Faut-il faire une croix sur le Père Noël ?

Tribune libre de Christian Vanneste*

Une directrice d’école de Montargis a failli annuler la venue du Père Noël sous la pression de quelques parents d’élèves. Finalement le traîneau passera quand même, mais cette anecdote rejoint malheureusement une série préoccupante. Elle est triplement inquiétante en elle-même puisque, si la demande d’annulation procédait d’une exigence de respecter la laïcité, il convient de rappeler que le Père Noël, comme le sapin ou la bûche sont des traditions et des symboles païens parfois plus anciens ou plus récents que la fête chrétienne, qui, contrairement à Pâques, est elle-même une date symbolique qui correspond à peu près au solstice d’hiver. Dans le Nord et l’Est, c’est Saint Nicolas qui récompense les enfants sages et l’on imagine le drame d’une distribution de saints en chocolat. J’en tremble d’horreur. Si l’ignorance de parents, qui appartiennent peut-être à une autre culture d’origine, est admissible, celle de la directrice ne l’est pas, et sa soumission apeurée à une demande infondée encore moins. Enfin, lorsque des signes religieux s’inscrivent dans le patrimoine culturel d’une civilisation et d’une société, leur transmission doit s’inscrire dans l’éducation pour que chaque enfant scolarisé sache lire et comprendre le paysage culturel dans lequel il vit et va s’épanouir. Il faut qu’il sache d’où il vient. Quant à celui qui vient d’ailleurs, il est sans doute utile qu’il connaisse cet ailleurs, s’il souhaite y retourner, ou s’il veut en garder certains aspects au sein du pays où il vivra désormais, mais il est encore plus important qu’il apprenne à comprendre la culture de son nouveau pays. Tout effacement de celle-ci favorisera le communautarisme. Malika Sorel-Sutter dans son excellent Immigration-intégration : Le langage de vérité, le dit clairement : « La qualité de l’intégration se dégrade chez les descendants d’immigrants… La classe politique française s’est mise à exiger que ce soit la société française qui s’adapte à eux. » Et de s’en prendre à Jean-François Copé qui, dans une autre phase que celle des « pains au chocolat », avait insisté sur cette « part de notre population qui a la culture arabe dans le sang » (sic) et qui doit pouvoir faire apprendre l’arabe à ses enfants, en lui rappelant l’avis du HCI qui « a toujours préconisé la suppression des enseignements et des cultures d’origine tant ils apparaissent contraires à l’objectif d’intégration ». En gommant les aspects identitaires du pays d’accueil dans le processus éducatif, on aboutit à ce paradoxe de faire des autochtones des barbares par rapport à leur propre culture et de favoriser le communautarisme chez des immigrants déjà renforcés dans leur propre identité par la facilité des voyages et la présence des paraboles.

“On peut sérieusement s’interroger sur la capacité de nos « élites » à construire l’avenir de ce petit continent qui a joué un si grand rôle dans le monde et dont le beau drapeau s’orne des douze étoiles de la Vierge Marie.”

Comme le souligne Pierre-André Taguieff, les trois élites qui dirigent nos sociétés européennes ignorent superbement ce risque. Les dirigeants économiques ne rêvent que d’échanges, de circulation des biens, des personnes et des idées. De toute manière, leur niveau de formation les met à l’abri de la barbarie intérieure. Ils parlent anglais, voyagent beaucoup, habitent loin des ghettos et sont mondialistes. La classe bureau-technocratique qui dirige la politique ne pense qu’à l’Europe, cette source inépuisable de non-responsabilité prestigieuse et confortable. C’est pratique : à Paris, on dit qu’on ne fait rien, parce que çà se décide à Bruxelles où on ne fait pas grand chose, mais on voyage beaucoup entre les deux, on parle anglais, et on défend le transfert de souveraineté parce qu’on est eurocrate. Reste le pouvoir devenu principal, le monde de la « com », frétillant à l’idée du métissage culturel, affirmant que la France marche au mélange, et qui se retrouve un jour à réduire Voltaire à une enseigne commerciale, et à considérer que Mahomet et le Christ étaient de sacrés communicants pour avoir si bien réussi. L’idée qu’une sorte de maladie d’Addison culturelle puisse se répandre et faire que les habitants de notre pays ne sachent plus très bien qui ils sont ne les effleure pas. À force d’être superficiels et de tout survoler, ils ne touchent plus terre et n’ont que faire des racines. La France, dans cette ambiance peu propice à l’approfondissement des dites racines a participé à l’éviction des valeurs chrétiennes de la « constitution européenne ». La Commission européenne vient d’enjoindre la Slovaquie de retirer les croix prévues sur des pièces de monnaie à l’effigie de Saint Méthode et de Saint Cyrille. Cachez ce saint que la laïque et ouverte Europe ne saurait voir. Pensez ! Mettre une croix et une auréole à un saint, quel scandale ! La Cour européenne des Droits de l’homme de Strasbourg, dans le cadre du Conseil de l’Europe, cette fois, avait également prétendu exiger en 2009 que l’Italie retirât les crucifix des écoles. La bataille a duré jusqu’en 2011, lorsque la Grande Chambre a accepté que la diversité culturelle et historique puisse laisser une marge de liberté aux États. Le juriste américain Joseph Weiler a rappelé à cette occasion que « les pays ont aussi le droit de se définir par rapport à un patrimoine religieux ». Que serait la France sans le Mont-Saint-Michel ou les tours de Notre-Dame ?

On peut sérieusement s’interroger sur la capacité de nos « élites » à construire l’avenir de ce petit continent qui a joué un si grand rôle dans le monde et dont le beau drapeau s’orne des douze étoiles de la Vierge Marie. Surtout, n’allez pas leur répéter. Ils seraient capables de le changer, car détruire le passé et les traditions, gommer notre identité, ça, ils savent faire .

