L’austérité menace également la culture en Espagne

Ce ne sont pas seulement les fonctionnaires, les hôpitaux ou les simples travailleurs qui sont touchés par la grave crise économique que traverse actuellement l’Espagne, mais également le monde du spectacle et de la culture. Au mois de juillet dernier, le plan d’austérité annoncé par le gouvernement espagnol et visant à économiser 65 milliards d’euros prévoit une forte hausse de la TVA sur le cinéma et le théâtre: de 8% jusqu’à présent, elle passera à 21%. Par voie de conséquence, les places de cinéma pourraient passer de 7 à 8 euros et les places de théâtre augmenter de plusieurs euros. Les secteurs du football et de la corrida, très importants en Espagne, sont également touchés mais de manière moindre : la TVA passera de 18 à 21%.

On s’en doute, de telles mesures ont vite suscité l’hostilité d’une grande partie de la profession. C’est ainsi que le 19 juillet dernier, une grande manifestation réunissant les professionnels du cinéma, de la télévision et du théâtre a eut lieu à Madrid, avec la présence de stars nationales telles que Javier Bardem, Pedro Almodovar ou Marisa Paredes. Oscarisé pour son rôle dans No country for the old men des frères Cohen, Javier Bardem s’est montré particulièrement virulent contre l’action du gouvernement, affirmant qu’ils “tue la culture de ce pays” et que “ce qu’ils sont en train de faire va vraiment rabaisser l’industrie culturelle de l’Espagne”. Une inquiétude compréhensible, mais qui ne semble pas tenir compte des réalités socio-économiques du moment dont les conséquences touchent toutes les strates de la société en Espagne.

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6Commentaires

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  • ema , 6 août 2012 @ 22 h 09 min

    Pour certains spectacles hypersubventionnés mais vus par un nombre très restreint de spectateurs, et pour beaucoup tout aussi cathophobes que ceux que l’on peut voir en France, c’est une bonne chose si vraiment les coupes budgétaires vont dans ce sens.
    D’autres parts dans un pays sans enfant et sans renouvellement de génération, les “petits marquis” producteurs et cie de l’art, n’ont pas à profiter de la rente viagère des impôts faute de spectateurs…
    Par contre il serait particulièrement néfaste que l’immense et magnifique patrimoine architecturale, etc soit mal entretenu ou vendu à des puissances étrangères….
    L’on peut s’attendre à tout dans une Europe qui préfère la ruine des états qu’à renoncer à l’idéologie de l’Euro.

  • Lach-Comte , 7 août 2012 @ 12 h 22 min

    Pour des raisons différentes, mais parce qu’il s’agit le plus souvent de gauchisme attardé ou de “merde muséable” ou de théâtre qui n’en est pas, de cinéma malsain et immoral, sinon amoral, je suis comme Goering, quand on me parle “culture”, je sors mon révolver ! Et tous ces cultivés sans public, tous ces cultureux sans talent, ces subventionnés politisés, ces intermittents de la scène mais pas de la gamelle, ces verbeux sans vocabulaire, il n’y a aucune raison qu’un Etat digne de ce nom leur donne un moindre centime d’euro. D’ailleurs, quel sorte de régime est-ce donc que celui qui a créé un ministère de la culture, comme celui qui avait nommé un ministre de l’information ? Là où la chose n’existe pas, on invente le mot …

    PS. Le mot culture est d’emploi relativement récent. On parlait autrefois de gens cultivés, comme d’un champ stérile que la culture a rendu fertile. Les anthropologues se sont emparés du mot pour désigner les outils dont se servent les peuples sans écriture pour se défendre contre la nature.
    Appliqué à nos sociétés, culture en ce sens est devenue un mot-valise qui désigne tout et n’importe quoi. On parle de culture d’entreprise, de culture rock, pop, rap, de culture de banlieue, de culture élitiste. Ce vague est employé de manière extensive pour désigner les habitudes de vie propres à un groupe social ou les clients d’un même type de divertissement.
    De culture mot-valise, on est passé ensuite à la notion de « multiculturalisme », qui prétend décrire et même théoriser une société invraisemblable, composée d’une multitude de cultures différentes ou incompatibles, et qui néanmoins pratiquerait une parfaite tolérance réciproque ! (…) Du fait que tout est culturel, tout peut devenir objet de mise en scène muséale, même « la merde d’artiste »,

  • Murex , 7 août 2012 @ 12 h 43 min

    Alors ceux là, ça ne leur fera pas de mal !
    Ces MILLIARDS dépensés pour de soi disant artistes et qui ne se prennent pas pour de la merde la plupart Faux Art, Faux artistes mais, Vrais Parasites ! Et que dire des” accompagnants ” de ceux qui les ” guident ” etc…
    La Vraie Culture n’a que faire de cette sous-sous-culture de chiottes !!! Et encore, c’est insulter les lieux d’aisance !!!
    Au boulot en usine il manque des cruellement d’Ouvriers !!!

  • Gédéon , 8 août 2012 @ 17 h 28 min

    En tant que comédien, je veux que vous sachiez que je partage totalement votre avis.

  • Gédéon , 8 août 2012 @ 17 h 43 min

    Bien que je partage en partie votre avis, vous devez savoir que ce qui est appelé intermittence, c’est l’assurance chômage des personnes du spectacle ayant suffisamment travaillé et donc cotisé pour y avoir droit. Ce régime est d’ailleurs moins “confortable” que le régime général. La cour des comptes montrait en 2003, que débarrassé des abus, ce régime serait le seul régime d’assurance chômage bénéficiaire. Ce à quoi Chirac répondait le 14 juillet 2004, à la question de PPDA : Si en plus il faut chasser tous les abus ! On a les coupable que l’on peut…

  • Gédéon , 8 août 2012 @ 17 h 52 min

    Heureusement qu’il y a toujours des bonnes âmes pour nous dire qui sont les vrais artistes.
    Cela dit, la seule place de l’Etat dans culture devrait être dans la conservation du patrimoine historique.
    Par bonheur j’apprends que les usines françaises ferment parce qu’elles manquent de mains d’œuvre. Tous les comédiens à l’usine et la France est sauvée !
    Permettez que je vous envois dans la culture.

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