux acteurs racontant n’importe quoi devant un bidet, censé représenter l’absurdité de l’existence. Ca n’est pas ce que fait Castellucci. Le Christ est présent du début à la fin de cette pièce (et pas n’importe lequel : cette peinture-là est littéralement hypnotisante et magistrale), présent dans des scènes de bassesse, de fragilité humaine, de désespoir, de révolte, mais aussi d’amour filial, de patience et de douceur.
Lorsque Joël Prieur ose écrire, dans Monde et Vie, que « la pièce de Romeo Castellucci est fondée sur une dérision du père » et que « la relation la plus élémentaire, la relation de paternité est tournée en dérision », non seulement il fait preuve d’une époustouflante mauvaise foi, mais il semblerait qu’il ait fermé les yeux pendant toute la pièce (ou qu’il ne l’ait pas regardée du tout ?), laquelle repose objectivement et totalement sur un fils qui s’occupe de son père sous le regard du Père, et sur une relation d’amour et de respect, mêlée de souffrance et de rage.
« Ce que je cherche, c’est à fendre en deux la conscience, à ouvrir une blessure pour que les questions puissent entrer profondément en nous. L’art repose entièrement sur cette condition de poser des problèmes, sinon il est purement décoratif. Dans notre monde, nous sommes gavés d’informations, mais quelles sont les informations justes dont nous avons besoin pour continuer à vivre ? » Cette question nous est posée par Castellucci. Cette question est évangélique, cette question est chrétienne. Quelle réponse y apporterons-nous ?
A la sortie du théâtre, j’ai discuté avec deux femmes, une athée et une juive agnostique. Les deux étaient troublées, les deux m’ont dit avoir trouvé la pièce profondément chrétienne. Juste avant le spectacle, j’avais interrogé un trentenaire qui m’avouait venir voir la pièce pour la deuxième fois : férocement athée depuis des années, il avait « reçu un choc » une première fois et pris conscience que « le christianisme, en fait, ça a peut-être un sens ». Il voulait vérifier cette impression, courageusement, car elle ébranlait des années de combat forcené contre la foi.
Quant à moi, oui, je l’affirme, cette pièce m’a conduite encore plus au Christ… La froideur terrible de cette scène de théâtre où le mobilier suinte la solitude et la mort, cette froideur bousculée par l’incontinence du père et par l’amour de son fils qui se démène pour le soigner et réconforter, cette froideur dominée par la lumière et la puissance qui se dégage du Christ de Messine m’aura renvoyée à deux choses : l’apparente vacuité de notre vie terrestre – tout particulièrement à notre époque – et le seul sens, la seule question qui peuvent y être opposés : le Christ. Le Berger. My shepherd.
[1] « J’ai l’impression d’un malentendu épouvantable. Sur le concept du visage du fils de Dieu n’a rien de blasphématoire ni de christianophobe. Mais ces activistes ne peuvent pas le savoir car ils ne l’ont pas vu. On peut même voir le spectacle comme un chant d’amour pour le Christ, ce qui est le cas de certains spectateurs. » R. Castellucci
*Myriam Picard est journaliste et membre du Comité de rédaction de Riposte Laïque.
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Moi aussi, j’ai écris un petit quelque chose qui défendait Piss Christ. http://abimopectore.over-blog.com/article-cette-urine-c-est-la-mienne-71813623.html
Je ne suis pas certain de dire que cette œuvre m’a amené davantage vers le Christ. En revanche, oui, j’y ai vu quelque chose dans laquelle je peux me reconnaitre.
Le seul souci avec ce raisonnement, c’est le fait qu’on puisse à peu près tout justifier de cette manière, puisque finalement, rien de ce qui est humain nous est étranger ou étranger au Christ. On peut donc tout salir, et mettre le Christ à toutes les sauces. Or, il faut AUSSI une limite, on ne peut pas tout faire non plus, le blasphème peut être un appel à l’aide, une demande de divinité ou de transcendance, mais il reste aussi un blasphème, on ne peut pas éluder la seconde partie au prétexte de la première.
On peut aussi considérer que l’art ne se réduit pas qu’à cela, que l’on est capable de faire autre chose que des considérations mystiques sur des œuvres plus ou moins scatologiques. Et que même les artistes d’aujourd’hui sont capables d’autre chose.
allez voir ce très beau film : tout y est ! y compris « l’astuce » du démon dans la bouche d’un prêtre ! eh oui ! pas facile d’être chrétien dans un monde de fausses idées sur tout, même de la part de gens de « bonne volonté » !
http://fr.gloria.tv/?media=35227 puis http://fr.gloria.tv/?media=35271 puis http://fr.gloria.tv/?media=35270,
Dans une vidéo sur youtube (http://www.youtube.com/watch?v=2pqQ8vgFP8w) on voit une scène avec des enfants jetant des projectiles qu’ils ramassent par terre (la vidéo n’est pas assez nette pour affirmer qu’il s’agit des excréments du père) sur le visage du Christ.
Cette scène n’est pas dans votre compte rendu. En a t elle été enlevée?
Elle semble moins aller dans le sens que vous donnez à la pièce.
Ce qu’oublie Mlle PICARD, c’est que l’utilisation du portrait du Christ ne peut pas être libre de toutes exigence même si le message se veut positif. Car alors, même avec un message negatif, cette utilisation serait légitime. En effet, la question du respect des croyants et de leurs représentations ne dépend pas du sens de la pièce mais bien de ce que la mise en scène implique. Sans chosifier le portrait du Christ ni tomber dans la querelle des icones, on se doit de reconnaitre qu’on ne peut pas tout faire même pour de bonnes intentions selon cette spectatrice-redactrice. Je pense que M PICARD ne se pose pas les bonnes questions. Elle reste sur la question du sens, qui n’est pas celle qui est en cause et qui ne saurait encore une fois faire office de critère de démarcation. La seule question est celle de la mise en scène….
« une athée et une juive agnostique », « membre du Comité de rédaction de Riposte Laïque »
Les gens qui m’ont dit avoir été édifiés par la pièce, quand je tractais à la sortie du théâtre, étaient une athée, un catho-mondain-de-bonne-famille et un musulman qui se vantait (?) de ne pas être vierge.
Point commun de tous ceux qui trouvent la pièce touchante et formidable : ils ne sont pas chrétiens.
CQFD
Laure, c’est vraiment nul ce que tu dis. CQFD rien du tout. Généralisation grotesque. Catholique pratiquante, j’ai moi-même été choquée par la forme de la pièce (Mais il y a forme et fond). Pour autant ce n’est pas parce que tu as croisé deux personnes dont tu as jugé à ta guise qu’ils n’avaient pas la Foi et qui ne condamnaient pas la pièce, que tu dois procéder à une généralisation grotesque comme celle là. D’abord il n’y a pas que des gens qui trouvent la pièce « touchante et formidable » et d’autres qui la trouvent ignoble, mais il y a aussi des gens qui se posent des questions, qui réfléchissent et qui ne condamnent pas des personnes qui émettent un jugement différent du leur comme il semblerait que tu fasses. Mais peut-être que les années t’aideront à prendre du plomb dans la cervelle.
Mouais… , comme le dit DJM c’est un peu louche tout sa…
DJM, je crois que cette scène a été supprimée dans la version présentée à Paris. C’est cela qui est bien ; provoquez un joli petit scandale pour déclencher la colère des uns, puis maquillez-le pour vous draper dans les plis de l’indignation contristée. Avec quelques détails on peut changer tout le sens d’une pièce. Mais la question n’est pas là. La vraie question est la suivante : la prochaine fois (Golgotha Pic Nic, 8 décembre), à quelle sauce va-t-on nous manger ? Parce que la véritable attaque du démon ne m’apparait clairement que depuis ce soir : la division, encore la division. L’ennemi avance toujours masqué et il attaque toujours par derrière. Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » cathos. Il n’y a que des cathos de bonne foi, la perversité du malin consistant justement à les faire lutter entre eux.
Oui oui, bien sûr, » you are my shepherd » qui prend le dessus sur le « not ». Mais seulement dans la tête de qui veut se convaincre que le « not « n’existe pas. Je n’ai jamais vu la méthode coué à l’oeuvre de manière aussi fanatique. Romeo Castellucci a mis un NOT parce qu’il avait envie d’exprimer sa haine du Christ, à coup de grenade, de diarrhée, et ce n’est pas les songes éveillés de ceux qui ne veulent pas le voir qui changent le propos de la pièce.
Comme il est encore valable, ce dicton du XIXe siècle : « si le préfet donnait l’ordre aux catholiques de venir sur la grand place à midi pour se faire botter le train, ils viendraient tous à midi moins le quart pour ne pas le faire attendre ».
