Tony Soprano a été effacé

L’acteur James Gandolfini, surtout connu pour avoir été l’interprète du mafieux Tony Soprano dans la série télévisée qui le fit connaitre au grand public, est décédé d’une crise cardiaque à l’âge de 51 ans. Éternel second couteau au cinéma, souvent dans des rôles très connoté (truands et hommes de main), il s’avéra pourtant très bon acteur et campa à l’occasion des rôles plus étoffés.

Né en septembre 1961 dans le New Jersey de parents italo-américains et fervents catholiques, il grandit à Park Ridge et fut diplômé de l’université de cette ville. Également diplômé de l’université Rudgers à New-Brunswick, il pratiqua différents métiers (barman, videur, manager de boite de nuit) avant de se lancer comme acteur, d’abord sur les planches. Il joue notamment six mois à Broadway dans la pièce Sur les Quais en 1992. La même année, il obtient son premier rôle conséquent au cinéma dans Une étrangère parmi nous de Sidney Lumet. Son physique massif et dur le prédispose alors aux rôles de méchant et d’homme de main mafieux : True romance de Tony ScottTerminal velocity de Deran SarafianGet shorty de Barry SonnenfeldLa jurée de Brian GibsonLe témoin du mal de Gregory Hoblit8 mm de Joel Schumacher. Autant de rôles de brutes interchangeables, souvent caricaturaux. Les choses changent en 1999 grâce à David Chase, créateur de la série Les sopranos, qui lui confient le rôle principal de la série, initialement prévu pour Ray Liotta. James Gandolfini impressionne le public et la critique avec ce rôle de mafieux brutal et sans scrupule, mais aussi émouvant et en proie au doute, personnage qui devient vite une icône de la culture populaire américaine. La série de six saisons connut un grand succès et valut à Gandolfini trois Emmy Award comme meilleur acteur dans une série dramatique. Consécration d’une star de la télévision, il obtient des rôles plus étoffés au cinéma : homme de main sentimental (et homosexuel !) coursant Brad Pitt et Julia Roberts dans Le mexicain de Gore Verbinski, voisin cocufieur de Billy Bob Thornton dans The Barber, l’homme qui n’était pas là, directeur d’une prison militaire dans Le dernier château de Rod Lurie, maire de New York dépassé par les événements dans Le métro 123 de Tony Scott, directeur de la CIA dans Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow. Il occupe le premier rôle dans le drame dans Welcome the Rileys de Jake Scott où il se montre très émouvant en père de famille ayant perdu sa fille. Son dernier rôle au cinéma fut dans The incredible Bud Wonderstone de Don Scardino, aux côtés de Steve Carell, Steve Buscemi et Jim Carrey. En 2007, il produit un documentaire sur les vétérans de la Guerre d’Irak et leurs difficultés à se réinsérer dans la société. En 2010, il fit de même avec un documentaire sur le stress post-traumatique des combattants durant l’histoire des États-Unis (notamment la Guerre de Sécession et la première Guerre mondiale).

Cruelle ironie du sort pour l’Italo-américain qui n’a jamais oublié ses racines italiennes, Gandolfini est décédé à Rome, à quelques jours du festival de Taormina en Sicile où il devait recevoir une récompense pour sa carrière. Marié deux fois, il avait deux enfants. C’est un second rôle marquant et un grand acteur qui nous a quitté.

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8Commentaires

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  • Laurent , 24 juin 2013 @ 13 h 01 min

    Un grand acteur. Je ne m’occupe généralement pas du sort des “vedettes”, je range celui-ci à part. Son rôle dans les Soprano est immense, et je pense même que c’est ce qui l’a empêché de poursuivre ailleurs, tant le rôle et l’acteur se confondent. C’est un homme qui a une histoire, de part sa vie, de part ses origines. Il avait du caractère. Il n’était pas du type interchangeable.

  • degabesatataouine , 24 juin 2013 @ 17 h 30 min

    C’est quoi? L’éloge de la bi nationalité?De la double allégeance?

  • morue coincos , 24 juin 2013 @ 20 h 54 min

    Tant mieux j’avais horreur des Sopranos c’était d’un glauque… Je préfère de loin Le Prisonnier !

  • Eurydice , 25 juin 2013 @ 5 h 12 min

    Les italiens ne perdent jamais leur nationalité. Même s’ils n’ont jamais mis les pieds sur le sol du pays du même nom, ils peuvent toujours la réclamer en présentant les documents de leurs parents et grands-parents émigrés. Les footballeurs latino-américains en général et argentins en particulier savent très bien profiter de ce “droit du sang ” tant décrié en France. Le pape François Bergoglio est toujours aussi italien qu’argentin. D’ailleurs, les espagnols non plus…C’est ainsi que José Maria Aznar put devenir premier ministre en Espagne, tout en étant né à Cuba, y ayant grandi et fait ses études. “Last but not least”, Fidel Castro aussi se vanta lors de sa dernière visite en Espagne de n’avoir jamais renoncé à ladite nationalité, qui lui fut transmise par sa mère , une immigrée des îles Canaries (Teneriffe) et son père dont la maison familiale en Galice, en très bon état, accueille, chaque année Raoul et les descendants de Fidel (qui , pour cause d’anus artificiel, ne peut plus voyager!).En cas de difficultés, Manuel Valls et Anne Hidalgo pourraient retourner se prévaloir de leur statut de sujets de Juan Carlos. Pas besoin, comme Depardieu, de partir pour le Caucase.

  • Athos , 25 juin 2013 @ 7 h 32 min

    Quel intérêt? Lire Nouvelles de France pour trouver ce qu’on a lu dans toute la presse sur un acteur italo-américain dont la seule célébrité a été de jouer les maffieux. Quelle misère!
    Vous nagez dans la Consommation ordinaire.

  • françois préval , 25 juin 2013 @ 21 h 06 min

    Cela s’appelle l’actualité! et ça concerne aussi la culture!

  • morue coincos , 26 juin 2013 @ 13 h 40 min

    la “culture”… fais-moi rire.

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