Les filles vivant dans un foyer lesbien sont 45% moins susceptibles d’obtenir un diplôme d’enseignement secondaire

Selon une nouvelle étude publiée dans Review of the Economics of Households (La Revue de l’économie des ménages), les enfants élevés par des parents mariés de sexe opposé sont plus susceptibles d’obtenir leur diplôme d’études secondaires que leurs pairs dont les parents vivent en concubinage, ceux aux parents isolés ou ceux de même sexe.

Ce résultat confirme ceux de recherches effectuées ces dernières décennies sur les résultats scolaires des enfants et la structure de leur famille. Cependant, cette étude se démarque par la taille de son échantillon (20% du recensement canadien de 2006). Il utilise un corpus suffisamment grand et représentatif d’enfants (âgés de 17 à 22 ans) élevés dans des foyers de parents homosexuels. Jusqu’à ce jour, seules quatre études analysant trois ensembles de données aux États-Unis offraient des données similaires (deux en se basant sur le recensement américain de 2000, l’une sur l’Étude longitudinale sur la petite enfance, et une autre sur la Nouvelle Étude de la structure familiale).

La conclusion de cette enquête ayant donc comme base 20% des Canadiens recensés en 2006 est pour le moins significative. Les enfants ayant grandi au sein de foyers gays ou lesbiens sont 35 % moins susceptibles d’obtenir leur diplôme équivalent au D.E.C (baccalauréat en France) par rapport à ceux élevés dans une famille avec un père et une mère mariés. Et parmi les enfants de foyers homosexuels, les filles s’en sortent encore nettement moins bien que les garçons.

L’étude a été menée par Douglas W. Allen et publiée le 10 octobre par la Review of Economics of the Household. Elle a identifié les personnes qui se déclarent elles-mêmes comme élevées dans un foyer homosexuel au sein de cet échantillon de 20% de la population recensée en 2006, suffisamment grand pour distinguer le statut matrimonial, les différences selon le sexe des parents et celui des enfants qu’ils élèvent.

Les données canadiennes présentent plusieurs avantages par rapport aux échantillons américains pour étudier le sujet, notamment :

— Au Canada, les avantages fiscaux et sociaux sont disponibles aux couples de même sexe depuis 1997 et la loi canadienne reconnaît le mariage homosexuel depuis 2005.

— Les enfants s’identifiaient d’eux-mêmes comme vivant avec des parents de même sexe.

“Ces nouvelles données fondées sur des échantillons solides renforcent la recherche actuelle : le bien-être des enfants est lié au type de famille, à la stabilité de ce foyer et aux caractéristiques des parents. Ces résultats ne permettent pas d’affirmer qu’il n’existe « aucune différence » perceptible dans les résultats chez les enfants soumis aux nouvelles structures familiales.”

Plus précisément, l’étude se penche sur la probabilité d’obtenir un diplôme d’études secondaires. Il identifie six types de famille : marié de sexe opposé (ce qui peut inclure des parents remariés), le concubinage hétérosexuel, les parents homosexuels mâles (deux pères, mariés ou en union civile), les parents lesbiens (deux mères, mariées ou en union civile), les mères célibataires et, enfin, les pères célibataires. Elle prend également en compte des caractéristiques importantes des enfants et des parents.

En somme, l’étude constate que, par rapport à leurs pairs vivant avec des parents mariés de sexe opposé (taux de référence à 100%), les enfants élevés par des pères homosexuels avaient moins de chances d’obtenir un diplôme d’études secondaires (69%) et que ceux qui vivent avec des parents lesbiens encore moins (60%).

Fait intéressant, à la fois le sexe des enfants et celui des parents semblent avoir de l’importance. Lorsque l’étude a examiné les garçons et les filles séparément, il a constaté que les filles qui vivent avec des parents lesbiens étaient 45% moins susceptibles d’obtenir leur diplôme que celles qui vivent avec des parents mariés de sexe opposé et que les filles qui vivent avec des pères homosexuels étaient 15% moins susceptibles de l’obtenir.