Vérification de la vidéo, ce sont bien des grenades. On voit les enfants « dégoupiller » et lancer leurs projectiles sur le portrait du Christ. J’aimerais que Myriam Picard m’explique pourquoi cette scène n’apparait plus dans le spectacle parisien… Encore que… peut être cette scène était-elle là lors de la 1ère séance. Qui sait? Et qu’on l’ait enlevée par la suite car évidemment le sens de cette pièce apparaitrait aux yeux de tous très clairement. Castelluci est un manipulateur. C’est évident pour moi…Mme Picard, pourriez-vous allez voir ces vidéos et nous dire ce que vous en pensez… Merci
@Laure: le Christ est venu pour tout le monde: aussi bien pour les athées, que pour les Juifs ou les musulmans. Je vous trouve exceptionnellement violente dans votre jugement. Je suis à Riposte Laïque, et cela; selon vous, si j’ai bien suivi votre raisonnement, signifierait que je ne suis pas catholique. Alors mettons les choses au point: baptisée et confirmée catholique, je fus longtemps paroissienne de Saint Eugène, cheftaine aux Scouts d’Europe, chef d’équipe à Jeune Chrétiente. J’ai eu la chance de passer mes années de collège et de lycée sous la houlette des Dominicaines du Saint Esprit. Voilà pour le non-catholique. Sur le papier, chère Madame, je suis catholique. De coeur, aussi, et même si vous en doutez.
Allez dire à l’Abbé Grosjean, qui partage mon avis sur cette pièce, allez dire à un prêtre qui se démène pour l’Eglise, qu’il n’est pas catholique.
Le Christ est partout, il n’est pas « réservé » à nous autres, catholiques.
Bravo ! comme aurait pu dire Notre Christ vous avez accumulé beaucoup de premières places dans les synagogues !
Et cela prouve quoi ? Que vous avez un doctorat en discernement, délivré par l’Esprit saint ?
Oui, vous êtes certainement une bonne catholique d’aujourd’hui : inquiète, torturée, toujours en « chemin », en « recherche », à la rencontre de « l’autre », le préférant encore plus quand il vous crache dessus (en tant que catholique bien sûr), et puis étalant tout ce mal-être sur la place publique,mettant toujours le doute au dessus de la Foi, fière d’être une bonne catholique MODERNISTE, ouverte au dialogue et à l’échange, brevet décerné par VOS amis laïques (ce ne sont pas les nôtres).
Une question : croyez-vous au purgatoire et à l’enfer ?
Je suis troublée par votre témoignage. J’étais hier soir à la manifestation puis devant le théâtre. Je n’ai pas participé à la haine envers les spectateurs qui sortaient du théâtre, les huer était de la haine, contraire à l’Évangile. Je me rends compte que l’on nous a trompé de bout en bout. Peu ont eu le courage d’aller voir la pièce. J’attendais depuis le début de la semaine ce qu’allait dire Padreblog et l’Abbé Grosjean, homme sage, a préféré aller voir la pièce, ce que nous aurions du faire avant d’en parler trop rapidement.
Je m’étais rendu compte au long de la semaine que la question des prières spontanées devant le théâtre créait une division. Au sein de mon école (très catholique) nous étions divisés pour la première fois depuis longtemps, le climat m’a semblé mauvais alors que c’est une école qui tend plutôt à tout faire élever nos âmes. Le malin n’est pas à sous estimer. Son action a fonctionné.
Merci d’avoir pris le temps d’écrire ce qu’est la pièce, votre ressenti, c’est grâce à vous que l’on peut finalement voir un peu de vérité.
J’étais aussi embêtée que les seuls prêtres, autorités religieuses, qui nous mènent, qui nous dirigent dans la prière, qui nous bénissent même, soient des prêtres de la Frat St Pie X. JE me demandais pourquoi l’Eglise ne réagissait pas.
Je suis un peu troublée mais encore merci pour votre audace et recherche de vérité !!!!!!
En UdP pour que des incidents aussi grave que celui ci ne recommencent pas avec la pièce Golgota Picnic.
Fraternellement
Le problème, c’est que les catholiques ont intégré les arguments que leurs ont forgés leurs ennemis les francs macs : ressenti personnel, accueuil de la différence, mea culpa sur les fautes supposées de l’Eglise. Le Démon n’a plus rien à faire : les cathos font le boulot pour déchristianiser la société.
La vraie question n’est pas celle d’un quelquonque « ressenti » ou d’un autre, mais celle de l’
Honneur de Dieu.
Une question : que comprenez-vous de la fête du Christ Roi ?
Je précise que c’est sur ce lien que le jet de « grenades » est clair.L’autre vidéo me semble un peu moins nette. Merci. http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=JzldOzVho6w
@ Marie Picard :
Presque tous les catholiques qui s’insurgent contre cette pièce ont ceci de commun qu’ils prient régulièrement selon la liturgie bimillénaire de l’Eglise, chargée à ras-bord de sacré. C’est le cas de la dizaine d’évêques qui ont pris officiellement position en envoyant un courrier manuscrit à Civitas (Mgr Centène, Mgr Aumônier et d’autres confrères), du métropolite syriaque dont les fidèles chaldéens et araméens ont répondu en masse à on appel, du monastère bénédictin du Barroux, des prêtres de la Fraternité St-Pie X, de la Fraternité St-Pierre et de l’Institut du Bon Pasteur qui ont participé eux-mêmes aux manifestations en tête de ligne.
Tous les catholiques qui trouvent cette pièce acceptable ont ceci de commun qu’ils ne fréquentent pas, ou plus comme c’est votre cas, la liturgie antique de l’Eglise, mais un rite nouveau et dépouillé de sacré jusqu’à la plus extrême limite, la misère représentative la plus concrète. C’est le cas de l’Abbé Grosjean, des dominicains de Paris, des bénédictins de Toulouse et de vous-même.
Conclusion : les seules personnes qui trouvent cette pièce « chrétienne » et qui nient sa profanation du sacré sont précisément celles qui n’ont pas de rapport quotidien avec la représentation du sacré.
CQFD.
Erratum : « misère représentative la plus complète »
Cette pièce serait alors « ambigue »?… à la bonne heure !!
N’oubliez pas que l’ambiguité est une des méthodes préférées du démon !!!
La pièce est ambiguë? Elle est donc mauvaise !!!
Myriam est une personne digne de confiance. Je le sais pour la connaître personnellement depuis longtemps.
Je n’ai jamais entendu à ce jour de propos hétérodoxes, hérétiques si vous préférez, de la part de l’abbé Grosjean dont la doctrine est tout sauf moderniste. Référez-vous pour cela à son blog.
Maintenant, je lis les commentaires de certains qui se permettent de juger les coeurs et les reins. Qui savent mieux que les autres avec des jugements définitifs sans avoir vu la pièce de théâtre dans on ensemble. On finit en les lisant par se demander si l’on n’avait jugé pour eux chez ceux qui sont leurs directeurs de conscience qu’ils se sont contentés de suivre sagement. Ce qui n’enlève rien à leurs mérites d’ailleurs sinon un manque d’esprit critique regrettable.
Je ne les juge pas, je me demande comment ils peuvent être si catégoriques et user de tels propos péremptoires envers des interlocuteurs dont ils contestent même la foi catholique.
Maintenant, ils confisquent à leur cause tels ou tel évêques ou père abbé, qui n’ont pas vu le film non plus, comme si cela en faisait une condamnation dogmatique qui oblige tous les fidèles.
Seulement un spectacle relève du jugement personnel et de la critique artistique, pas de la doctrine morale tant qu’il ne l’enfreint pas ouvertement et ce n’est pas le cas dans ce spectacle. Ceux qui jugeaient, condamnaient et brulaient les spectacles contraires à leurs dogmes ont laissé un mauvais souvenir dans l’histoire.
Et ils font le procès du nouveau rite et de ceux qui le pratiquent.
Je les lis, je constate, ils peuvent me démentir.
Là, on devine l’arrière-pensée, que pour tout dire je subodorais. J’ai soutenu ces jeunes, j’étais plus réservé quand au soutien du clergé ami, la FSSPX ayant pris la fâcheuse habitude de juger le monde et l’Eglise à travers le prisme de ses seuls intérêts.
Pour autant, les images de jets d’oeufs et de liquide m’ont laissé un malaise, venant semble-t-il de la part de militants d’un parti confondant allègrement spirituel et temporel, religion et politique, je parle de l’AF. Mais je soutenais ces jeunes certainement des catholiques sincères, même si je déteste les leçons publiques de morale et de vertu faites aux spectateurs et passants. Cela me rappelle trop les Pharisiens. Mais passons!
Pour autant, devant les témoignages fiables de la part je le redis de personnes sûres dont la foi n’est pas douteuses et surtout ayant vu le spectacle, le jugement définitif et sans appel de certains autres, le procès d’intention et certaines méthodes, laissant planer un doute sur leur conception de la charité et leur sens de la liberté artistique, deviennent suspectes.
Au moins dans l’affichage de certitudes d’airain luttant contre l’esprit diabolique du monde. C’est beau comme une image d’Epinal!
Je ne regrette pas de ne pas être venu manifester, malgré les leçons d’infantilisation moralisantes de monsieur Escada qui n’en est pas à son coup d’essai. En, le regardant parler, je pense à cette sentence de Nietzsche disant des chrétiens « Il faudrait qu’ils me chantent de meilleurs chants, pour que j’apprenne à croire en leur Sauveur : il faudrait que ses disciples aient un air plus sauvé ! »
Je suis désolé pour ceux qui garderont des séquelles, la jambe du militant d’AF, perte d’emploi, etc..
