Nicolas Dupont-Aignan : « les Grecs ont compris qu’ils ne sont plus en démocratie mais en dictature »

En voyage en Grèce, le Président de Debout la République et candidat à l’élection présidentielle de 2012 a répondu aux questions des Nouvelles de France par téléphone sur la crise qui touche la République hellénique, l’euro, le “mariage” homosexuel et l’arrivée de la théorie du gender dans les programmes de sciences de la vie et de la terre au lycée. Entretien réalisé mercredi soir.

Nicolas Dupont-Aignant, vous êtes à Athènes depuis mardi. A quel spectacle assistez-vous ?

A une immense protestation populaire. Je n’ai pas vu de violences contrairement à ce qu’on nous montre à la télévision française. Les manifestants sont très paisibles, il y en a de tous les âges, de tous les milieux sociaux. Ces indignés crient leur colère, se sentent bafoués. A la différence des Français, ils ont compris qu’ils ne sont plus en démocratie mais en dictature. Je comprends leurs réactions face à la caste mondiale et à une organisation européenne illégitime qui leur impose un plan de spoliation qui ne peut pas marcher. Ce plan va plonger un peu plus la Grèce dans la récession. Les créanciers de la Grèce savent qu’elle fera défaut de paiement mais ils s’en fichent car le risque est en train d’être transféré sur le contribuable européen.

Que feriez-vous si vous étiez au pouvoir en Grèce ?

Il y a deux choses à faire. 1) Sortir de l’euro pour permettre à la Grèce de dévaluer sa monnaie, de retrouver la croissance économique et de rembourser sa dette. 2) Restructurer rapidement la dette grecque car plus on attend et plus les sommes en jeu sont importantes. 

Vous ne croyez pas qu’une sortie de l’euro risque de se faire dans la douleur pour les Grecs ?

Ecoutez, nous sommes dans la situation d’un avion sur le point de s’écraser. Je ne fais que demander aux passager d’enfiler un parachute et de sauter dans le vide. Bien sûr, ça fait peur, ça n’est pas joyeux. Mais c’est mieux que de s’écraser, non ?

Quels sont ceux qui en Grèce, proposent la solution du parachute ?

Les extrêmes. J’ai rencontré mercredi un représentant du parti de droite extrême le LAOS et un syndicaliste d’extrême-gauche. Ce sont les seuls à dénoncer le Système… Aux yeux des Grecs, les grands partis, ceux-là même qui leur demandent des efforts qui ne vont servir à rien, sont discrédités car complices de ce qui est en train de leur arriver…

Pensez-vous que la France puisse un jour se retrouver dans la même situation ?

Alors que la BBC ouvre son JT sur les événements en Grèce, ça n’est pas le cas des chaînes de télévision françaises. En France, nous refusons de voir la réalité en face et risquons de nous retrouver à moitié mort à cause d’une idéologie, d’un dogmatisme de la monnaie qui sert les intérêts des plus riches, des banques, de l’Allemagne et de l’Union européenne.

« Je refuse un droit A l’enfant et me prononce pour les droits élémentaires DE l’enfant. »

Votre voyage en Grèce vous a empêché de prendre part au vote sur la proposition de loi socialiste instaurant le “mariage” homosexuel. Si vous vous étiez trouvé en France mardi, auriez-vous voté pour ou contre ?

J’aurais voté contre. J’aurais voulu voter contre mais je n’ai pas pu déléguer mon vote : chez les non-inscrits, Véronique Besse votait déjà pour Dominique Souchet, etc. Comme vous le savez, un député ne peut pas voter pour plus d’un député.

En France, certains comme Roselyne Bachelot jugent ce vote inévitable et s’en réjouissent. D’autres pensent pareil, mais pour le regretter. Quelle est votre opinion sur le sujet ?

Tout d’abord, je me réjouis que la proposition des socialistes qui se croient modernes en acceptant tout et n’importe quoi, ait été rejetée. Pour répondre à votre question, je ne pense pas que le combat soit perdu. A nous d’être cohérent : à partir du moment où nous sommes hostiles à l’adoption, nous devons refuser de mettre le doigt dans l’engrenage et ne pas voter pour le “mariage” homosexuel. Le véritable enjeu, c’est l’adoption. Je refuse un droit A l’enfant et me prononce pour les droits élémentaires DE l’enfant. Il m’arrive assez souvent d’en discuter avec des couples homosexuels. Je leur dit : “vous avez eu un père et une mère, vous y êtes attachés”. Que peuvent-ils répondre à ça ? Sur cette question, nous devons réagir sans idéologie et sans excès. Donc réaffirmer que l’Etat n’a pas à légiférer là-dessus.

Que pensez-vous de l’arrivée de la théorie du gender dans les programmes de sciences de la vie et de la terre des classes de 1ère à la rentrée 2011 ?

Je suis très surpris. L’école doit apprendre à lire, écrire et compter. Je suis pour l’instruction publique. Laissons l’éducation aux parents ! Vous savez, sur ce sujet comme sur le précédent, nous ne devons plus hésiter à nous élever contre la dictature d’une minorité. Qu’on fasse un référendum ! On nous fait croire que nous sommes minoritaires… Vérifions-le maintenant !

“On” ?

L’esprit ambiant.

Ces réformes sociétales ne sont-elles pas proposées aux Français pour leur faire oublier l’incapacité des élus à régler les problèmes graves qui touchent notre pays ?

C’est exactement cela ! Alors que l’essentiel est en jeu, la lutte contre le chômage de masse et la survie de la France, les grands partis tentent de faire exister des débats qui n’intéressent personne et à visées communautaristes.

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2 Commentaires

  • Philippe Régniez , 17 Juin 2011 à 14:56 @ 14 h 56 min

    Toujours cette confusion, pénible à entendre, surtout dans la bouche d’un homme politique, entre dictature et tyrannie ou régime totalitaire.

  • olrik , 19 Juin 2011 à 22:16 @ 22 h 16 min

    Entièrement d’accord. Tout le monde a oublié que la dictature est axpressément prévue par notre Constitution : article 16. Je m’étonne qu’aucun de nos donneurs de leçons n’en ait encore demandé la suppression

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