Le grondement sourd

Tribune libre de Maxime Tandonnet*

Les lendemains de la manifestation du 13 janvier ont montré une France plus déchirée qu’elle ne l’avait jamais été au cours des dernières décennies, en pleine « guerre civile froide ». Le profond mépris d’une caste dirigeante qui rassemble les militants dits « de gauche », du monde associatif, les media, les élites branchées parisiennes, contrôlant aujourd’hui tous les leviers de pouvoir et d’influence, s’est exprimé sans aucune limite. Un article publié par une parlementaire de la majorité reflète admirablement la morgue de ce milieu et encore n’est-ce qu’un exemple parmi tant d’autres : « La France réactionnaire a arpenté Paris en masse … Une France réactionnaire – surtout en retrait des grandes agglomérations. La France recroquevillée… Bientôt l’Église fermera boutique… C’est par l’effet de ce même conservatisme que cette France-là a peur de l’Autre, un Autre qui peut être, au choix, l’étranger, l’immigré, l’Arabe, le musulman, le gay, le Rom, mais aussi le voisin, la femme de ménage, ou le petit jeune qui passe en mobylette… Et c’est par l’effet de ce même conservatisme qu’elle continue à redouter la mondialisation, comme elle a abhorré dans le passé le cosmopolitisme. » Pourquoi donc lésiner sur la caricature, le cliché et la tarte à la crème? Tous les coups sont permis pour abattre l’ennemi ! Son compte est bon : mort à la France « moisie », la France non parisienne, la France provinciale ou rurale, la France travailleuse, ouvrière et paysanne, de tradition chrétienne, la France d’en bas, la France profonde, « cette France-là » qui les révulse tant… D’ailleurs, la répétition de l’insulte de base, « réactionnaire », nous rappelle la belle époque des totalitarismes triomphants. Mais qu’ont-ils donc à gagner à dresser ainsi, artificiellement, une France contre une autre ?

“Il n’y a qu’une façon d’en sortir pour éviter que la guerre civile froide ne dégénère en un véritable conflit ouvert : rendre le pouvoir au peuple, à travers le recours au référendum et le renouveau de la démocratie représentative.”

En face, qu’il y a-t-il ? Un pays qui n’en peut plus de subir le mépris et le bourrage de crâne de ses élites. Il faut voir cet extraordinaire sondage CEVIPOF de janvier 2013. Seuls 31% des Français font confiance à l’Union européenne (- 9% en un an), 31% à la présidence de la République, 28% à l’Assemblée nationale… 85% estiment que les politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent. Seuls 12% font encore confiance aux partis politiques et 23% aux media ! 68% estiment que le clivage droite/gauche ne veut plus rien dire. La politique inspire du dégoût à 26% d’entre eux et de la méfiance à 38%. 65% pensent « qu’il y a trop d’immigrés » au rebours de l’idéologie officielle, martelée du matin au soir, selon laquelle « l’immigration est une chance ». Il est absolument sidérant que les résultats de cette enquête n’interpellent pas davantage les élites politiques, ces dernières ne manifestant aucune velléité d’autocritique. Le sentiment d’une fracture irrémédiable, croissante entre le peuple et ses élites est la cause de toutes les révolutions. Il n’y a qu’une façon d’en sortir pour éviter que la guerre civile froide ne dégénère en un véritable conflit ouvert : rendre le pouvoir au peuple, à travers le recours au référendum et le renouveau de la démocratie représentative.

*Maxime Tandonnet (blog) est un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Lire aussi :
> Les Français de plus en plus libéraux-conservateurs et déterminés

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14 Commentaires

  • ranguin , 21 janvier 2013 @ 8 h 37 min

    Comment leur faire comprendre que Paris c’est pas la France ?

  • JSG , 21 janvier 2013 @ 9 h 12 min

    Si le sympathique Nicolas Sarkozy n’avait pas draîné autant de mécontants, il serait encore aux manettes, et l équipe actuelle ne nuirait pas à la cohésion sociale comme M.Tandonnet semble le dire.
    Dans l immédiat, le mécontentement augmente, souvent pour des maladresses qui s accumulent.