Je me souviens avoir manifesté avec vigueur, j’avais jeté du gaz lacrymogènes dans un cinéma durant la projection, contre le film de Scorcèse, « la dernière tentation du Christ » que je n’avais pas vu. Gardes à vue et le reste, je connais!
Pourquoi le voir, nos leaders nous avaient dit ce que nous devions savoir?
C’était déjà les mêmes, Bernard Antony, l’AF et la FSSPX parmi d’autres, qui poussaient à la roue. Deux frères jumeaux militants d’Action Française avaient fait de la prison pour l’incendie du cinéma Saint Michel dont un objet qui avait enflammé un siège avait provoqué la destruction par les flammes.
Souvenirs, souvenirs, qui reviennent à ma mémoire.
Je crois que Civitas et d’autres associations et fraternités se sont fait une bonne publicité en jouant les défenseurs de la vertu catholique outragée.
Le spectacle a bénéficié ainsi d’une publicité inespérée, le réalisateur passant pour une victime de la liberté d’expression et les catholiques comme étant divisés entre eux.
Je résumerais en disant que j’invite les jeunes à réfléchir avant de suivre les donneurs de leçons parce que très souvent ce sont eux qui assumeront les risques et pas les conseilleurs.
Je parle là d’expérience.
Ces affaires, Golgota Picnic et celle-ci, tombent à point nommé pour venir semer le trouble et favoriser les réfractaires à la réintégration de la FSSPX dans l’Eglise.
Qu’on me pardonne mon propos, mais je ne serais pas surpris d’apprendre que certains de ses membres n’en soient pas fâchés.
D’autre part, le plus grand scandale qui pèse sur notre temps, à combattre d’urgence et sans relâche, ce n’est pas un spectacle douteux.
Non, c’est mon propre manque de charité d’espérance et de foi.
Et de cela, si je suis honnête, je ne peux faire le reproche à personne d’autre que moi-même.
Merci de votre compréhension.
Désolé, je n’ai pas lu tout votre message. Un peu long !!! J’en retire l’impression globale que vous avez subi ce qu’on appelle un retournement. Pourriez-vous nous dire comment ça s’est passé ?
il faut mettre des choses au clair…
je suis une fidèle de l’ancienne paroisse de l’Abbé Grosjean que je respecte bien entendu (autant dire que je ne suis pas tradi ou extrémiste) et
j’étais à la « manif’ » hier soir… mais je ne suis pas allée jusqu’au théâtre de la ville…tout simplement parce que je n’ai pas vu la pièce et je n’avais pas de raisons d’y aller ( et lancer de l’huile de vidange ou des œufs pourris… un enfant de deux ans peut le faire). Je suis allée à cette manif car il y en a marre d ‘entendre des bêtises sur les Cathos.. je subie tous les jours en tant qu’étudiante des remarques sur les cathos jusqu’à ce qu on me dise que » la religion c ‘est de la politique »… c ‘est pour que cela cesse que je suis venue…
Il y en a marre des phobies des religions, l’islamophobie, la judéophobie et maintenant la christianophobie.. Hier, des juifs, des musulmans et des athées étaient parmi nous et je les remercie de nous soutenir!
merci de m’avoir laisser m’exprimer, je sais que je ne suis qu ‘un cas particulier car j ai vu les jeunes (ou moins jeunes) qui criaient hier » tous au théâtre » et il est important de rappeler les deux visées de la manifestation d’hier:
-le retrait de « la figure souillée du Christ »
- la lutte contre la christianophobie (lutte qu’il faut soutenir)
A Camille: personne n’avait l’intention de lancer des oeufs ou de l’huile: d’ailleurs personne n’en avait!
de plus ne confondez pas tout: ceux qui ont lancé des oeufs/ huile sont des militants politiques… PAS LES TRADIS de Civitas qui sont PACIFIQUES (ceux d’hier en grosse majorité)
pas hier… mais d autres soir oui…! des militants politiques n’avaient rien a faire ici!! mais j’espère que vous pensez vous aussi que le niveau de maturité nécessaire pour lancer tout cela ne dépasse pas celui d’un enfant.
tout ce que je dis ce que je soutient et nous devons soutenir l antichristianophobie
non, j’ai bien lu: vous parliez bien d’hier: c’est aussi pour cette raison que vous n’êtes pas venu au Chatelet alors qu’il n’y avait aucune raison que l’un d’entre nous jetât des oeufs.
De plus pourquoi des militants politiques ne pourrait pas venir surtout si certains partis DEFENDENT LA CIVILISATION CHRETIENNE ??: ils sont CONCERNES COMME LES AUTRES. !!
Sans compter que: « Tout est politique »
Moi j’ai fait 6 heures de route avec femme et enfants pour venir à cette manif (et aller au McDo après bien sûr). Autant dire que je suis un tradi intégriste fondamentaliste très violent et très dangereux, n’est-ce pas ?
Un conseil (violent, attention, mais il s’adresse à moi en premier) : si vous voulez vraiment lutter contre la christianophobie commencez par être certaine que seule la Foi au vrai Dieu, NSJC, sauve, soyez le mieux possible ce que vous êtes et travaillez à rechristianniser la société afin 1) d’obéir aux demandes de Jésus Christ 2) de permettre au plus grand nombre possible d’âmes de se sauver.
Et puis n’oubliez pas de devenir farouchement franc-maçoniquophobe, athophobe et encore judéophobe et islamophobe.
Et enfin, ayez plus peur d’être une idiote utile qu’une tradi extrémiste (çà, c’est un conseil pour vous seulement)
Le problème fondamental semble bien être la cassure entre l’élite et le peuple. Le petit théâtre des bobos ne parle plus au peuple; et celui-ci en a assez de supporter ses insultes, de voir détruits ses symboles, de voir broyé sa foi et son espérance dans les salles de théâtre, aussi bien que dans les salles de rédaction, dans les meetings des partis et ailleurs.
Notre époque suinte tellement la haine de toute part, que l’on ne sait plus qui pourrait encore nous vouloir du bien. Alors on se bouffe les uns les autres, dans le doute.
C’est sinistre, et ça ne finira pas bien. Le chrétien doit prendre en silence son lot d’humiliation, qui est probablement plus lourd que celui du voisin, mais qui est juste. N’oublions jamais que ce qui nous souille n’est pas ce que l’on nous inflige, mais ce que nous infligeons.
@ phil et Camille :
Comme cela fait décidément couler beaucoup d’encre, rappelons simplement qu’il n’y a eu d’oeufs et d’huile que le 2ème soir de représentation et que ce ne fut pas le fait de militants politiques mais de 8 catholiques normaux (en l’occurrence : mes amis et moi).
Si cet « entartage » à la mode française vous semble « violent », songez un peu aux manifestations dévastatrices des « indignés » qui suscitent l’enthousiasme des media subventionnés. Un peu de bon sens. Même les policiers qui nous gardaient en cellule trouvaient idiote la répression dont nous étions l’objet.
d’accord: ce qui est sûr c’est que la grosse masse des manifestants s’est comporté parfaitement. Je dis bien parfaitement
(ps: je ne suis évidemment pas choqué par des oeufs lancés, (j’en ai vu d’autres) les spectateurs de la pièce respire bien de la m… synthétique!!, c’est pire!
@Laure
Si mes parents et grands-parents catholiques m’ont enseigné le respect des églises, ils m’ont aussi transmi celui de la nourriture.
« On ne joue pas avec la nourriture, on ne jète pas de pain. »
Cela ne semble peut-être pas important. Pourtant, si l’humanité arrivait à respecter cette règle, tout le monde mangerait peut-être à sa faim (40 % de l’alimentation produite serait jetée, du moins sous nos latitudes).
Si l’on veut faire comprendre à des gens qu’il y a des choses à respecter dans la vie, il serait de bon ton de ne pas le faire en les choquant sur des valeurs qu’ils pourraient avoir conservées.
Quant à l’huile de vidange, c’est vraiment dégueulasse. Vous croyez sans doute avoir trouvé une idée de génie. Or tout ce que vous allez récolter c’est que vos adversaires se permettront la même ingéniosité en aspergeant vos églises, vos crucifix ou vos cortèges le jour où ce sera leur tour de se trouver au dessus de vous.
Bonjour. Je voudrais donner un avis extérieur. En effet c’est l’avis d’un athée rural, néanmoins intéressé par cette affaire.
Pour un athée, croire en l’existence d’une divinité relève de la même crédulité que celle de l’enfant qui croit au Père Noël. Malheureusement, pour beaucoup d’athées, la comparaison avec l’enfance s’arrête là. Ce n’est pas mon cas, car je tente de me comporter avec compassion envers mes contemporains croyants.
Je dis souvent que les objets de culte sont un peu «des nounours pour adultes». En effet, ils ont tout des objets transitsionnels auxquels on prête une valeur affective particulière et parfois plus. Comme l’enfant qui pense que sa peluche ou sa poupée a une vie propre et peut se lever pendant qu’il dort, l’adulte veut continuer à croire que derrière son Jésus sur la croix accroché au mur, il y a quelqu’un qui l’écoute et le comprend.
