LIVRE: ILS ONT CHOISI LE CHRIST

LIVRE : ILS ONT CHOISI LE CHRIST , CES MUSULMANS DONT ON NE NE PARLE PAS.

de Jean-François Chemain ( édition Artège )

Il est un livre que tout bon journaliste devrait lire puisqu’à contre-courant de la doxa qui veut qu’on taise qu’il existe un phénomène de conversion, non pas de chrétiens vers l’islam, mais bien de musulmans vers les religions chrétiennes.

Membre d’une association de soutien des convertis persécutés pour leur foi, Jean-François Chemain, docteur en histoire, a réalisé une longue enquête auprès de plusieurs dizaines de musulmans d’origine africaine et maghrébine. Il a enregistré leurs témoignages et nous en livre la quintessence dans cet ouvrage de 170 pages.

Pour frapper fort, comme introduction, l’auteur relate un drame sordide passé à l’époque dans la rubrique des drames conjugaux. C’était en 2012 à Mantes-la Jolie où un mari a massacré sa femme sous les yeux de leurs quatre enfants car, a t-il expliqué à la police, elle « avait fait quelque chose de très grave ». Oui, de très grave, car elle s’était convertie !

Des cas de conversions multiples et variés, dus pour beaucoup à la reconnaissance absolue de Dieu, et à l’insatisfaction de la pratique religieuse musulmane qui est souvent « de faire semblant ». Tel ce médecin tunisien qui explique « je n’ai jamais eu la foi musulmane, mais je m’employais en apparence à respecter la sensibilité de mes parents. Les rituels et les interdits je les vivais comme une constitution identitaire. »

Et à l’inverse, l’auteur s’est aperçu que nombre de convertis venaient au Christ pour s’identifier à leur nouvelle nation, pour s’assimiler. Avec souvent l’étonnement de ne pas être facilement acceptée. « La solitude c’est le sort du converti » souligne Fouzia qui a échappé au suicide un jour par ce cri entendu sur une chaîne qu’elle avait trouvée au hasard , en appuyant par erreur sur la télécommande au moment où elle allait se défenestrée:  « Jésus t’aime ».

Les récits de convertis se suivent et se lisent comme un roman policier. La découverte du Christ pour ces musulmans est un long travail d’enquête personnelle et de difficultés, voire de pièges, provoqués par leur entourage qui refuse l’apostasie. Et parfois par les chrétiens eux-mêmes tel ce prêtre à qui s’adresse un qui souhaite être baptisé et qui s’entend répondre : » nous avons le même Dieu, restez donc dans l’islam ! »

Le récit de la conversion d’Abdallah, un jeune égyptien qui dès le plus jeune âge récitait par cœur le coran, est celui d’une aventure presque miraculeuse qui se conclut d’ailleurs par une brève apparition de la Vierge, une nuit, venue s’asseoir sur son lit.

Et il n’est pas le seul. De nombreux convertis ont raconté à J.F. Chemain comment ils ont vu, de leurs yeux Marie ou Jésus. Comme la kabyle Samira qui a visionné, le jour des Rameaux, l’arrivée du Christ à Jérusalem. Comme Mohamed Rahouma qui a raconté cette vision dans un livre étonnant. Comme encore Rachida convertie par un songe et qui est, selon sa propre expression «  passer de l’islam au Christ ».

Chemain cite des dizaines de récits bouleversants avant d’envisager d’évoquer la difficulté qu’ont rencontré leurs auteurs à pouvoir vivre leur foi sans rompre avec une famille obnubilée par l’apostasie. Au pays des droits de l’homme, les exemples de ce rejet familial sont multiples et condamnent les convertis sinon à l’enfer, du moins à l’oubli ou pire encore à la détestation.

L’auteur cite aussi les difficultés que rencontrent les musulmans pour pouvoir recevoir le baptême.Le service après-vente de l’Église est souvent cruellement absent. Il faut souvent une sacrée volonté pour arriver au Christ dans l’église catholique qui se veut de moins en moins missionnaire. Mais lorsqu’ils y arrivent, ils se découvrent aussi un attachement charnel à la France.

Un livre profond qu’il est bon de lire dans cette période de désespoir que les chrétiens traversent tant la France semble s’éloigner de ce qu’elle fut : la fille aînée de l’Église.

« Ces hommes et ces femmes nous renvoient à ces racines chrétiennes que nous avons oubliées, parce que nous voulons les oublier. C’est pour cela, sans doute,qu’ils nous dérangent et qu’on voudrait les oublier. » conclut l’auteur.

Floris de Bonneville

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