Comment le Tea Party veut faire basculer le Sénat américain à droite

Alors que la presse internationale titre aujourd’hui sur la défaite « surprise » du chef de la majorité républicaine à la Chambre, Eric Cantor, lors d’une élection primaire en Virginie, le Tea Party s’apprête à lancer une vaste offensive électorale sur le Congrès. En effet, partout dans le pays, les organisations « grassroots » affiliées aux différents Tea Parties militent ardemment pour leurs candidats. Transparence et renouveau sont au cœur du message anti-establishment. Les investitures du Parti républicain pleuvent d’ailleurs en la faveur des prétendants conservateurs et libertariens. Si bien que la vague de fond du mouvement de rébellion patriotique semble avoir atteint aujourd’hui sa plus grande vigueur. Historique, prédisent certains commentateurs. Oubliés les résultats décevants de 2012, le Tea Party semble être en passe de renouer avec le tsunami de 2010 voire d’aller encore plus loin.

Au-delà de la Virginie, le Tea Party prend pied quasiment partout, dans le Maine, en Géorgie, mais aussi au Texas et dans le Nebraska. La semaine dernière, un candidat du Tea Party, Chris McDaniel, a poussé le sénateur républicain sortant du Mississipi en place depuis 1978, Thad Cochran, à un second tour. Arrivé en tête le 3 juin avec 49,5% des suffrages, McDaniel devait atteindre la barre des 50% pour l’emporter. Cochran le talonnait à 49%. La bataille du Mississipi apparaît très bien engagée, le candidat de l’intelligentsia ayant traité son concurrent d’« extrémiste ». Le second tour de scrutin aura lieu le 24 juin.

Aux élections intermédiaires de 2010, 138 candidats étaient estampillés Tea Party, à chaque fois titulaire d’une investiture républicaine. 50% des candidats à un siège de sénateur furent élus, 31% pour la Chambre des représentants. Ainsi, la défaite des démocrates en 2010 s’avèrera être la pire claque électorale pour un parti au pouvoir depuis les élections de mi-mandat de 1938. Les Républicains gagnèrent 63 sièges à la Chambre et 6 sièges de sénateurs, en grande partie grâce à la dynamique du Tea Party.

Si, aujourd’hui, le Tea Party entend encore progresser à la Chambre des représentants, il met également le paquet sur la campagne sénatoriale. Ainsi, il a identifié 10 sénateurs démocrates en position de faiblesse, dont 7 dans des État ayant voté Romney en 2012. Il ambitionne non seulement de les faire chuter, mais surtout d’élire de « vrais conservateurs » respectueux de la Constitution, à leur place. Le parti de Barack Obama perdrait ainsi le contrôle de la chambre haute du Congrès, composé de 100 sénateurs issus des 50 États fédérés, qu’il détient depuis 2007. Le président Obama, dont le projet de loi sur l’immigration a peu de chances d’être discuté d’ici novembre, veut évidemment tout faire pour conserver sa majorité au Sénat. Sa perte signifierait l’avènement d’un « divided government » et deux années blanches pour le président démocrate, comme ce fut le cas pour George W. Bush entre 2007 et 2009.

Privé de tout relais législatif, si ce n’est son droit de véto pour bloquer les lois républicaines, Obama terminerait son deuxième mandat affaibli et seul à la Maison Blanche. À l’heure où nous écrivons ces lignes, nombreux sont les démocrates à dénoncer l’absence de stratégie pour conserver le Sénat et surtout le manque de leadership d’Obama. Une défaite démocrate aurait pour conséquence de laisser un boulevard au camp républicain, toujours en reconstruction depuis l’ère Bush, et qui aurait ainsi tout le temps et la sérénité pour se trouver un leader dans le cadre de la présidentielle de 2016.

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11Commentaires

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  • 0 / 10
  • pas dupe , 14 juin 2014 @ 8 h 13 min

    Vous avez cet article également !

    “on veut censurer la crise nucléaire en cours aux USA”
    http://fr.awdnews.com/événements/5189-on-veut-censurer-la-crise-nucléaire-en-cours-aux-usa.html

  • Jérôme Lassaigne , 16 juin 2014 @ 11 h 51 min

    Je ne pourrais jamais pardonner aux Démocrates d’avoir fait de moi un pro Républicain..

  • Natroy , 19 juin 2014 @ 22 h 04 min

    Rubio ? Marco Rubio ? L’immigrationniste de peu de talent ?
    https://www.vdare.com/posts/rubios-dismal-hannity-performance-disgusts-respectable-right

    L’Établissement politique des États-Unis, Parti républicain compris, est comme l’Établissement politique français : des vendus soumis à des forces plus grandes qu’eux et n’hésitant pas à leur vendre leur propre pays.

    Tant mieux si l’amnistie peut être retardée autant que possible, mais cela ne doit pas conduire à croire béatement que les républicains soient une solution.

  • Natroy , 20 juin 2014 @ 0 h 35 min

    En ce qui concerne le prochaine présidentielle, la sélection du candidat républicain se fera… comme d’habitude. Et comme en France.
    Sauf que cela devient de plus en plus voyant, tellement le pouvoir réel a le sentiment de ne même plus avoir à se cacher !

    « Examen de passage pro-israélien

    Le multi-milliardaire a donc invité les candidats à la future primaire républicaine à plancher devant la Coalition juive républicaine réunie au Venetian de Las Vegas, un de ses luxueux casinos-hôtels. Tous se sont prêtés à l’examen de passage, sans honte. Tant pis si une tribune publiée dans le New York Times les traite de lécheurs de bottes [2]. Étaient présents : Jeb Bush (ancien gouverneur de Floride) qui fait figure de favori, Chris Christie (gouverneur du New Jersey), Scott Walker (gouverneur du Wisconsin), et John Kasich (gouverneur de l’Ohio). Dick Cheney (ancien vice-Président des États-Unis) était aussi là, mais en « vedette américaine ».

    La réunion se tenait à huis clos. La Coalition juive républicaine, financée par Adelson, dira plus tard qui elle a choisi. Ce ne sera sans doute pas Chris Christie. Selon le New York Times, le malheureux s’est fait rabrouer par Adelson et Morton Klein, président de la ZOA – Zionist Organization of America – après avoir déclaré qu’il avait « survolé les territoires occupés en hélicoptère ». Dans ces milieux ultra-sionistes, Israël s’étend jusqu’au Jourdain, si ce n’est plus. Les « territoires occupés » en 1967 ne sont au minimum que des « territoires disputés ». Christie s’est excusé platement en disant qu’il s’est « mal exprimé… qu’il est un ami indéfectible et un fervent partisan d’Israël [3] ». Pour détendre l’atmosphère, Dick Cheney a critiqué la politique iranienne de Barack Obama et dit qu’il fallait laisser Israël bombarder l’Iran, mettant en exergue le rôle du général Amos Yadlin dans la destruction du réacteur nucléaire irakien en 1981 et du syrien en 2007 [4]. »

    Source :
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Sheldon-Adelson-le-milliardaire-qui-veut-acheter-la-Maison-Blanche-la-Knesset-et-bombarder-l-Iran-25227.html

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