Un athée empreint de compassion ne devrait pas se moquer de l’infantilité des croyants, pas plus qu’il ne se moque de l’infantilité des autres adultes qui se manifeste à de nombreuses occasions. Un athée compassionnel se devrait de comprendre la douleur de vivre et admettre que certains préfèrent continuer de dormir avec leur nounours.
L’enfant qui piétine et souille le nounours de son cadet pour lui prouver qu’il n’est qu’un objet inanimé montre-t-il une maturité supérieure ? L’enfant qui s’échine à démontrer à son cadet que le Père Noël ne peut pas passer par la cheminée et que tous ceux qu’il a pris pour le Père Noël étaient déguisés fait-il vraiment preuve d’altruisme ?
Je ne le pense pas. Je crois qu’il faut respecter les réconforts et les illusions qui émerveillent et rendent la vie plus douce aux adultes et aux enfants.
Si Castellucci a –malencontreusement ?– piétiné le nounours des catholiques, il pourrait le nettoyer en lui demandant ostensiblement pardon et s’il ne lui a pas fait trop mal. Alors enfants et adultes dormiront en paix et le marchand de sable (car je crois qu’il existe !) pourra passer et emporter avec lui toutes ces vilaines disputes.
ah ! ah ! ah ! ah !
je la raconterai à mon cheval celle là, l’athée rural compassionnel.
Bonjour,
Malgré le fait que mon point de vue rejoint le votre sur cette compréhension de la pièce, j’étais tout de même dans la rue afin de la dénoncer… Quelle bêtise pourrait on dire! Eh bien non, car plusieurs choses font que cette pièce ne devrait pas être montrée:
- la première est qu’aujourd’hui, selon les règles de l’art, une œuvre n’a de sens que celui que lui donne le spectateur particulier, vous avez donc une opinion, mais il n’a de valeur qu’à vos yeux, et c’est également la même chose pour l’auteur de cette pièce; le spectateur sans profondeur qui se réjouira de voir le Christ souillé donnera une ayez définition de cette œuvre… Pour cette raison il est inutile de présenter un Christ dans cet état;
- secondement, afin de nous faire travailler la conscience et de montrer le visage de Dieu, il y a une multitude de manière de faire, plus respectueuses et plus belles envers le Christ. Pour cette raison l’auteur est difficilement excusable, lui qui se présente comme catholique;
Je peux comprendre votre point de vue, mais malgré cela je pense que les » contres » sont plus nombreux que les « pour ».
Nous pourrons demain parler de Golgotha Picnic, la pièce actuelle est très bon enfant par rapport à celle qui sera présentée au théâtre du Rond Point en Decembre
Après l’ « art contempourien » : l’ « art blasphématoire » avec notre argent justifé par des lâches et des traitres comme Myriam PICARD et l’Abbé GROSJEAN raliés à la culture de mort !!! !!! !!!
Où sont passé le Bon, le Bien, le Juste, le Beau, le Vrai chez eux !!! !!! !!!
Pour une fois que les chrétien et tout particulièrement les Catholiques sont dans la rue en nombre ces deux là viennent nous diviser tel le diable comme le porteur … … … d’éternel « col mao » l’ « abbé » de La Morandais !!! !!! !!!
« J’ai 26 ans, je suis « catholique » et je sors du Théâtre de la Ville »
Non, Demoiselle, vous n’êtes pas catholique puisque vous appartenez à un groupuscule laïciste. Le laïcisme a été condamné par l’Eglise catholique. Vous avez choisi votre camp. Par ailleurs, votre suffisance ne vous autorise pas à donner des leçons de morale à tout le monde. Occupez-vous de vos fesses laïcardes et laissez les catholiques faire ce qu’ils ont à faire !!!
Il s’agit donc d’une nouvelle évangélisation. Ce MR CASTELLUCCI est donc un évangélisateur d’une nouvelle vague. Peut-être, cela est même certain, mais certainement pas de L’EGLISE CATHOLIQUE, d’une grande secte il trouve des subventions …..
Et ces prêtres happés par le monde à l’instar de la maurendais, que trouveront-ils dans le futur blasphème qu’est Golgota Picnic ? Ils se seront détournés eux aussi de la Sainte Eglise en attisant par leur commentaire, la division dans l’Eglise.
À Jean-Pierre,
Il n’y a pas à dire, vous être vraiment très classe!
Pouvez-vous citez un texte de Myriam démontrant qu’elle est « laïciste? »
La laïcité est la juste distinction du temporel et du spirituel, reconnu depuis deux mille ans par l’Eglise. Sauf par les modernistes qui voudraient que l’Eglise soumette le spirituel au temporel et certains tradis qui voudraient exactement le contraire.
L’honnêteté intellectuelle devrait dispenser un catholique, vous dites si fort que vous l’êtes et d’autres pas, de se permettre des amalgames et réductions de ce genre.
D’être membre de « Riposte Laïque » n’est pas un signe d’adhésion au laïcisme de certains de ses membres. Comme d’être membre de certains mouvements catholiques ne signifie pas automatiquement qu’on partage l’antijudaïsme de certains de ses membres.
Donnez des exemples étayés, monsieur, sinon taisez-vous.
Parce que si vos nerfs vous lâchent à la moindre contradiction, vous risquez l’arrêt cardiaque avant d’avoir porté votre croix à la suite du Christ.
Suis-je bien clair?
@ Robert,
Je n’ai pas l’habitude de lire les « textes » de la Donzelle Picard, dont la prose récemment découverte respire la suffisance et le narcissisme. J’ai horreur des gens qui se gargarisent et s’écoutent parler. Revenons aux faits, ils parlent mieux que les « textes ».
Oui ou non Myriam Picard appartient-elles au groupuscule laïciste et islmophobe « Risposte laïque » ? La réponse est positive. Risposte Laïque est un mouvement qui prône le LAÏCISME, idéologie condamnée par l’Eglise dans de multiples documents du Magistère de l’Eglise notamment le Syllabus (Pie IX, béatifié par Jean-Paul II) et Quam primas (Pie XI). L’un des fondateurs de ce groupuscule est Pierre Cassen, un ancien trotskiste. Il est entouré par différentes féministes dont des propandistes de la culture de mort et de l’avortement.
Soit Picard est une inconsciente qui n’a rien compris, ce que je n’ose croire, soit elle sait très bien dans quel bourbier elle s’est empêtrée. Dans ce cas, je ne l’autorise pas à prendre la parole en tant que « catholique » étant donné qu’elle est une militante laïciste patentée, et encore moins à nous donner des leçons de morale à deux centimes. Si quelqu’un doit se taire, c’est elle. Et vous par la même occasion!
propandistes -> lire : propagandistes
Réponse à Alice Braitberg, et à son texte sur les catholiques
Publié le 24 janvier 2011 par Myriam Picard – Article du nº 182 – Riposte Laïque
J’ai lu avec beaucoup d’attention votre texte sur la marche pour la vie, et la catholique que je suis ne peut s’empêcher de vous répondre.
Je tiens à vous faire remarquer, tout d’abord, que vous vous êtes trompée sur la nature de cette marche. Vous la présentez comme une marche uniquement composée de catholiques. Ca n’est pas le cas, et si vous aviez lu attentivement le communiqué de presse, vous auriez vu qu’il s’agit bel et bien d’un mouvement aconfessionnel, réunissant aussi bien des athées, des catholiques, que des protestants ou des Juifs.
Je fais partie de ceux qui estiment qu’il y a énormément de débats interdits en France aujourd’hui : de débats de société importants, vitaux même, qui engagent l’avenir de notre pays, et qui sont ostracisés ou caricaturés à peine entamés.
Il en va ainsi pour l’avortement (comme pour l’euthanasie ou la peine de mort). Or j’estime que non seulement ce ne doit pas être un débat interdit, mais qu’il mérite d’être ouvert. Il ne s’agit pas de culpabiliser les femmes, il s’agit de s’interroger honnêtement, paisiblement et courageusement sur la réalité de l’avortement en France aujourd’hui.
Vous comme moi savons que malgré maints moyens de contraceptions mis à la disposition des Français, le nombre d’IVG en France n’a pas baissé, et qu’il est notamment en augmentation chez les adolescentes. Vous l’avez-vous-même dit, on n’avorte pas par plaisir. Est-il souhaitable alors de continuer dans ces conditions ?
Je suis pour une véritable politique d’aide à la vie, une politique familiale qui donne réellement le choix aux femmes. A l’heure où même des familles heureuses voient l’annonce d’une grossesse comme celui de lourds tracas financiers, et subissent le déchirement d’un choix qui n’est pas libre puisque soumis à des contraintes matérielles et financières, ne pensez-vous pas qu’il serait juste de leur donner la possibilité d’un vrai choix ? Quand payer la scolarité d’un enfant, quand le loger dans des conditions décentes et harmonieuses, quand le faire accéder à la culture, quand l’habiller, quand le nourrir, quand lui payer des études provoquent de si terribles angoisses, on ne peut pas dire que l’on choisit l’IVG librement. Quid des jeunes filles qui découvrent, atterrées, que non seulement le père de l’enfant les lâchent si elles le gardent, mais en plus vivent dans un 8 mètres carrés, avec à peine de quoi payer leur carte Navigo et leur loyer ? Je ne jugerai jamais aucune personne pour les choix qu’elle fait et les actes qu’elle pose. Mais je regrette, profondément, que trop de femmes se retrouvent aujourd’hui acculées à cet acte.
