Michelle Bachelet a 100 jours pour tenir ses promesses

Élue pour un second mandat à la tête du Chili, Michelle Bachelet a promis des réformes qu’elle va devoir rapidement mettre en place pour conserver la faveur de son électorat.

Depuis l’élection de Michelle Bachelet en décembre, la trêve estivale a éloigné une bonne partie des Chiliens des préoccupations électorales. La rentrée, qui coïncide avec l’investiture de leur nouvelle présidente ce 11 mars à Valparaiso, les a ramenés sur le chemin des réalités.

Les défis que Michelle Bachelet va devoir affronter sont de nature à inquiéter son camp comme celui de l’opposition. La coalition hétéroclite qui la soutient, composée de communistes, de démocrates-chrétiens et divers courants socialistes, est prête à lui rappeler ses engagements. Ses opposants, quant à eux, sont bien décidés à faire entendre leur voix pour bloquer ses réformes.

Pour parvenir à relever le défi et satisfaire toutes les attentes, Michelle Bachelet qui est loin d’avoir remporté l’élection haut la main avec un taux d’abstention record – 58 %, soit presque 8 millions de Chiliens, va devoir jouer les équilibristes tant sa marge de manœuvre est réduite et le temps compté.

100 jours, c’est le temps qu’elle s’est donnée pour mettre en marche ses 50 réformes parmi lesquelles figurent celles de la constitution, du système éducatif, des retraites et de la santé… Rien que ça !

La première d’entre elles, qui devrait le plus lui donner du fil à retordre, c’est la réforme de l’éducation. Les responsables du mouvement étudiant, qui ont déjà exprimé leur défiance vis-à-vis de Michelle Bachelet en appelant à ne pas pas prendre part aux élections, risquent une nouvelle fois de jouer les trouble-fêtes.

Les leaders étudiants et les mouvements sociaux, qui ont déjà exprimé leur défiance vis-à-vis de Michelle Bachelet en appelant à ne pas pas prendre part aux élections, ont prévu de descendre dans la rue le 15 mars pour réaffirmer leur volonté d’une réforme du système éducatif et leur scepticisme quant aux promesses d’éducation gratuite d’ici à six ans à l’université.

Déjà en 2011, leurs leaders avaient été les porte-voix des plus miséreux. Depuis le ralentissement de l’économie mondiale, les inégalités se sont encore accrues avec 10 % des plus riches qui se répartissent la moitié des revenus du pays.

Les réformes de société ne font pas l’unanimité

La volonté politique de Michelle Bachelet a beau être confortée par son premier mandat et par la mise en place d’importantes réformes sociales – un revenu minimum pour les plus démunis, une retraite pour les femmes aux foyers -, certaines « profondes transformations » que Michelle Bachelet souhaite engager ne font pas l’unanimité.

Comme la légalisation de l’avortement, actuellement interdit même à des fins thérapeutiques, et l’ouverture du débat sur l’union entre personnes de même sexe qui figurent parmi les réformes les plus difficiles à mettre en place dans un pays conservateur.

C’est ce que confirme Francisco avec un débit rapide et le visage crispé. « Michelle Bachelet a bercé d’illusions ses électeurs avec ses promesses pour se faire élire. Mais ce n’est pas avec l’augmentation de nos impôts et les revenus des exportations de cuivre en baisse qu’elle va réussir à mettre en place toutes ses mesures ».

D’autres, comme Natalia, ont l’espoir de voir les promesses de Michelle Bachelet se concrétiser « J’attends beaucoup de sa réforme sur l’éducation gratuite à l’Université et la légalisation de l’avortement ».

Avec autant d’engagements, la nouvelle présidente du Chili a créé des attentes dans son camp et des mécontentements parmi ses détracteurs qu’elle va devoir gérer rapidement.

Servie par une croissance économique de l’ordre de 3,75 % et 4,75 % en 2014 et un revenu par habitant qui a dépassé les 20 000 dollars, l’économie a plaidé jusqu’à maintenant en faveur de Michelle Bachelet.

Le contexte a pourtant quelque peu évolué depuis son précédent mandat avec un ralentissement de l’économie mondiale, une baisse des prix du cuivre et des investissements qui risquent de souffrir de la forte hausse de l’impôt sur les sociétés décidée pour financer la réforme du système éducatif.

La volonté de Michelle Bachelet de construire un « Chili plus juste » est louable mais relève du défi. Prochaine épreuve le 15 mars prochain avec une manifestation étudiante pour réclamer une réforme en profondeur du système éducatif.

De notre correspondant à Santiago.

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3Commentaires

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  • MdesPlanteurs , 12 mars 2014 @ 9 h 19 min

    Flanby sort de ce corps.

  • Ladislas 1er , 12 mars 2014 @ 9 h 35 min

    100 jours pour bousiller tout ce que le Général Pinochet a construit de solide pour son pays. Ce n’est pas Bachelet qui rend l’économie chilienne riche, c’est la politique des Chicago boys qui a construit une économie très solide.

    On a libéralisé énormément de marchés, on a réduit à néant le pouvoir des téroristo-syndicalistes, et elle, Môdame, se permet de tout foutre en l’air. Quel scandale!

    Ce qu’il nous faudrait, à nous français, ce serait un bon Augusto qui mettrait un coup de pieds dans cette fourmilière socialiste-marxiste française. Je suis dorénavant persuadé que le socialisme ne peut plus être aboli par voie démocratique: seule une personne ayant des co**lles pourra nous sortir de ce marasme.

  • eric-p , 12 mars 2014 @ 12 h 46 min

    Absolument, les sectes devraient être abolies en France…
    à commencer par le PS !
    Il y a du boulot !

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