La mère de Vincent Lambert dénonce le comportement ignoble de Jean Léonetti

Dans une interview publiée par le journal Présent à l’occasion de la sortie de son livre « Pour la vie de mon fils », Viviane Lambert explique comment une équipe de médecins a voulu décider seule de la mise à mort de son fils, qui n’est pourtant pas en fin de vie, et comment les médias et les politiciens ont instrumentalisé la vie d’un homme pour parvenir à leurs fins. Entre le lapin que lui a posé François Hollande alors qu’il avait finalement accepté de la recevoir à l’Élysée, et le député Léonetti qui se permet de porter des jugements sur la situation de Vincent Lambert sans l’avoir jamais rencontré, Mme Lambert met en lumière un nouveau cas, celui de son fils, où la vie d’une personne vaut moins aux yeux de nos élites politico-médiatiques que la fin recherchée, celle d’une légalisation de l’euthanasie avec en perspective les dérives toujours plus graves déjà observées en Belgique et en Hollande.

« Les partisans de l’euthanasie mettent le paquet à cause de la loi Claeys-Léonetti. Le cas de Vincent est devenu politique. Tout le monde s’est emparé du sujet, à commencer par M. Léonetti qui, lors d’une émission, a évoqué l’histoire de Vincent alors qu’il ne l’a jamais rencontré, qu’il n’est jamais venu le voir. C’est ignoble d’agir ainsi et j’ai écrit pour le lui dire. », accuse Mme Lambert.

L’imposture médiatique autour de Vincent Lambert, que dénonce cette mère, ressemble fortement à tous ces cas médiatisés dans le passé par les partisans d’une légalisation de l’euthanasie et que Tugdual Derville, de l’association Alliance VITA, a si bien exposés dans son livre La bataille de l’euthanasie – Enquête sur les 7 affaires qui ont bouleversé la France.

« Tout le monde pense que Vincent est branché de partout, qu’il est sous respirateur. C’est faux. Notre fils n’est pas en fin de vie. Il ne fait pas l’objet d’un acharnement thérapeutique. Il a, bien sûr, des moments où il est moins présent, mais nous pouvons communiquer avec lui, non pas par la parole, mais par le regard. Seulement, pour le savoir, il faut être à ses côtés. Et c’est ce que nous faisons quotidiennement depuis deux ans. », explique la maman de Vincent dans son entretien avec Anne Isabeth du journal Présent.

Sur sa rencontre ratée avec le président Hollande : « J’ai attendu 45 minutes avant que l’Élysée me fasse dire que François Hollande n’était pas disponible, mais que le professeur Lyon-Caen acceptait de me recevoir. Je leur ai répondu que c’était le Président que j’étais venue voir. On m’a fait attendre encore un peu sans résultat. J’ai donné mon livre à des personnes qui m’ont promis de le remettre en main propre à François Hollande. Un livre que j’avais dédicacé : ‘Monsieur le Président, aidez-moi à sauver mon fils.’ Et puis je suis partie. »

On voit que ce n’est pas que pour les « sans-dents » que M. Hollande éprouve du mépris…

Le sort de Vincent Lambert est désormais entre les mains de la Cour européenne des droits de l’homme qui a ordonné la suspension provisoire de la décision prise le 24 juin 2014 par le Conseil d’État. Une décision qui renversait le jugement du tribunal administratif qui avait imposé aux médecins de reprendre l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. Une décision qui montre aussi que, pour le Conseil d’État, l’euthanasie est déjà légale en France et qu’elle n’est pas réservée uniquement aux personnes dont les souffrances intolérables ne peuvent pas être soulagées alors qu’elles sont en phase terminale. Qui peut encore, dans ces conditions, nier l’imposture du discours des partisans de l’euthanasie ?

 

L’entretien intégral avec Viviane Lambert pourra être lu dans le quotidien Présent vendu en kiosque demain (www.trouverlapresse.com). Présent étant un journal du soir, son édition électronique est disponible dès la veille sur www.present.fr.

 

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11 Commentaires

  • Héraclite , 11 Mai 2015 à 22:14 @ 22 h 14 min

    Vous n’avez pas d’angoisse de la mort, vous? Si c’est le cas, vous me faites plus pitié qu’envie.

  • A= Aristote , 12 Mai 2015 à 7:30 @ 7 h 30 min

    Outre évidemment la menace de mort sur une personne dépendante mais non en fin de vie , on se demande de quel droit l’administration le retient en quasi-détention en le soustrayant à la partie de la famille qui cherche à le sauver

  • lucotin , 12 Mai 2015 à 11:54 @ 11 h 54 min

    bravo Madame pour votre courage !

    oui, si c’est possible, qu’on le rende à cette part de famille qui le protège

  • [email protected] , 16 Mai 2015 à 8:31 @ 8 h 31 min

    Ou l’on voit l’utilisation des média pour occuper l’espace en créant des conflits
    Le fond c’est le droit de chacun de pouvoir décider, dire ce qu’il veut et se faire représenter s’il est amoindri ou en incapacité de s’exprimer … comme l’est Vincent
    Le haut de l’iceberg c’est ce que l’on voit s’afficher dans les média. Le dessous de la ligne de flottaison c’est les influences, financements, manipulations qui servent les intérêts dont il est intéressant de décrypter les motivations: argent, pouvoir, notoriété, stratégies diverses.
    La fin de vie est un enjeux de contrôle social, de milliard d’Euros (2 300 000 Euros en moyenne par personne dans les 6 derniers mois de la vie soit plus de 60% des dépenses de santé de toute une vie) et de pouvoirs professionnels.
    Alors les plaidoiries d’une mère, même si elle était sincère … est à regarder de plus prêt
    Pour la liberté de chacun de conduire sa vie comme il l’entend et ne pas être soumis ni à une euthanasie non décidée (plus de 30 000 cas annuels estimés par l’Observatoire de fin de vie), ni à une prolongation d’une vie qui n’a plus raison d’être pour celui concerné.
    Voir notre approche pour une législation qui satisferait tous ceux qui croient en leur liberté.

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