Enfin, et si vous êtes logique avec vous-même, vous ne pouvez pas vous accorder la liberté d’expression dans votre soutien à la loi Veil, et la refuser à ceux qui s’opposent à l’avortement d’un point de vue éthique et philosophique. Nous avons tout autant que vous le droit de contester idéologiquement une loi, le droit de ne pas être d’accord, et le droit d’exprimer librement nos opinions sur le sujet. Caricaturer un « adversaire » n’a jamais grandi une cause. Le traîner dans la boue, non plus. Et s’attaquer gratuitement aux catholiques, de la façon dont vous l’avez fait, en les traitant d’hypocrites, de manipulateurs, de sadomasochistes, taper sur les prêtres et leurs ouailles, c’est rentrer dans une logique de terrorisme intellectuel insupportable et inacceptable.
Je vous ferai enfin observer que le droit à manifester fait partie des lois de notre pays, et que les catholiques qui ont marché, ce dimanche, ont une belle autorisation de Monsieur le Préfet, bien signée et tamponnée. J’espère du fond du cœur, chère Madame, que cette obéissance toute citoyenne, paisible et rationnelle, vous rassurera.
Myriam Picard
Interview de l’auteur de ‘Chair de ma chair’
Dessin Nous avions déjà évoqué cette pièce de théâtre sur l’avortement. Le blog pour la Vie a réalisé un entretien avec l’auteur, Myriam Toulza. Extraits :
-Quel est donc le message de la pièce ?
-M. T. : En fait, il est triple. On parle souvent du traumatisme post-avortement, mais on ne parle jamais de la souffrance terrible de la femme quand on la contraint à prendre une décision négative, contre-nature, envers son enfant ! La société, la famille, son ‘copain’, lui dressent un tableau si noir de son avenir qu’elle ne peut que baisser les bras. Alors que justement elle devrait être soutenue, on la regarde comme un ovni parce qu’à 20 ans elle veut garder son enfant. En réalité, on défend ici les droits de la femme à recevoir une réelle information sur l’avortement, sur ce qu’il entraînera pour elle – séquelles psychologiques et physiques – et surtout pour son enfant ! Ensuite, il s’agit de montrer que la bataille de l’avortement est une bataille sur les mots, dans la mesure où les pro-vie et les pro-avortement s’opposent sur les mots, auxquels ils donnent une portée et un sens différents, qu’il s’agisse de la notion de droit, de liberté ou d’être humain. Enfin, je ne juge pas les femmes dans cette pièce ! Je cherche juste à montrer ce qui a pu les contraindre à cet acte.
(…) Ce n’est pas une pièce pour n’importe quel âge – minimum 15 ans – puisque l’on parle ici d’un acte violent.
Justement, à qui s’adresse-t-elle ? A quel public?
M. T. : A tout le monde, mais principalement aux jeunes, car c’est eux qui sont surtout concernés, et notamment aux indécis.
Quelques infos pratiques ?
M. T. : Les réservations se font à ce numéro : 06 66 72 44 11 ou sur le site http://www.chairdemachair.be/ ou à cette adresse : chairdemachair@yahoo.fr. Le prix est de 12 €, 8 en tarif réduit.
Les représentations auront lieu les 17-18-19 mars à Paris. Une tournée est prévue en Province.
Michel Janva
Posté le 5 mars 2006 à 16h21 par Michel Janva | Catégorie(s): Culture de mort : Avortement
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Cher Jean-Pierre, je termine par ces mots très simples et très clairs: vous n’avez rien à m’autoriser ni rien à m’interdire, et je prendrai la parole en tant que catholique autant que je le voudrai. De la même façon que je n’ai pas à vous interdire de vous exprimer en tant que catholique. Et pour vous comme pour moi, cela se fait dans le respect de la loi. Si vous ne supportez pas de me lire, eh bien ne me lisez pas. Je tolère bien votre torrent d’insultes sans vous interdire de vous exprimer et de vous revendiquer comme catholique.
@ Myriam,
Je n’ai pas le pouvoir de vous faire taire, mais j’ai celui de m’exprimer, droit qu’un idolâtre de votre fan club essaie de me retirer en m’écrivant (voir plus haut) : « taisez-vous ». Je répète : si quelqu’un doit se taire, ce ne sera pas moi. Point barre. Je persiste et je signe : je ne vous empêche pas de parler (vous innondez les blogs de vos discours), je vous mets en face d’une contradiction que vous esquivez en permanence. Vous militez dans un groupuscule laïciste anti-catholique : vous ne pouvez donc pas, par simple HONNÊTETE INTELLECTUELLE, vous prétendre catholique et surtout donner des leçons aux catholiques qui ont le courage de leur engagement. C’est une question de décence qui a l’air de totalement vous échapper. Parler au nom de votre groupe d’idéologues trotskistes et féministes si vous voulez mais ne jouez pas sur les deux tableaux en faisant comme si rien n’était, c’est puéril et malhonnête.
Jean-Pierre,
On va jouer à votre petit jeu.
Un catholique qui fréquente une paroisse ou des fidèles et des bulletins, mais aussi le clergé donne des leçons de catholicité au pape, aux évêques, aux laïcs, en flot continu, ou sont accueillis des groupuscules défendant des idées disons particulières, comme le racialisme de l’Oeuvre Française, monsieur Sidos va toujours à Saint NIcolas?, ou l’antisémitisme s’entend dans certaines bouches sans complexe , je précise que j’ai été paroissien de cette église parisienne que vous connaissez et je sais de quoi je parle, qui soutient les propos disons douteux de Mgr Williamson, ce catholique est-il complice de tous ces choix critiquables?
Riposte laïque est une association créée par des laïcistes dans laquelle Myriam pense pouvoir agir pour le bien commun. Rien dans ses propos, ses écrits, ne laisse planer le moindre doute quand à sa fidélité catholique, ce qui lui est d’ailleurs largement reproché. Les accusations que vous proférez ne reposent sur aucun fondement, sinon sur des rapprochements arbitraires ou la pensée magique qu’une fréquentation entrainerait forcément la contagion.
Si c’était le cas, vu le nombre de donneurs de leçons prétentieux qu’ils fréquentent, je serais plutôt inquiet pour leur humilité.
C’est son affaire et la culpabilité collective n’existe que dans les régimes totalitaires comme l’accusation de réduire les personnes à ceux qu’elles fréquentent.
Quand à lui dire qu’elle ne peut se prétendre catholique, c’est grotesque.
Rien que votre propos rend douteux votre prétention à vous affirmer catholique. Aucune charité fraternelle, procès d’intention permanent, confusion entre spirituel et temporel, propos à la limite de l’injure.
Pour autant, je ne vous contesterais pas le titre de catholique parce que cela relève de votre conscience devant Dieu.
Il en est de même pour Myriam dont je ne fait pas partie du fan-club, mais des amis. Eh, oui, je sais, être ami d’une prétendue catholique fait de moi un prétendu catholique, mais venant d’un prétentieux catholique, cela me laisse indifférent.
Et votre autorisation ou vos condamnations, vous savez quoi?
Elles ne peuvent que me faire sourire.
Commencez par vous regarder dans une glace et si vous n’êtes pas mort de rire, prenez conscience que votre posture est ridicule.
Sans rancune!
Soyez plus concis s’il vous plaît.
Merci pour votre présentation de la pièce. Comme pour la Passion du Christ de Mel Gibson, il faut savoir s’affranchir de ce que les autres veulent nous imposer de voir pour pouvoir découvrir d’autres choses qui nous font avancer. Car j’y retrouve le même message : « il faut accepter de ne pas être aimé pour pouvoir vraiment aimer ». Cela m’a beaucoup aidé lors de la fin de vie de mes parents. Eh oui quand on croit à un « Dieu papa gateau » et que l’on arrive à une déchéance, on est très tenté de se revolter contre Dieu… Alors que c’est là qu’il est pour nous relever au fond de notre humilité… Vous m’avez donné envie d’aller voir la pièce.
Je voulais également remercier le monsieur qui vous a copieusement dénigré ainsi que la pièce sur Radio Courtoisie. Car il était trop évident qu’il voulait nous enfermer dans sa vision étriquée qu’il ma donné envie de faire une recherche sur votre article. D’autant plus qu’il tenait des propos que j’avais du mal à retrouver sur la bouche du Maitre. J’ai l’impression que nous devons pas avoir les même évangiles. Mais bon comme dit le Maitre, il faut aimer ses ennemis. Mais pour cela il faut accepter de ne pas être aimé… Fraternellement
Robert écrit : « Riposte laïque est une association créée par des laïcistes dans laquelle Myriam pense pouvoir agir pour le bien commun »… Myriam est-elle lady Nunuche ? Comment peut-on prétendre défendre le bien commun au sein d’un groupuscule de trotskistes et de féministes se battant pour la culture de mort, l’athéisme politique anti-chrétien et le désordre social maçonnique ??? Enième contradiction que je relève au passage, mais avec vos réponses on pourrait faire une anthologie complète ! Bref, avec des binus pareils, la Révolution et la Subversion ont de beaux jours devant elles !!!