Les niveaux de fréquentation scolaire n’expliquent pas pourquoi les enfants vivant avec des parents mariés de sexe opposé avaient plus de chances d’obtenir leur diplôme. En outre, l’étude tenant compte de l’état d’invalidité des enfants et si elles sont de la même race que leurs parents, elle explique en partie la nature de la relation enfant-parent, par exemple, si les enfants sont adoptés.

Ces nouvelles données fondées sur des échantillons solides renforcent la recherche actuelle : le bien-être des enfants est lié au type de famille, à la stabilité de ce foyer et aux caractéristiques des parents. Ces résultats ne permettent pas d’affirmer qu’il n’existe « aucune différence » perceptible dans les résultats chez les enfants soumis aux nouvelles structures familiales. Non, les enfants tendent à mieux réussir quand ils sont élevés par leur père et mère biologiques.

Le chercheur, professeur d’économie à la Simon Fraser University, a répondu aux questions de MercatorNet pour rendre compte de sa méthode et de ses résultats. Le blog “Pour une école libre au Québec” qui nous propose cette information a traduit l’entretien en français.

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13Commentaires

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  • eric-p , 16 novembre 2013 @ 14 h 49 min

    Je ne suis pas tellement favorable à ce genre d’études “scientifiques”
    car les critères étudiés peuvent toujours être contestés ou relativisés.
    On a vu ce qui s’est passé lors des débats en commission parlementaire.
    La parole de Jean-Pierre Winter a été utilisée pour être relativisée.

    De nombreux psychanalystes vous diront en gros
    que “Tout va bien ” pour les enfants de couples homosexuels
    en les comparant avec des enfants de couples divorcés, mères célibataires,etc…

    Le problème de l’adoption des enfants par des couples homosexuels
    est surtout beaucoup plus fondamental;
    il transforme le droit de l’enfant en DROIT À L’ENFANT.

    Et alors surgissent des tas de problèmes:

    Quand bien même les études “psychologiques” montreraient que
    “Tout va bien” qu’arrivera-t-il quand un de ces enfants ira voir un des
    représentants de l’Etat pour lui demander l’identité biologique de son père inconnu ou sa mère inconnue ?

    Que répondra le législateur quand un de ces enfants rerochera à
    l’Etat d’avoir effacé la moitié de sa lignée familiale sans lui demander son avis ?
    L’Etat répondra “responsable mais pas coupable”, c’est ça ???

    Dans ce dossier, la charte des droits de l’enfant est clairement violée
    par les Etats qui permettent le mariage gay.

    Bien sûr, je vous passe les détails quand l’enfant élevé par un couple
    homosexuel aura le sentiment d’avoir été acheté comme une vulgaire marchandise !Une situation intenable pour l’Etat.

    On a donc à faire à une loi scélérate.

  • monhugo , 16 novembre 2013 @ 17 h 37 min

    Harmonie et douceur chez les lesbiennes :
    http://www.ledauphine.com/faits-divers/2013/11/15/coup-de-couteau-passionnel-en-plein-centre-ville
    Heureusement ici aucun enfant cobaye à l’horizon. Juste une scène de “ménage”. Avec tiers victime.

  • Robin007 , 16 novembre 2013 @ 17 h 52 min

    C’est parce que les Canadiens n’ont pas songé à mettre en place une discrimination positive fondée sur l’orientation sexuelle des parents. Vite, une loi, pour regretter cet affreux oubli.

  • Anne Lys , 16 novembre 2013 @ 19 h 05 min

    Il y a eu, jusqu’ici, peu d’études sur le devenir scolaire et en général sur le devenir des enfants élevés par des homosexuels.

