Maxime Gremetz : « désormais, il n’y aura plus de député ouvrier à l’Assemblée nationale »

Maxime Gremetz ne détient plus aucun mandat électoral depuis mardi. Ancien député français au Parlement européen, ex-conseiller régional de Picardie, l’homme a démissionné de son mandat de député. Il se confie en exclusivité aux Nouvelles de France.

Maxime Gremetz, pourquoi démissionner ?

Parce que je n’ai plus les moyens de réaliser mon travail comme il convient.

Les sanctions qui vous touchaient depuis le 12 avril étaient pourtant passagères…

Il y a deux explications. Tout d’abord ces sanctions injustifiées. Accoyer devra d’ailleurs en répondre devant un juge en juillet (2011, ndlr). Comme je vous le disais l’autre fois, il n’y a jamais eu de précédent. Même lorsqu’il a été coursé jusqu’à l’hôtel de Lassay par des députés socialistes qui voulaient lui casser la gueule après qu’il ait supprimé 141 interventions lors des débats sur la réforme des retraites, il n’y a pas eu de sanctions. C’est cet homme qui tolère que le groupe UMP invite un journaliste condamné pour propos racistes et xénophobes, Eric Zemmour, dans les murs de l’Assemblée nationale. Si Jean-Louis Debré était encore Président de l’Assemblée nationale, ça ne se serait pas passé comme ça, je peux vous le dire !

« Jean-Louis Debré faisait respecter le Parlement ! Il n’était pas à la botte du gouvernement, comme Accoyer. »

Jean-Louis Debré était un bon Président, selon vous ?

Lui faisait respecter le Parlement ! Il n’était pas à la botte du gouvernement, comme Accoyer. S’il avait été Président en avril, il aurait dit aux chauffeurs de ces dix voitures noires qui bavardaient entre eux, de dégager, d’aller se garer ailleurs. 

Venons-en à la deuxième explication à votre démission…

Dans la foulée, non contente d’avoir réclamé à Accoyer des sanctions à mon encontre, la composante communiste du groupe « Gauche démocrate et républicaine » en profite pour exiger mon exclusion du groupe.

Vous nous aviez expliqué qu’Yves Cochet, le Président du groupe, ainsi que la composante écologiste, n’avaient pas signé la lettre…

Ceux-là n’ont rien décidé du tout. Dans nos accords politiques avec les Verts, très mauvais quand on sait que le temps de parole d’un écologiste vaut celui de quatre communistes – voilà ce que c’est que de vouloir des accords à tout prix – il est écrit que lorsqu’une composante décide l’exclusion d’un de ses membres, l’autre ne peut s’y opposer. Me retrouvant sans groupe, je n’ai plus la possibilité de prendre la parole, je ne peux plus faire mon travail de député.

C’est-à-dire ?

Je ne suis pas un demi-député. Je n’accepte pas de faire de la figuration à l’Assemblée nationale pour avoir ma paye. Je n’ai pas les moyens de travailler, de jouer pleinement mon rôle ? Je démissionne ! Il est hors de question que je me fasse payer par la République pour ne pas faire mon travail complètement. Moi, je ne sais pas faire ça… Désormais, il n’y aura plus de député ouvrier à l’Assemblée nationale. J’ai la dignité de ne pas faire semblant et de ne pas me promener dans les couloirs du Palais Bourbon. Vous savez, j’ai trop de respect pour le Parlement et pour les électeurs pour être un demi-député. Je préfère démissionner. Les ouvriers, nous n’avons pas grand chose mais il nous reste au moins la dignité !

« Les ouvriers, nous n’avons pas grand chose mais il nous reste au moins la dignité ! »

Toujours candidat à l’élection présidentielle de 2012 ?

Au PCF, ils n’ont pas pris en compte ma candidature, pourtant effectuée dans les formes, lors du dernier conseil national. Ils n’ont pas eu la politesse de me dire pourquoi. Mais je suis toujours favorable à une candidature vraiment communiste…

Ne plus être député ne vous handicape-t-il pas ?

Il n’y a pas besoin d’être élu au Parlement pour être candidat à la présidentielle ou pour soutenir un candidat vraiment communiste.

Maintenant que vous n’êtes plus député, qu’allez-vous faire ?

Vous savez, je suis militant communiste depuis mes 15 ans. Il y a beaucoup à faire ! Je ne vais pas laisser tomber les gens. Je ne regrette pas d’avoir démissionné. Ne pas le faire aurait apporté de l’eau au moulin des antiparlementaristes comme le Front national.

Les honneurs ne vous manquent pas ?

Je m’en moque, des honneurs ! Je souhaite rester fidèle à ma ligne de conduite : droiture et vérité pour les gens.

Est-ce que des députés vous ont rendu hommage ?

Oui, même des députés de droite, figurez-vous ! Je pense par exemple à Jérôme Bignon (député de la Somme, ndlr). Tout le monde au Parlement s’accorde pour dire que je suis un homme de convictions.

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