Annick du Roscoät : « Avec Gilles Bourdouleix, le CNIP est mort ! »

Annick du Roscoät a été Présidente du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) de 2000 a 2009. Elle réagit avec virulence sur Nouvelles de France, aux polémiques qui ont récemment secoué le parti d’Antoine Pinay (nos articles ici et ).

Vous êtes, paraît-il, passé en commission de discipline du CNIP. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Je suis au CNIP depuis plus de 25 ans, en ai été la Présidente pendant plus de 10 ans et me suis récemment insurgée contre ce qu’il devient. J’ai lu dans la presse que 93% des adhérents avaient voté pour une alliance avec Jean-Louis Borloo, ce qui est absolument grotesque. J’ai rédigé un communiqué et Gilles Bourdouleix (l’actuel président du CNIP, ndlr) est entré en colère. Je vais vous dire, je m’en tape ! J’ai en effet été convoquée au bureau politique mardi mais j’avais prévenu que je ne pourrais pas m’y rendre. J’ai appris plus tard qu’il devait y avoir une commission des conflits à la même occasion : elle n’a pas eu lieu puisque je n’y étais pas.

Pourquoi cherche-t-on à vous évincer ?

Gille Bourdouleix veut m’évincer car il sait que je suis quelqu’un de caractère qui ne se laisse pas manipuler et que je l’em… Il veut réaliser une alliance pour les législatives avec Borloo alors qu’elles auront lieu après les présidentielles, ce qui est aberrant. Bourdouleix sait qu’il doit m’éliminer parce que moi, je n’ai pas ma langue dans ma poche. Depuis qu’il est à sa tête, beaucoup de gens ont démissionné du CNIP.

“Le CNIP n’a jamais été un parti centriste.”

Quel est le but de Gilles Bourdouleix en réalisant cette alliance avec Jean-Louis Borloo selon vous ?

Il doit vouloir trouver un poste de ministre, il ne voit que son intérêt personnel. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont nos idées. Or le CNIP n’a jamais été un parti centriste, c’est un mouvement de tradition et la tradition n’est pas centriste. Quand Bourdouleix dit qu’il est contre le “mariage” homosexuel et l’adoption par les homosexuels, comment voulez-vous qu’il puisse l’imposer à Borloo et aux gauchos qui sont avec lui ? S’il avait pris l’habitude de se mettre sur le devant de la scène, à la rigueur on pourrait le croire mais il ne mouille jamais la chemise

Si la nouvelle orientation du CNIP vous déplaît, pourquoi l’avoir choisi pour vous succéder ?

Il était au CNIP depuis 4 ans et pendant cette période, il était toujours d’accord avec nos décisions et avec moi. C’est un peu comme un mariage dans lequel l’un des conjoints découvre un peu tard que l’autre conjoint le trompe. Il a déjà réalisé une alliance avec les centristes pour les sénatoriales à Paris par l’intermédiaire de Jérôme Besnard qui est un faux derche. D’ailleurs je n’ai jamais pu l’encaisser celui-là…

Que reprochez-vous principalement à votre successeur ?

La première chose, c’est qu’il n’écoute pas les gens. Gilles Bourdouleix prend ses décisions sans concertation. La seconde, c’est qu’il n’est pas question que le CNIP aille à gauche, d’ailleurs les membres ne suivront pas. Gilles Bourdouleix pipote ensuite en disant qu’il ne votera pas Borloo pour les présidentielles. Or, s’il ne soutient pas Borloo pour les présidentielles, ce dernier enverra paître le CNIP pour les législatives

“Bourdouleix m’a traité de catho ringarde.”

Vous n’étiez pas toujours écoutée sous l’ère Chirac

Chirac écoutait. Il ne prenait pas forcément en compte nos suggestions mais il les écoutait avec intérêt. Je le connaissais et m’entendais bien avec lui, même si je le traitais de « radsoc », ce qui le faisait rire. En tout cas il nous écoutait et nous respectait.

Comment voyez-vous l’avenir du CNIP ?

Aujourd’hui le CNIP est une tyrannie. Le premier clash entre Gilles et moi a eu lieu à la suite d’un entretien qu’il avait accordé fin 2009 a un site internet par l’intermédiaire de Gonzague de Chantérac. Sur ces entrefaites, j’avais pris la défense de Gonzague. J’avais également dit à Gilles Bourdouleix qu’il fallait revoir l’ordonnance de 1945 afin d’interdire l’adoption par les célibataires et à ce moment là, il m’a dit que j’étais une catho ringarde. Et alors ? C’est vrai que je suis catho avant tout : je défends mes valeurs et je continuerai ! Gilles Bourdouleix va tuer le CNIP. Avec lui, le CNIP est mort. Les vraies valeurs du CNIP, il s’en fout. Cet homme a du caractère mais il ne le met pas au service de ses idées…

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2 Commentaires

  • Alain , 23 Juil 2011 à 14:06 @ 14 h 06 min

    Qui est ce Jérôme Besnard ?

  • paritolog , 5 Août 2011 à 1:31 @ 1 h 31 min

    mais non !
    “revoir l’ordonnance de 1945 afin d’interdire l’adoption par les célibataires ”
    l’adoption “mono” c’est une loi de 66 et d’ailleurs c’est mon mouvement qui a
    commencé à demander son abrogation à Renaud Muselier dans la foulée de
    sa pétition nationale contre l’adoption par 2 personnes de même “sexe” …
    quant à Mme du R…. elle a été “religieusement” sourde à Nantes vers
    93-94 quand sos-papa (je) a voulu la joindre pour travailler ensemble …
    du reste sa vulgarité langagière rétablit rétrspectivement notre Honneur
    bafoué par sa morgue : peu lui chaut les Valeurs, son Ego pré-domine …

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