Toujours la Grèce

par Alain Bournazel, du Comité de rédaction des Cahiers de l’Indépendance.

L’actualité internationale oblige à revenir sur la situation de la Grèce. Il est probable que nous aurons à en reparler tant l’affaire est intense et tragique. Comme le plus souvent en de telles situations, la crise économique se prolonge par une crise politique qui amplifie les problèmes.

Si on veut bien résumer cette triste affaire, le Grèce n’aurait jamais dû solliciter son entrée dans la zone euro et les responsables de la zone euro n’auraient jamais dû accepter d’accueillir la Grèce. Pendant des années, la Grèce a vécu dans l’euphorie d’un univers enchanté ; la mutualisation des risques au sein de la zone euro lui a donné l’illusion que les risques avaient été abolis. L’Espagne, elle aussi, a été victime de ce mirage.

Le réveil est brutal. Le plan de rigueur imposé l’an dernier en contrepartie d’un prêt de 110 milliards d’euros a anémié l’activité économique. Résultat, le chômage atteint des niveaux record. Pratiquement un jeune sur deux est à la recherche d’un emploi. Les fonctionnaires ont dû renoncer à deux mois de traitement. La TVA est passée de 19 à 23%. Toutes ces mesures n’ont pas empêché la dette de croître. Elle atteint aujourd’hui 350 milliards d’euros et les taux d’intérêts pour son refinancement sur les marchés internationaux s’élèvent au niveau insensé de 17,5%.

La crise grecque pose un problème crucial au sein de la zone euro. Les eurocrates avaient tellement vanté les mérites de la monnaie unique qu’ils sont aujourd’hui tout éberlués d’une crise pourtant prévisible. La vérité, c’est qu’au sein de la zone euro, la Grèce ne peut s’en sortir. La vérité aussi c’est que Nicolas Sarkozy qui s’est fait un chantre de la construction européenne met tout en œuvre pour prolonger l’euro jusqu’aux élections présidentielles de 2012. Pour ce qui se passera après cette échéance, l’impasse est faite. Mais la France qui est le principal créancier sera peut-être fortement éprouvée à son tour si la Grèce ne peut faire face à ses obligations. Face à un problème essentiel qu’ils ont trop longtemps caché, les politiques qui nous gouvernent ne connaissent que la ruse et la dissimulation.

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