Mais vous n’avez rien compris, cher Jean-Pierre. La Révolution et la Subversion sont éminemment catholiques pour Rachel, pardon pour Myriam. Quelle adorable petite trosquiste !
A moins que vouz n’ayez raison : elle est peut-être simplement un peu bête.
Mon Dieu! mais comment pouvez-vous tenir des propos aussi haineux et dénués de toute charité et vous dire catholique en même temps?
J’ai vu la pièce à Avignon, à l’Opéra-Théâtre (qui est non pas le sous-titre de la pièce, contrairement à ce qui a été dit, mais le nom de l’établissement place de l’Horloge). Étonnamment, les réactions les plus hostiles venaient des spectateurs athées. Le spectacle a été très bien accueilli par la communauté catholique d’Avignon, qui, par ailleurs connaît bien le travail de Castellucci. Une rencontre avec Castellucci a été organisée à l’Oratoire, avec le Père Robert Chave, à laquelle j’ai assité. On peut écouter ici un enregistrement de cette rencontre: http://www.festival-avignon.com/fr/Renc/876
Le propos de Castellucci est particulièrement suggestif. Il s’agit pour lui de remonter aux sources du christianisme (cf ce qu’il dit sur le « parfum de l’homme » et sa référence à Lazare lors de cette rencontre, + « L’incontinence du père est une perte de substance, une perte de soi. Elle est à mettre en regard avec le projet terrestre du Christ qui passe par la kenosis – du verbe grec kénoô : se vider –, c’est-à-dire par l’abandon de sa divinité pour intégrer pleinement sa dimension humaine, au sens le plus concret du terme. C’est le moment où le Christ entre dans la chair de l’homme en mourant sur la croix. Jésus est depuis toujours le modèle de l’Homme. Depuis la crucifixion, Dieu s’est abaissé jusque dans notre misère la plus triviale : il nous précède dans la souffrance en général, et dans celle de la chair en particulier » in dossier sur le spectacle).
Le spectacle est très beau et puissant. On en sort secoué et j’ai ressenti ce qui est décrit par Myriam Picard.
La scène des enfants lançant des grenades en plastique existait bien à Avignon, mais dans la 1ere version de la pièce, elle était absente. Castellucci est revenu à 1ere version pour la série de représentations à Paris (par volonté de calmer les choses?). Voici ce qu’en disait Castellucci (toujours dans le dossier du spectacle disponible sur le site du festival d’Avignon):
» J’ai demandé à douze enfants de participer à cette scène très courte. L’action consiste à jeter de fausses grenades en plastique sur la représentation du visage de Jésus. Lorsque les grenades heurtent le tableau, elles imitent dans un premier temps le bruit d’une explosion qui, au fur et à mesure, se transforme progressivement en une musique religieuse de l’an mille. Ce geste et sa signification peuvent être mis en relation avec la tradition évangélique des gestes de la Passion. Il n’est pas dans mon intention de désacraliser le visage de Jésus, bien au contraire : pour moi, il s’agit d’une forme de prière qui se fait à travers l’innocence d’un geste d’enfant – les grenades ayant été conçues comme des jouets dépourvus de tout réalisme. Ces gestes d’une apparente violence sont à interpréter comme une prière de Dieu, de l’Homme, une prière du rapport asymétrique entre l’Homme et Dieu. Ils constituent un cri d’amour définitif et portent une demande de prise en considération.Si ces jouets heurtent le visage de Jésus, c’est pour mieux le réveiller, le solliciter, l’invoquer dans une nouvelle et nécessaire forme de Passion. L’idée de me servir de ces grenades comme jouets m’est venue d’une photographie de Diane Arbus : le portrait d’un jeune et maigre garçon, une grenade à la main, une expression ironique de fureur sur le visage. C’est l’image même de l’impuissance, car il semble trop fragile pour lancer le jouet. Son autre main, vide, contractée et feignant la colère, évoque la vacuité de son innocente fureur. Pour moi, cette photographie est une icône contemporaine, révélatrice de la soif de spiritualité qui caractérise notre époque. »
Il est regrettable que beaucoup n’aient pas voulu « voir » ce très beau spectacle pour ce qu’il est, tellement riche, pour qui connaît quelque peu la métaphysique chrétienne (Job par ex) et tellement émouvant. Il est rare qu’un artiste contemporain propose une oeuvre de cette qualité.
Effectivement, la dimension identitaire du christ, la récupération politique du crucifix n’intéresse pas du tout Castellucci.
Gilles,
Vous prenez un risque. Ici, on a du mal à concevoir qu’on puisse penser par soi-même à partir de ce qu’on a vu et que cela ne confirme pas la pensée commune.
Je ne sais pas, je n’ai pas vu le spectacle, je m’en fiche en fait.
Il y a plus important pour moi, comme la conversion intérieure et la charité fraternelle.
Mais autant je respecte ceux qui ont manifesté, autant je crois devoir respecter ceux qui ont un autre avis.
L’important étant que cela reste de l’ordre du débat respectueux sans amalgame ni insinuation malveillante.
Merci de votre message en tout cas. Il faut toujours avoir le courage de ses convictions.
Votre prise de position est une manifestation exemplaire de ce que notre monde est en train de perdre toute notion de sacré. Mais l’humain n’a-t-il pas un besoin vital de sacré?
Si un soupirant se proclamant poète vous envoyait une carte avec un cœur dessiné avec ses excréments, diriez-vous qu’il vous aime malgré -ou avec- ses turpitudes ?
Cette démarche qui s’autoproclame « art con temporain »ne serait-elle pas, en l’occurrence, un sauf-conduit pour iconoclastes et autres haineux?
Que vous ayez le soutien de Boutin, Barbarin, 23, et tous les silencieux ne vous justifie pas.
@Myriam (et @Gilles), j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre compte rendu de la pièce. Je comprends le sens « profond » qu’on peut y trouver… que l’on puisse même en sortir bouleversé et avec le sentiment d’être plus « chrétien »… à condition d’être assez mûr et adulte dans sa foi. Cependant certaines interprétations « positives » que j’en lis çà ou là me paraissent parfois tellement tirées par les cheveux qu’elles suffisent à elles seules à susciter chez moi un malaise diffus, ce qui me dérange beaucoup. Pour moi le trouble n’est jamais bon signe…
Par ailleurs cette scène des grenades- qui ne figure plus dans la pièce mais qui y figurait- me glace le sang (merci d’avoir mis le lien). Castellucci peut bien la tourner et la justifier dans tous les sens, il n’en demeure pas moins qu’il a fait appel à des jeunes, et cela (au-delà de « l’art» qu’il revendique, et c’est son droit) est inacceptable pour moi. Allez leur expliquer, à ces ados, la profondeur et le bien fondé d’une telle violence, et qu’il s’agit en fait d’une prière et d’un cri d’amour envers celui qu’ils agressent ainsi, même si ce n’est qu’avec des « jouets dépourvus de tout réalisme »( !) ! Allez leur dire que leur geste ne symbolise que la prière « des innocents »(!)… face à une représentation du Christ et non au Christ en personne (je ne considère pas une image sacrée à la manière dont les orthodoxes considèrent une icône, mais pour moi elle représente bien, mystérieusement, celui/celle qui y figure. Quand ces jeunes ont jeté des grenades contre cette image du Christ, ils ne devaient certainement pas penser qu’ils le faisaient contre X ou Y, mais bien contre le Jésus des chrétiens…) !
Je trouve que Castellucci a une sacrée (c’est le cas de le dire) responsabilité spirituelle envers ces gamins (par cela même il discrédite toute interprétation religieuse qu’il cherche après coup à donner à son œuvre), comme du reste envers ceux qui ont vu les scènes incriminées sans les comprendre comme vous. Il me semble que (pour un chrétien) tel est le problème central de ce genre de représentation et je m’étonne que personne ne l’ait relevé nulle part (d’après ce que j’ai pu lire).
Le seul intérêt que je vois à ce genre de spectacle et aux réactions qu’il provoque est de nous pousser à nous interroger sur notre foi. Mais y réfléchissons-nous vraiment ? Ne restons-nous pas quelque peu à la surface épidermique des choses, sans aller plus loin, que l’on soit chrétien ou non ?
On tombe si facilement dans toutes sortes d’excès lorsqu’on réagit à ce genre d’œuvre « artistique », qu’à mon sens c’est déjà la preuve qu’un chrétien ne peut l’approuver, par quelque bout qu’il le considère.
Je m’interroge sur la bonne foi de Castellucci… Je préférerais qu’il assume et reconnaisse clairement sinon sa volonté de provocation, du moins certaines maladresses, pour ne pas dire au minimum son mauvais goût. A mon sens on peut faire réfléchir les gens autrement.
Par ailleurs la division (parfois hargneuse) que cette pièce provoque (ou met en lumière ?) entre catholiques de diverses sensibilités m’attriste et me navre au-delà des mots. J’aurais aimé des interventions un peu moins frileuses de la part des évêques, appelant au respect de la foi de chacun, et ne tombant pas dans le travers qui consiste à stigmatiser à mots couverts, comme dans l’intervention de Mgr. Vingt-Trois, « des groupuscules rattachés au mouvement Lefèbvriste »… (etc.)
