Entretien avec Victoire, Porte-parole de la Marche pour la Vie 2018

Entretien avec Victoire, Porte-parole de la Marche pour la Vie 2018

La prochaine Marche pour la vie est le dimanche 21 janvier. Victoire est la porte-parole de cette édition. Elle répond aux questions de Nouvelles de France. 

 

  1. Pourquoi une Marche Pour La Vie ?

La charge de la preuve devrait plutôt incomber à l’accusation : pourquoi pas de Marche pour la vie ? A quel moment avons-nous préféré notre confort – la programmation de toutes les naissances, l’exigence de l’enfant parfait…-, à l’injonction humaine qui demande au parent de veiller sur son enfant ?

La Marche pour la Vie est née d’une nécessité interne. Deux générations, celle qui a vu la mise en place de la loi Veil et celle qui est née dans un monde où l’avortement est présenté comme un droit, se sont levées pour dire que cette autorisation d’empêcher les enfants de venir au monde est une transgression majeure au principe du respect de l’être humain et la porte ouverte à la déconstruction de notre humanité. Celle-ci ne s’est pas fait attendre. Après l’avortement qui retire les enfants non désirés du ventre de leur mère, nous avons assisté à la légalisation et à la propagation de la Procréation Médicalement Assistée qui construit l’enfant à partir des pièces détachées de l’embryon, assemblé dans le froid des laboratoires et rendu utilisable à des fins de recherche.

 

  1. Qui êtes-vous ? Quelle est votre association ?

La Marche Pour la Vie est une association qui rassemble sous le même sigle un collectif d’associations pour certaines engagées depuis plus de 20 ans dans la défense de la vie, parmi elles la Fondation Jérôme Lejeune, Renaissance Catholique, Choisir La Vie, rejointes par une nouvelle génération engagée, les Eveilleurs d’Espérance, et les Survivants. La Marche pour la Vie entend réaffirmer, inlassablement, que l’IVG est une atteinte au principe de respect de la vie humaine et qu’elle porte atteinte à tous : au pays collectivement, à chaque personne individuellement et aux corps intermédiaires de notre société comme la famille, en permettant que soit attaqué et supprimé le plus petit des citoyens, celui qui annonce l’arrivée d’un nouvel individu à la lumière du jour et incarne la garantie du passage à témoin entre générations.

 

  1. Avez-vous un thème particulier ?

Cette année la Marche pour la Vie marchera sur le thème « de l’ombre à la lumière ».

Ce thème correspond à une triple volonté : symbolique, juridique et politique.

La naissance d’un enfant se prépare dans l’obscurité du corps de sa mère. L’enfant a besoin de ce moment de nuit pour grandir et devenir un petit homme prêt à naître au monde. A l’inverse de cette nécessité, les techniques de procréation médicalement assistées projettent l’enfant à la lumière de façon totalement prématurée : produit en éprouvette, il est analysé, trié, subit des dépistages et finit congelé s’il a été décidé que son destin devait être mis sur pause. La conception elle-même ne se fait plus dans le silence et l’obscurité du corps qui accueille et protège mais sous les néons des laboratoires et les mains d’un biologiste qui manipule. Ainsi mis au monde sans être prêt, le petit d’homme est à la totale disposition de l’adulte qui le produit et peut sans encombre le trier, le sélectionner, le détruire, le livrer à la recherche scientifique.

D’un point de vue politique et juridique, nous revendiquons le droit pour tous les enfants conçus d’ouvrir les yeux sur la lumière du jour. Nous voulons que soit mise en place une législation qui protège l’enfant à naître et non qui encourage son élimination. Nous voulons la mise en place de politiques de santé publique qui protègent et accompagnent les parents en difficulté. Nous voulons rappeler que l’obscurantisme n’est pas du côté des défenseurs de la vie. Il s’abat sur ceux qui refusent de prendre en compte la souffrance des femmes et de travailler à leur proposer d’autres alternatives que la suppression de leur enfant.