    Ça s énerve à lElysée, qui n aime pas les miettes en voulant traîner devant les tribunaux pour outrage une association de retraités qui leur a envoyé une enveloppe avec des miettes (de gâteau, je suppose) pour indiquer ce qui restait après le partage du gâteau !.

    Bref, un état d esprit, on s en prend aux manants, c est tellement plus facile que de faire barrage aux minorités destructrices de la société française .

  • MarcS , 21 janvier 2013 @ 10 h 14 min

    Je vous conseille de cliquer sur le lien “Un Article” et vous aurez une idée de ce qu’est une sénatrice EELV . Cette femme devrait être emprisonnée pour incitation à la violence

  • Jacques , 21 janvier 2013 @ 10 h 35 min

    Je n’ai rien contre les femmes de ménage, et, quant aux Roms, il faudrait poser la question à monsieur Valls…

  • La Gazelle , 21 janvier 2013 @ 11 h 26 min

    Bravo à M. Tandonnet pour la justesse de son analyse de notre démocratie française !
    Mais Hollande et Sarkozy, c est du pareil au même ! Il n y a que l emballage qui change…
    Ils font parie d une caste pour qui seule compte leur carrière politique, les avantages qu ils en tirent et l attrait du pouvoir.
    Notre assemblée nationale n est pas représentative.
    Elle fonctionne en système de partis.
    Nos députés ne votent pas selon leur conscience mais selon le mot d ordre donné par le parti, lui-même aux ordres des pouvoirs occultes et des lobbies.
    Une nouvelle constitution représentative s impose !
    Le peuple commencerait-il enfin à réaliser qu il est baillonné par le système en place, anesthésié par les medias ?
    Aux armes citoyens et que vive la France !

  • petitjean , 21 janvier 2013 @ 19 h 30 min

    “Si le sympathique Nicolas Sarkozy………”

    avec des “amis” comme vous, la France n’a pas besoin “d’ennemis” !

    informez vous, que diable, et ne jugez une politique QUE sur les FAITS !

    des FAITS en voici:

    http://www.dailymotion.com/video/xbgm2p_nicolas-sarkozy-objectif-metissage_news

    et encore :