C’est avant tout ce climat malsain qui me frappe, et les commentaires sur cette page sont révélateurs de cette ambiance peu chrétienne, pour ne pas dire tout simplement peu « fraternelle ». En cela on peut dire que l’adversaire a bien réussi son coup… mais ça, c’est encore une autre histoire !
@Myriam, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre compte rendu de la pièce. Je comprends le sens « profond » qu’on peut y trouver… que l’on puisse même en sortir bouleversé et avec le sentiment d’être plus « chrétien »… à condition d’être assez mûr et adulte dans sa foi. Cependant certaines interprétations « positives » que j’en lis ci ou là me paraissent parfois tellement tirées par les cheveux qu’elles suffisent à elles seules à susciter chez moi un malaise diffus, ce qui me dérange beaucoup. Pour moi le trouble n’est jamais bon signe…
Par ailleurs cette scène des grenades- qui ne figure plus dans la pièce mais qui y figurait- me glace le sang (merci d’avoir mis le lien). Castellucci peut bien la tourner et la justifier dans tous les sens, il n’en demeure pas moins qu’il a fait appel à des jeunes, et cela (au-delà de « l’art» qu’il revendique, et c’est son droit) est inacceptable pour moi. Allez leur expliquer, à ces ados, la profondeur et le bien fondé d’une telle violence, et qu’il s’agit en fait d’une prière et d’un cri d’amour envers celui qu’ils agressent ainsi, même si ce n’est qu’avec des « jouets dépourvus de tout réalisme »( !) ! Allez leur dire que leur geste ne symbolise que la prière « des innocents »(!)… face à une représentation du Christ et non au Christ en personne (je ne considère pas une image sacrée à la manière dont les orthodoxes considèrent une icône, mais pour moi elle représente bien, mystérieusement, celui/celle qui y figure. Quand ces jeunes ont jeté des grenades contre cette image du Christ, ils ne devaient certainement pas penser qu’ils le faisaient contre X ou Y, mais bien contre le Jésus des chrétiens…) !
Je trouve que Castellucci a une sacrée (c’est le cas de le dire) responsabilité spirituelle envers ces gamins (par cela même il discrédite toute interprétation religieuse qu’il cherche après coup à donner à son œuvre), comme du reste envers ceux qui ont vu les scènes incriminées sans les comprendre comme vous. Il me semble que (pour un chrétien) tel est le problème central de ce genre de représentation et je m’étonne que personne ne l’ait relevé nulle part (d’après ce que j’ai pu lire).
Le seul intérêt que je vois à ce genre de spectacle et aux réactions qu’il provoque est de nous pousser à nous interroger sur notre foi. Mais y réfléchissons-nous vraiment ? Ne restons-nous pas quelque peu à la surface épidermique des choses, sans aller plus loin, que l’on soit chrétien ou non ?
On tombe si facilement dans toutes sortes d’excès lorsqu’on réagit à ce genre d’œuvre « artistique », qu’à mon sens c’est déjà la preuve qu’un chrétien ne peut l’approuver, par quelque bout qu’il le considère.
Je m’interroge sur la bonne foi de Castellucci… Je préférerais qu’il assume et reconnaisse clairement sinon sa volonté de provocation, du moins certaines maladresses, pour ne pas dire au minimum son mauvais goût. A mon sens on peut faire réfléchir les gens autrement.
Par ailleurs la division (parfois hargneuse) que cette pièce provoque (ou met en lumière ?) entre catholiques de diverses sensibilités m’attriste et me navre au-delà des mots. J’aurais aimé des interventions un peu moins frileuses de la part des évêques, appelant au respect de la foi de chacun, et ne tombant pas dans le travers qui consiste à stigmatiser à mots couverts, comme dans l’intervention de Mgr. Vingt-Trois, « des groupuscules rattachés au mouvement Lefèbvriste »… (etc.)
C’est avant tout ce climat malsain qui me frappe, et les commentaires sur cette page sont révélateurs de cette ambiance peu chrétienne, pour ne pas dire tout simplement peu « fraternelle ». En cela on peut dire que l’adversaire a bien réussi son coup… mais ça, c’est encore une autre histoire !
P.S A part ça, je condamne ABSOLUMENT toute atteinte au sacré (dans toutes les religions) et j’en ai plus qu’assez qu’on invoque toujours la liberté d’expression pour justifier des propos ou des actes qui dénigrent ce qu’il y a de plus intime, de plus précieux et qui devrait rester le plus intouchable chez l’homme : sa foi. Et je refuse que sous prétexte d’art on puisse lancer des excréments ou des grenades sur une image du Christ, tout comme sur une statue de Bouddha, sur une mosquée ou une synagogue etc., quelle que soit l’interprétation « positive » que l’on veuille donner à ces gestes. Je voulais le préciser, car je m’aperçois que mes propos ci-dessus ne le manifestent pas suffisamment.
Je trouve vraiment regrettable qu’à chaque fois qu’il y a des manifestations de mécontentement concernant des atteintes à la foi catholique, ce soit d’abord le fait ou qu’on les attribue avant tout à des « traditionnalistes », des « intégristes », des « fondamentalistes » ou des « extrémistes »… D’abord ces termes sont devenus des termes « fourre-tout », et quand bien même, s’il n’y a qu’eux pour manifester (ce qui n’est apparemment pas le cas) je dis bravo, même si je suis très attachée à l’Eglise conciliaire. C’est pour cette raison que j’aurais souhaité des prises de position plus courageuses de la part des évêques français. Si j’habitais la France je serais allée voir cette pièce par acquis de conscience et j’aurais ensuite manifesté, car le problème n’est pas juste de « se faire une idée sur la pièce» mais bien l’enjeu qu’il y a derrière toute atteinte délibérée (quoi qu’on en dise) contre des représentations de foi.
Le manque de respect généralisé (dans les domaines profanes comme religieux) qui empoisonne la vie sociale à tous les niveaux- et auquel on devrait s’habituer ?!- commence sérieusement à me broyer l’âme et le cœur. Et le relativisme que manifestent certains de nos Pasteurs est à mon sens peu évangélique, contre-productif et, je n’hésite pas à le dire, coupable : il confisque insidieusement aux chrétiens de bonne volonté de précieux repères et valeurs dont ils ont besoin pour être des chrétiens éclairés, adultes et responsables, et poussent justement tous les frustrés « de sens » aux extrémismes, ou simplement à la paresse morale, spirituelle, intellectuelle. Quelle tristesse !
Oui, le Visage du Christ est bien blessé et déformé aujourd’hui. Et on n’avait pas besoin de Castellucci pour s’en apercevoir…
J’écris juste un commentaire, pour donner l’avis d’un petit Orthodoxe à cette pièce.
Je ne suis donc pas Latin (Mais en tant qu’Orthodoxe je suis aussi Catholique) et donc ne devrait me sens pas directement concerné par ce tohu-bohu trop humain. Je n’ai pas été non plus voir la pièce et n’en ai ni « Envie » ni opportunité.
Je tiens juste à signaler que le témoigne qu’en fait mon amie et soeur en Christ Myriam Picard est digne de foi, et cela fait aussi penser au livre de Job. Cependant je comprend et le partage l’indignation des latins qui ont manifestés (Je ne parle pas de la brutalité de Goldofaf) contre cette pièce. Cependant avant de s’indigner et de condamner, il est logique et loyal de se renseigner et si possible de voir. Merci
Et que pensez-vous de la position d’Yves Daopudal, que vous admirez tant?
Tant pis si je suis en décalage avec
« mon camp ». D’ailleurs je n’ai jamais
été dans un « camp ». Lorsque j’ai
expliqué que le discours inaugural de la
nouvelle présidente du Front national ne
correspondait pas à ce qu’était pour moi
le Front national, certains m’ont dit que
je devais quand même rester dans le
parti et continuer de le soutenir. Pour certains
le parti prime. Pour moi ce qui prime
ce sont mes convictions, et la vérité.
Voici donc une pièce de théâtre d’un
auteur à la mode chez les intellos. Elle a
déjà été jouée en Avignon, mais aussi
dans des pays comme l’Italie (pays de
l’auteur), l’Espagne, la Pologne… Dans
ces pays catholiques, elle n’a pas suscité
la moindre polémique.
Je ne sais pas quelle version a été
jouée dans ces pays. Quoi qu’il en soit la
version parisienne n’est pas celle d’Avignon
(mais elle éclaire celle d’Avignon,
surtout si l’on tient compte des propos de
l’auteur).
Le christianisme
a peut-être un sens
J’ai été frappé par le témoignage de
Myriam Picard, qui décrit très longuement
la pièce, et écrit ensuite:
A la sortie du théâtre, j’ai discuté avec
deux femmes, une athée et une juive agnostique.
Les deux étaient troublées, les deux
m’ont dit avoir trouvé la pièce profondément
chrétienne. Juste avant le spectacle, j’avais
interrogé un trentenaire qui m’avouait venir
voir la pièce pour la deuxième fois : férocement
athée depuis des années, il avait « reçu
un choc » une première fois et pris
conscience que « le christianisme, en fait,
ça a peut-être un sens ». Il voulait vérifier
cette impression, courageusement, car elle
ébranlait des années de combat forcené
contre la foi.