 

  1. Y a-t-il une spécificité cette année ? Quel est le contexte ?

La Marche pour la Vie de 2018 aura lieu au moment de l’ouverture de la révision de la loi de bioéthique. Celle-ci commence par les états-généraux de la bioéthique, débat public organisé par le Comité consultatif national d’éthique. Chaque région sera dotée d’un Espace éthique et les différents thèmes de la révision de la loi seront répartis entre ces régions.

La Marche pour la Vie veut être l’occasion de rappeler aux citoyens l’importance des questions de bioéthique qui sont en jeu dans la révision de la loi : la libéralisation du régime de recherche sur l’embryon, l’euthanasie, la GPA, la PMA dite pour toutes…

 

  1. Quelles sont vos revendications ?

Nous revendiquons la mise en place de politiques de santé publique qui protègent la vie de l’être humain de sa conception à sa mort naturelle.

Nous réclamons, a minima, que soient rétablies les dispositions juridiques qui permettaient d’opposer certaines limites à l’avortement, et qui aidaient les parents à réaliser l’importance de l’acte qu’ils posent : la mention de la « situation de détresse », le délai de réflexion avant l’avortement. Nous voulons que la France s’impose comme objectif la réduction drastique du nombre d’avortements. Rappelons les chiffres : 220 000 enfants sont avortés chaque année. Cela représente 1 enfant sur 5 à chaque génération.

Nous réclamons que soit maintenue de façon ferme et explicite l’interdiction de l’euthanasie en France. Nous voulons que toute personne soit assurée d’être accompagnée et soutenue dans les derniers moments de sa vie par la société et le corps médical. Et non qu’elle soit menacée de mise à mort par ceux qui auraient dû lui prendre la main.

Nous réclamons une révision de la législation sur la procréation médicalement assistée qui conduit à la sélection des embryons et à leur destruction massive. Nous ne voulons pas que l’enfant de l’homme soit plus longtemps considéré comme un objet que l’on peut produire à plaisir et manipuler à des fins d’utilité.

 

  1. Pensez-vous que ce soit utile de marcher pour la vie ?

Lorsque l’on désire se rendre d’un point A à un point B, il est non seulement utile mais indispensable de se mettre en route. La Marche pour la Vie a entamé un long périple, car immense est la distance qui sépare la situation politique et la mentalité collective, de notre lieu d’arrivée : reconstruire un pays dans lequel l’unité de la personne est vue comme un de ses biens le plus précieux. Nous devons passer de l’idéal de l’individualisme au respect de l’individualité. La route sera longue, mais il n’y en a probablement pas de plus utile car un peuple qui n’aime pas ses enfants se condamne lui-même à la mort.

 

  1. Faut-il s’inscrire ? Comment peut-on aider la Marche Pour la Vie ?

Nous avons cette année mis en place un système d’inscription. Celle-ci n’est bien sûr pas obligatoire et personne ne sera refoulé à la frontière de la Marche. Mais c’est très utile car cela nous permet d’anticiper le nombre de personnes que nous attendons et d’améliorer notre organisation en fonction.

Pour nous aider, outre l’inscription, nous vous proposons un excellent système : devenez bénévole ! Nous recherchons encore 500 bénévoles, pour des missions très variées : tracter, diffuser la communication de la Marche pour la Vie, être présent le jour J pour apporter une aide logistique etc. La démarche est simple : rendez-vous sur le site enmarchepourlavie, cliquez sur l’icône « Devenir bénévole », la démarche vous sera expliquée point par point ainsi que les différentes possibilités d’action.

 

 

  1. Pouvez-vous recevoir des dons ? A quoi servent-ils ?

Oui l’association Marche pour la Vie est habilitée à recevoir des dons. Ceux-ci sont absolument indispensables à l’organisation et au déroulement de la marche afin de régler les nombreux frais qu’elle génère. Si vous voulez que la Marche pour la Vie continue son œuvre, soyez généreux ! Vous pouvez bénéficier d’un reçu fiscal et déduire de votre impôt sur le revenu 66% de votre don. La totalité des dons servent à la Marche pour la Vie. Soyez remerciés de la rendre possible par votre générosité.

 

Le site de la Marche pour la vie

 

 

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