Eric Zemmour : « pénaliser n’empêche pas de se droguer. Mais dépénaliser n’empêche pas la criminalité de festoyer »

Jeudi matin dans “Z comme Zemmour”, Eric Zemmour s’est intéressé à la tentation de la légalisation du cannabis. Extrait :

“Une économie de substitution a grandi et prospéré dans de nombreuses banlieues où les mafieux règnent sur des trafics gigantesques qui font vivre, consentante ou contrainte, une population nombreuse. La situation est telle que le maire de Sevran (Stéphane Gatignon, ndlr), ancien communiste devenu vert, a réclamé l’intervention de l’armée pour séparer les combattants. Imaginons que la proposition militaire soit venue de Claude Guéant, il aurait été accusé aussitôt d’un nouveau dérapage pour stigmatiser les immigrés. Mais tout est cul par dessus tête. Le même qui réclame l’intervention de l’armée prône aussi la dépénalisation (du cannabis, ndlr), comme s’il déclarait la guerre et la capitulation en même temps : De Gaulle et Pétain.”

Le chroniqueur “réac'” continue : “pénaliser n’empêche pas de se droguer. Mais dépénaliser n’empêche pas la criminalité de festoyer. La Hollande le prouve, qui annonce ces jours-ci la fermeture programmée de ses célèbres coffee shops où on ne vendait pas du café mais de la drogue. Le cannabis était en vente libre par petites doses. Au bout de trente ans, le résultat est édifiant : les mafias, les guerres des gangs, la drogue douce et dure, cannabis et héroïne, en masse et des montagnes de narcodollars qui pourrissent toute la région. Une sorte d’ONU du crime s’est donnée rendez-vous à Amsterdam : triades chinoises, cartels colombiens, gangs africains, israéliens, marocains… Le criminologue Xavier Rauffer annonce même une rupture majeure dans la géopolitique du cannabis avec l’herbe sinsemilia, cultivée en Europe, et qui vient concurrencer la traditionnelle résine marocaine. De quoi provoquer de nouveaux affrontements de gangs de plus en plus sanglants”.

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3 Commentaires

  • Libéral , 10 Juin 2011 à 2:49 @ 2 h 49 min

    Très bonne chronique de Zemmour. Certains libéraux sont favorables à la dépénalisation.

    Et c’est vrai que je pense que, non pas que c’est bien de consommer cette merde, mais que je n’ai pas besoin de l’Etat pour ne pas en consommer (d’ailleurs au passage, l’interdiction de l’Etat y fait elle réellement quelque chose ? non).

    Je pense en revanche qu’on a besoin d’un minimum de valeurs de base, et que je Droit, dans un triste monde comme le nôtre, ne peut être que le moyen.

  • Eric Martin , 10 Juin 2011 à 10:12 @ 10 h 12 min

    Cher Libéral, tu n’as peut-être pas besoin de l’Etat pour ne pas en consommer. Mais pense à tous ceux qui n’ont pas ta volonté, à ces accidentés de la vie parfois très vulnérables un temps donné ou même toute leur vie.

  • Gomez Aguilar , 6 Juil 2011 à 4:03 @ 4 h 03 min

    “Je n’ai pas besoin de l’État pour ne pas en consommer”. Moi c’est exactement le contraire : je n’ai pas besoin de l’État pour en consommer. La dépénalisation, je ne comprends même pas qu’on en fasse un sujet, puisque concrètement c’est dépénalisé de fait depuis toujours. Je fume du shit quand j’en ai envie, comme énormément de gens autour de moi (et des gens bien sous tout rapport) pénalisation ou pas… J’en achète aussi facilement qu’un paquet de cigarette, où et quand je veux, et si c’était dépénalisé je ne vois pas ce que ça changerait à ma vie… Alors ne dépénalisez rien, il est inutile de perdre du temps avec ça… Aucun consommateur n’a besoin de la dépénalisation, nous n’attendons vraiment pas après l’autorisation de l’État…

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