Sans doute est-il inutile désormais de
raconter la pièce, d’autant que l’obsession
scatologique de l’auteur ne rend pas
la chose facile, et qu’elle doit avoir un aspect
immonde. Voici ce qu’écrit encore
Myriam Picard:
Castellucci aurait gagné à plus de pudeur:
nul n’est besoin de montrer trop pour arriver
à l’essentiel. Cette exagération scatologique
est à mon sens le vrai problème de cette
pièce, et le signe d’une époque qui par ailleurs
déteste pourtant férocement la maladie,
le handicap, et confine la mort à des chambres
d’hôpitaux froides et solitaires. Nul
n’était besoin de montrer ce vieillard nu. Je
le redis : Castelluci n’est pas Tarkovsky ni
Claudel, il est sans nul doute pollué par les
travers scéniques d’un certain théâtre
contemporain. Mais il a au moins ce grand
mérite de penser que la vie n’est pas nécessairement
absurde et qu’il y a une question et un
sens. Il ose, dans une société atrocement matérialiste,
imposer ce visage du Christ du
début à la fin de la pièce, il ose le maintenir
alors même qu’un des personnages cherche à
détruire sa représentation, il ose matérialiser
l’idée que Dieu demeure. L’accuser de nihilisme
est totalement mensonger.
Car ici il convient d’insister sur ce qui
se passe sur la scène après les scènes
d’incontinence du père. Les lumières
s’éteignent. Le fils va vers le gigantesque
visage du Christ qui par contraste devient
plus lumineux, l’embrasse, et s’en va.
Alors le portrait du Christ va se déformer,
suinter d’un liquide sans doute fécal, puis
se déchirer, et sous les déchirures et les
souillures apparaît l’inscription « You are
my Shepherd » (tu es mon berger). Au
bout d’un moment le mot « not » s’insère:
tu n’es pas mon berger. Mais il ne
devient pas aussi lumineux que les autres
mots. Et finalement, en surimpression,
revient le visage du Christ d’Antonello
de Messine, intact.
La Passion
Si à la fin de la pièce le visage du
Christ apparaît de nouveau, intact, il est
difficile de ne pas voir que sa destruction
est l’image de la Passion, suivie de la résurrection.
Et le reste de la pièce, nonobstant
l’obsession scatologique, est
une parabole sentie de la condition humaine,
car nous sommes en effet tous
dans la merde, et nous tachons tout ce
que nous touchons, sous le regard de
Dieu, qui nous attend, qui attend même
nos blasphèmes, ou nos doutes, mais
qui est là, qui reste là, même quand nous
avons tout démoli, et qui nous attend toujours.
La pièce est finalement à l’image de
notre époque, qui se complaît dans la déchéance
et dans l’ordure, mais, à l’image
de son auteur, elle oscille entre la foi et le
doute.
Romeo Castellucci a déclaré que voir
sa pièce comme blasphématoire et christianophobe
était un « malentendu épouvantable
», car « il est bien évident
qu’il s’agit d’une métaphore »:
Je mets en place une stratégie spirituelle,
un piège, qui consiste à commencer par une
scène hyperréaliste pour arriver à la métaphysique.
Il faut passer par cette matière, par
cette porte étroite, pour aller vers une autre
dimension. C’est une matière théologique :
même la merde a été créée par Dieu, il faut
l’accepter sinon on reste dans une dimension
unidimensionnelle de Dieu. A partir de cette
situation hyperréaliste, le spectacle devient
peu à peu une métaphore de la perte de substance,
de la perte de soi, qui est à mettre en
parallèle avec la condition du Christ, qui a accepté
de se vider de sa substance divine pour
intégrer la condition humaine jusqu’au bout -
y compris la merde…
Le visage du Fils de Dieu a modelé
celui de l’ homme
Je crois que s’il avait fait une pièce
blasphématoire et christianophobe, il
l’aurait revendiqué, et il aurait alors été
encore mieux considéré dans l’intelligentsia.
Or ce qu’il dit dans ses interviews
montrent un homme sincère. Dans son
interview au Monde, il dit ceci qui est tout
à fait remarquable:
« J’ai toujours été fasciné par
l’image du Christ, par le mystère de
cette beauté, par cet « Ecce homo » qui
fait de Jésus un homme. Le visage du
fils de Dieu, à travers l’histoire de la
peinture, a modelé celui de l’homme.
L’invention du visage par la peinture,
c’est le Christ. »
Romeo Castellucci dit aussi qu’il lit
beaucoup la Bible. « You are my Shepherd
» fait référence au psaume 22. Il
est étonnant de constater que le « visage
» de Dieu est un « concept » très
répandu dans les psaumes, alors que le
Seigneur Dieu n’a pas de visage avant
d’avoir celui de son Fils. Et dans le
psaume 21, le psaume de la Passion,
celui qui commence par « Mon Dieu,
mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné
», le Fils de Dieu dit à propos de
son Père: « Il n’a pas détourné sa face
de moi, et quand j’ai crié vers lui il m’a
exaucé. »
« Sur le concept du visage du Fils de Dieu »
De ce tableau d’Antonello de Messine, tout le bas est
coupé. Il ne reste que le visage du Christ qui occupe
tout le fond de la scène et qui affirme, d’un bout à l’autre,
sa Présence.
Moshe,
À titre personnel, je respecte les différents points de vue. Je n’ai pas vu la pièce.
Ce que je ne supporte pas et pourquoi j’ai réagi, c’est la prétention à dire aux autres ce qu’ils doivent faire et penser, décernant les brevets de catholicité, jusqu’à l’insulte et la calomnie.
La charité a souffert, comme l’image que nous donnons de nous, car n’oublions pas que nous sommes le temple du Saint Esprit.
Et le cléricalisme, soit l’utilisation abusive du pouvoir clérical en dehors de son domaine de compétence, est aussi détestable que l’anticléricalisme quand celui-ci s’en prend à la foi et aux croyants.
Le propos d’Yves Daoudal est honnête . Il pensait une chose et le disait. Il a vu le spectacle et a changé de point de vue et reconnaît s’être trompé. Je n’en tire personnellement aucune vanité d’être soutenu par son propos puisque je ne me prononçais pas sur ce spectacle. Mais j’aime les personnes intellectuellement honnêtes et respectueuses des autres, quel que soit leur point de vue.
Sur la forme, cette polémique entre nous a éclarcie les lignes, montré ce que certains avaient dans le ventre, et parfois ça puait plus que la merde dans le spectacle de Castelluci. Mais elle a aussi révélé, me semble-t-il, les limites de l’exercice de la prétention à donner des leçons à tous les catholiques de la part quand même de catholiques, moi je ne leur refuse pas ce titre, qui refusent d’obéir au souverain pontife et jugent non pas des points de vue mais des personnes d’autres catholiques.
Tout cela est bien pénible et regrettable.
Mais je ne suis même pas sûr que des enseignements en auront été tirés pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.
je suis catholique pratiquante je n’ai pas vu la pièce, j’ai lu les critique, vu les vidéos, je n’arrive pas vraiment a me faire d’opinion, trop de question reste pour moi sans réponses que ce soit du coté des défendeurs ou des accusateurs de la piece !
je suis d’accord avec le fond de pièce que nous explique myriam, si c’est bien là que voulait en venir l’auteur, mais comme personne ne lui a demander d’explication …
sinon il est vrai que j’attends l’explication sur la scene des grenades qui a été evoncé ! qu’en est-il de la belle explication, pour le quoi je ne vois pas ou pourrait etre le mal entendu !!
quand aux manifestation pourquoi pas, tout le monde est libre de s’exprimer et de clamer ses opinions, en revanche je me demande comment les jeteurs d’œufs et d’insultes peuvent prétendre défendre le Christ sacré et leur foi chrétienne en cédant à la violence ! (je sais aussi que tous ceux qui manifeste ne participe pas a ces agissement ! )
la réflexion est très inintéressante même si elle ne donne pas forcement de reponse!
la réflexion est très intéressante** même si elle ne donne pas forcement de reponse!
Dommage que l’omniprésence du style durassique gâche un peu la lecture
26 ans !
Vous êtes très très jeune !
Et vous sortez tout juste de la « pièce » !
C’est un travers récurrent de votre génération (ceux qui ont actuellement entre 20 et 30 ans) que de parler ou d’écrire trop vite, avec une certaine prétention un peu ridicule, voire un complexe flagrant de supériorité. Même si vous avez l’impression d’avoir déjà eu un bout de vie bien rempli, c’est très très loin de suffire pour se forger un avis intéressant et profond sur les choses, comme ça en un instant !
Il y a certes des génies et/ou des jeunes marqués par une enfance et des épreuves très dures et très précoces, qui peuvent acquérir très tôt un sens aigu des choses, mais c’est très très rare.
Si les chrétiens n’osent pas méditer publiquement la Passion de Notre Seigneur, d’autres le font à leur place. « Les pierres crieront… » La merde sur le visage du Christ ne sont-ils pas tes péchés et les miens?
Henri F.