    Sans doute parce que leur nombre était, jusqu’à il y a peu, assez faible.
    Et jusqu’à une date récente, ces études ont presque toutes été menées sur des échantillons restreints, choisis par « cooptation » (l’enquêteur interrogeant des « parents homosexuels » de sa connaissance pour se faire communiquer les noms d’autres parents dans la même situation, afin de pouvoir les inclure dans son étude, ceux-ci lui signalant, à leur tour, des personnes à inclure dans l’étude et ainsi de suite) et non par la méthode aléatoire qui est la règle en ce domaine, la façon dont les études sont menées s’écartant elle aussi des normes. Initiées et menées, sans exception, par des partisans de la « famille homoparentale », on ne peut s’étonner qu’elles aient présenté comme des résultats incontestables leur conclusion, que les enfants ainsi élevés avaient autant, voire plus de chances dans la vie que les enfants élevés par leurs deux parents naturels.

    En revanche, il y a, depuis fort longtemps, des études portant sur le devenir des enfants vivant dans des familles monoparentales ou recomposées. Et leurs conclusions étaient convergentes : ces enfants ont beaucoup plus de difficultés dans la vie que ceux qui sont élevés par leurs deux parents naturels : leur santé, physique et mentale, est moins bonne, ils sont plus souvent « accros » à diverses drogues, leurs résultats scolaires sont moins bons et on trouver parmi eux une proportion plus élevés de délinquants.

    Ce qui, en France tout au moins, n’a aucunement empêché les gouvernements, qu’ils soit « de droite » ou « de gauche », de faciliter de plus en plus le divorce afin que celui-ci soit moins pénalisant pour les divorcés. Ceux-ci, évidemment, étant des adultes électeurs, tandis que les enfants sacrifiés ne le sont pas…

    Le destin des enfants n’étant donc pas le premier souci des législateurs, il n’est pas surprenant que les lois concernant le mairage (non, ce n’est pas une faute de frappe) homosexuel et l’adoption par des « époux » homosexuels n’aient tenu compte que des études qui leur étaient favorables et qui présentaient les défauts scientifiques dont j’ai parlé.

    Les études plus récentes, portant sur de grands échantillons et menées selon les méthodes scientifiques normales pour ce type d’étude, n’ont donc eu aucun impact sur la législation. Elles sont d’ailleurs rarement signalées par les médias (si ce n’est pour les dénigrer), tandis que les partisans des familles homoparentales usent de toutes les armes possibles pour réduire leurs auteurs au silence qui ne leur est, très partiellement, épargné qu’en raison de leur haute réputation et de la qualité scientifique des organismes au sein desquels ils travaillent.

  • Sacha , 16 novembre 2013 @ 19 h 14 min

    La clinique montre, au contraire, que “rien ne va bien”. Bien sûr, nous ne voyons que des personnes ayant des “problèmes”, mais en l’occurrence elle nous permettent d’établir des relations de cause à effet.

    Quant à l’épidémiologie statistique, c’est autre chose. C’est vrai : il y a souvent trop de “bruit” dans les informations recueillies, et filtrer pour isoler les critères est une tâche complexe.

    Cependant, il y a un problème moral à prendre en compte. On observe a posteriori les résultats d’une pratique, mais d’une pratique sur de l’humain, comme si, selon le mot de Bastiat, le rapport des humains aux législateurs était de même ordre que celui de l’argile au potier. Or ce n’est pas le cas. Faire certaines lois comme celles sur “l’homoparentalité”, c’est potentiellement expérimenter in vivo sur de l’humain, et s’exposer à des résultats monstrueux. On a puni à juste titre les vivisecteurs des camps de la mort, mais on laisse faire les illuminés apprentis-sorciers contemporains. Y aurait-il des crimes autorisés ?

  • pascal , 17 novembre 2013 @ 11 h 34 min

    Pas trop dur de faire un copier coller intégral d’un article ?

    Ça c’est du vrai boulot de journaliste d’investigation !!

    Vous osez en plus le signer.

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