*Christian Vanneste est un ancien député UMP du Nord.

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15 Commentaires

  • MarcS , 7 décembre 2012 @ 12 h 12 min

    Monsieur Vanneste que de bon sens dans vos propos mais de grâce faites vous entendre le plus possible dans les médias populaires, organisez des réunions, et pourquoi pas fondez une association et même un parti politique. Les gens de droite honnêtes et responsables vous suivront …

  • marie-france , 7 décembre 2012 @ 16 h 07 min

    mais ce Monsieur ne sera pas entendu pas plus que Marine Le Pen avez vous regardez la 2 hier au soir IL N’Y A RIEN A FAIRE !!!LES IMMIGRes sont intouchables!!CE VALLS ARROGANT JETE L ‘ANATHEME A MARINE LE PEN !!!!!les musulmans sont INTOUCHABLES!!!PROTEGES comme jamais!!!!!c’est à nous dans notre vie de tous les jours à ne pas se laisser faire!!!!

  • Frédérique , 7 décembre 2012 @ 17 h 07 min

    @marie-france

    Franchement, ça ne vous interpelle pas plus que ça toutes ces “informations” destinées à remonter les gens contre les musulmans, à créer des peurs et susciter la haine?
    Moi si!
    Et c’est l’institutrice qui refuse le père Noël ou une autre qui demande 1 minute de silence pour Mohamed Mehra et c’est l’élu UMP qui fait jeter 8500 crèmes au chocolat qui contenaient de la gélatine de porc, ou encore deux associations musulmanes dont personne n’a jamais entendu parler qui attaquent Charlie Hebdo en justice et des meurtres et des assassinats dont on ne révéle pas le prénom du criminel depuis qu’il est bien entendu qu’on le tait dès qu’il s’agit d’un étranger, musulman de préférence, et c’est les voyous des banlieues à majorité étrangère qu’on ne punit pas lorsqu’ils s’attaquent aux forces de l’ordre et c’est la droite au pouvoir qui surfe sur la division des français et ça ne change rien quand la gauche en prend le contrôle.
    Moins de 20% de la population qui créait presque 100% des problèmes en France, ça me parait quand même énorme, essayons de raisonner un peu et de se demander à qui cette propagande profite.
    Aux musulmans? Quel plaisir pour eux de vivre dans un pays où 80% de la population finira par les haïr.
    A la gauche? Même pas, elle perd peu à peu l’électorat de millions de prolétaires pour gagner la confiance d’une minorité qui vote très peu.
    A la droite?
    Ou tout simplement à l’oligarchie en place, de droite comme de gauche, qui nous entraine sur un terrain plus que glissant et dangereux, la guerre civile, pendant qu’ils pillent le pays?
    Il est clair qu’économiquement, la France ne peut plus se permettre d’accueillir des milliers d’immigrés sur son sol, mais de grâce, arrêtons de taper sur ceux qui y sont déjà, alors que seuls nos dirigeants sont responsables de cette situation.

  • Jean BERNARD , 7 décembre 2012 @ 19 h 49 min

    Qu’on vire cette pétace de cohallabo

  • Jean BERNARD , 7 décembre 2012 @ 20 h 13 min

    redevenons sérieux. Le père Noël chez nous chez moderne. Avant celui qui remettait les cadeaux c’était le “petit jésus” ou Saint-Nicolas. Le sectarisme protestant a remplacé le saint “que je ne serais voir” contre un vieillard laïque et matérialiste récupéré par l’horrible boisson américaine marron et gazeuse, qui a submergé l’Occident comme le vieillard. L’essentiel c’est de faire disparaître tout symbole sacré. Les staliniens l’avaient bien compris. Ils avaient leur Père Noël qu’ils affublaient du joli nom de Ded Moroz. Et pour le différencier du père Noël capitaliste, ils lui avait changé de manteau bleu au lieu de rouge. Je sais bien que les étrennes remontent aux Saturnales romaines au moins, mais maintenant No¨l n’est plus pour la masse des gens, qu’une fête des marchands et de la Grande bouffe. Les protestataires qui veulent tuer le Père Noël se trompe de cible, mais il est temps de mettre sa pied la Malfaisante analohaBête qui n’en doutons pas est du même tonneau que la sinistre antichrétienne. Bon Noêl aux chrétiens qui reste, et même aux autres qui devraient travailler ce jour là, comme l’avait obligé le gggggrand Staline

  • Pierre M'Ba , 8 décembre 2012 @ 8 h 25 min

    Avant d’être rouge, le père N..l était vert et s’appelait Santa Klaus.
    Il a été américolaïsé comme dit ci-dessus.
    Ce n’est pas une tradition française.
    La tradition du cadeau n’est que le souvenir de la visite des Rois Mages.

  • Marie Genko , 8 décembre 2012 @ 9 h 35 min

    D’accord avec ceux qui récusent le Père Noël!

    Faire des cadeaux pour fêter la naissance du Christ, doit rester une tradition chrétienne.

    Pour moi, il s’agit du premier mensonge que les parents font aux enfants et par conséquent, la première désillusion que nous imposons à nos enfants!

    J’ai déjà entendu une enfant dire:

    “j’ai des amis qui disent que le Père Noël n’existe pas, s’il n’existe pas alors je ne crois plus à rien!!!!”

    Nous pouvons, lorsque la chose est nécessaire refuser de dire la Vérité à nos enfants, mais il est extrêmement important de ne jamais leur mentir.

    L’honnêteté devrait être la marque de reconnaissance du chrétien authentique, et cette honnêteté, elle doit s’enseigner dès le plus jeune âge.

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