    1/- Durant ses 10 ans de gestion du pays, l’UMP a organisé l’arrivée de 200 000 à 300 000 immigrés chaque année, sans compter les clandestins et, malgré tout le cirque fait, en a renvoyé moins que Lionel Jospin. L’immigration choisie n’a donc pas existé, et gauche et droite sont d’accord pour l’immigration de masse ;
    2/- L’UMP n’a pas empêché, malgré là encore les grandes déclarations, à l’Islam de se développer, et n’a pas empêché les subventions publiques aux mosquées ;
    3/- Nicolas Sarkozy a maintes fois eu l’occasion de dire qu’il était favorable au mariage homosexuel (l’association Gaylib faisant partie de l’UMP), au droit de vote des étrangers (tout comme une bonne partie de la droite, notamment de la droite forte), et a fait un grand discours pour le métissage (Polytechnique) ;
    4/- La priorité nationale pour l’université, le logement et l’emploi n’a pas été appliquée ;
    5/- La ratification du référendum sur l’UE, contre l’avis de la population, a été votée en grande pompe par l’UMP comme par le PS ;
    6/- De même, ces deux partis sont d’accord lorsqu’il s’agit de défendre les droits des immigrés clandestins –qui par définition n’en ont pas– de manifester ou de les loger au détriment des Français ;
    7/- Nicolas Sarkozy comme François Hollande sont atlantistes ; ils ont intégrés l’OTAN, privant à la France de son rôle de chef des non-alignés cher au général De Gaulle ;
    8/- En 10 ans, le pouvoir a tué l’éducation nationale : plus d’histoire de France, destruction de l’apprentissage du Français, perte de l’autorité à l’école, pas d’aide à l’enseignement libre ;
    9/- L’UMP n’a jamais remis en question les mesures absurdes votées sous la gauche alors que toute l’Europe les avait pour certaines abandonnées (ou refusées) : ISF, 35 heures, fiscalité et taxes (plusieurs dizaines créées par N. Sarkozy) excessives, décentralisation, etc ;
    10/- L’UMP s’est pliée clairement au politiquement correct de la gauche (sur l’Islam en empêchant une conférence d’Alexandre del Vall dans leurs locaux, en excluant Christian Vanneste, défendant avec Copé les religions comme étant paix et amour, en adoptant les thèses officielles sur la deuxième guerre mondiale, sur le multiculturalisme, etc.), étant par-là loin des phrases chocs de De Gaulle sur les juifs, les Arabes ou les Blancs ;
    11/- Elle a grassement subventionné SOS Racisme, la LICRA, le MRAP, Act Up, le CRIF, donnant par là un pouvoir démentiel à ces commissaires politiques tout en s’en plaignant par la suite (JF Copé) ;
    12/- L’UMP n’a jamais lutté contre ce qui gangrenait le pays :
    • a/ Pas de soutien à la liberté d’enseignement et de recherche (pas de mesures fortes contre les blocages des facs des gauchistes), mais éternel soutien à l’UNEF, UEJF et autres syndicats étudiants minoritaires et liberticides ;
    • b/Grasses subventions aux syndicats politisés (cf. les milliards des syndicats) et non représentatifs de professeurs ou d’ouvriers, qui tous les ans bloquent le pays ;
    13/- Le pouvoir UMP a généreusement donné des dizaines de millions au PS, MODEM, Verts et PCF, et n’a laissé que des miettes au FN ; de même, il a engagé l’ouverture à gauche et instauré des scrutins non favorables au Front national ;
    14/- Cette collusion de tous les partis s’est notamment vue en 2002 lors de la présidentielle et en 2008 à Hénin Beaumont (tous contre le FN) ;
    15/- Dans les conseils régionaux, il est clair que l’UMP se plie devant les majorités socialistes et ne soutient pas les groupes Front national : l’UMP n’a d’ailleurs jamais parlé des scandales, dans certains bastions de gauche, qui ébranlaient le PS local (exemple du Nord Pas de Calais) ;
    16/- Il y a quelques années, le club de JF Copé rencontrait celui de Manuel Valls, sans que cela fasse sensation ; de même, JL Mélenchon a avoué avoir déjeuné avec messieurs Buisson et Dassault, et Christian Estrosi a déclaré avoir des choses en commun avec JL Mélenchon ; en revanche, quand des UMP parlent de discuter avec le FN, ils sont exclus ; de la même manière, dans les années 80 les présidents de région s’étant fait élire avec les voix du FN ont été exclus ; ce ne fut pas le cas de Chirac quand il s’est fait élire avec les voix du PS en 2002 : 2 poids, 2 mesures;
    17/- L’UMP a passé des accords avec le Parti communiste chinois (et non avec la Chine) ;
    18/- Enfin, faut-il rappeler que notre fausse droite est celle qui a voté la loi Pleven, la loi Gayssot, la loi Veil, qui a organisé l’immigration de masse, a empêché la France d’emprunter à sa propre banque (loi de 1973), etc.

    L’UMP fait partie d’un système qui gangrène notre pays (voir les livres de Philippe Nemo) et qui est très loin des valeurs qu’elle prétend défendre : liberté, nation, morale, travail, excellence, sécurité, identité, défense de la famille, etc.

    Dans l’état actuel des choses, la question de l’union des droites peut-elle encore se poser ? Cela paraît difficile : la droite, depuis des années, ne fait que jouer à être de droite, mais une fois au pouvoir que fait-elle ? Une politique de gauche !

  • Gérard(l'autre) , 21 janvier 2013 @ 19 h 42 min

    “Le sentiment d’une fracture irrémédiable, croissante entre le peuple et ses élites, est la cause de toute révolution” …
    Eh bien … justement , nous y sommes !

    En bout d’analyse, il m’apparaît chaque fois que TOUS les problèmes des français vis à vis de ses élites proviennent de la politique de l’immigration.

    L’Europe entière est en guerre froide. Elle ne pourra plus échapper au déclenchement d’une guerre civile si elle continue de favoriser l’entrée des immigrés.

    La révolution pourra venir de n’importe quel pays d’Europe et tout le monde suivra !

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