Ouattara à Ouagadougou : “Chaque Burkinabè est chez lui en Côte d’Ivoire”


Les présidents ivoirien Alassane Ouattara (gauche) et burkinabè Blaise Compaoré (droite), le 16 mai 2011 à Ouagadougou, Burkina Faso.

C’est ainsi que  le Président de Côte d’Ivoire a remercié son allié Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso voisin, pour son soutien dans la crise qui l’a opposé au Président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo.

La communauté burkinabè de Côte d’Ivoire compte au moins 3 millions de personnes, soit un tiers d’une population ivoirienne estimée à 10 millions d’habitants. Maliens et Burkinabè, musulmans comme les Ivoiriens du Nord et d’ethnies proches, migrent massivement vers le Sud en quête de travail et d’une vie meilleure. Le bouleversement démographique qui en résulte n’est pas du goût des Ivoiriens du sud, chrétiens et animistes, d’un niveau de vie supérieur et d’ethnies différentes, qui ont massivement soutenu le président sortant Gbagbo.

La division religieuse de Côte d'Ivoire à l'origine de la guerre civile.

C’est un peu comme si Nicolas Sarkozy déclarait en Algérie que “chaque Algérien est en France chez lui”. Une déclaration qui ne manquerait pas de susciter des réactions modérément enthousiastes au sein de la population française.

« Vous avez discrètement mais fermement contribué à faire en sorte que nous puissions arriver à des élections démocratiques et transparentes en novembre dernier, je pense très sincèrement que nous vous devons l’aboutissement de ce processus électoral, » a même ajouté le président ivoirien, qui n’a pas peur  de confirmer ouvertement l’intrusion du voisin dans les affaires intérieures de Côte d’Ivoire.

De fait, Ouattara ne tient pas compte de la nationalité, souhaitant “faire en sorte que toutes les populations qui vivent en Côte d’Ivoire le fassent de manière paisible et qu’elle redevienne la terre d’hospitalité et de tranquillité qu’elle a été par le passé ». Le Président ne fait pas de distinction entre étrangers et citoyens de Côte d’Ivoire. Une position qui s’explique par le melting pot ethnique que constitue ce pays, mais qui pourrait bien relancer les sentiments xénophobes à l’égard d’un président lui-même d’origine étrangère, contesté dès son élection et installé grâce au soutien militaire venu de l’étranger.

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