Véronique Bouzou : « la théorie du gender est à mettre au même niveau que le créationnisme »

Professeur de collège et de lycée, l’auteur de Ces profs qu’on assassine répond sans langue de bois aux questions des Nouvelles de France.

Véronique Bouzou, commet réagissez-vous à l’arrivée de la théorie du gender dans le programme de sciences de la vie et de la terre en classe de 1ère ?

Ça ne m’étonne pas puisqu’il n’y aurait soi-disant plus de race, plus de sexe, plus de beau (il n’y a qu’à voir les expositions comme celle du “Piss Christ” à Avignon dans lesquelles on amène les élèves), plus de bien et plus de mal. On nage en plein relativisme ! Dans les programmes d’histoire, on donnait déjà la parole aux minorités ethniques. En sciences de la vie et de la terre, c’est maintenant aux minorités sexuelles qu’on la donne. Il y a une véritable adaptation des programmes aux minorités. La théorie du gender aurait pu faire l’objet d’une discussion en cours de philosophie car sur le plan scientifique, elle est plus qu’hasardeuse : on est en plein dans l’idéologie. La théorie du gender est à mettre au même niveau que le créationnisme. C’est très dangereux et c’est pourquoi, je salue l’action du blog “Ecole déboussolée” qui a lancé une pétition pour alerter le ministre de l’Education nationale Luc Chatel et les parents d’élèves.

Vous pensez qu’ils ont des chances de faire changer d’avis le ministre ?

Si de nombreux parents d’élèves se manifestent, notamment via cette pétition, ils peuvent le faire évoluer, surtout en cette période pré-électorale. S’il y a un moment propice pour revendiquer, c’est sans doute l’actuel !

Comment réagissez-vous au développement de plus en plus rapide du hors contrat en France ?

J’y suis favorable. Ainsi, un collègue professeur d’histoire-géographie David Barbaud est en train de monter un établissement privé hors contrat et laïc : Scolaria Excellence. Par ses tarifs compétitifs, il est ouvert aux classes moyennes. La première classe ouvre à la rentrée 2011 à Gisors. Son fondateur compte monter des établissements dans toute la France. L’histoire y sera enseignée de manière chronologique. Parce qu’aujourd’hui, les élèves mélangent tout. Il y en a qui situent Victor Hugo au Moyen Âge à cause de son roman Notre-Dame de Paris ! Quand ils viennent de milieux aisés et fréquentent des expositions ou visitent des musées, la famille compense. Quand ils n’ont pas cette chance, c’est dramatique… Evidemment, l’idée de proposer des écoles différentes, c’est un crime de lèse-majesté pour un professeur du public ! Pour ma part, le fait de voir d’un bon œil le hors contrat ne m’empêche pas de vouloir sauver le public et mieux structurer le programme. Je suis convaincue que ça passera par la remise en cause du collège unique. Rien n’empêche de créer d’autres structures dont pourraient s’inspirer le public. L’émulation créée par la concurrence peut être positive !

Comment expliquer ce développement du hors contrat alors qu’il existe un enseignement privé sous contrat, véritable alternative au public ?

Dans le public, la majorité des élèves n’arrive pas à étudier dans le calme. Certains parents font alors le sacrifice financier de mettre leur(s) enfant(s) dans une école privée sous contrat. Le problème, c’est que le privé sous contrat rencontre les mêmes problèmes que le public. D’où l’émergence du hors contrat. Comment s’en étonner ? Les parents veulent toujours offrir le meilleur à leurs enfants. La vraie raison, ce ne sont pas les grèves d’enseignants du public, ni le niveau des professeurs au moins autant diplômés que ceux du privé sinon plus, c’est l’absence de calme pour étudier : les élèves doivent subir des menaces de racket, des agressions verbales, des intimidations diverses, des insultes (“bolos” pour “fayot”). Et puis, il y a la dérive idéologique. On se croirait dans le film P.R.O.F.S avec Patrick Bruel et Fabrice Luchini :

Quelles furent les réactions de vos collègues à la sortie de Ces profs qu’on assassine ?

Pour alerter l’opinion sur les suicides de professeurs, j’ai réalisé un véritable travail de journaliste en enquêtant dans un hôpital psychiatrique, en rencontrant des juristes, en dénonçant certaines maximes comme celle selon laquelle “il n’y a pas de mauvais élèves, il n’y a que des mauvais professeurs”. Et la semaine de la sortie de mon premier livre, un professeur s’est suicidé. Tous les médias me sont alors tombés dessus. Le soir-même, j’ai reçu un coup de fil de Xavier Darcos, alors ministre de l’Education nationale : il souhaitait me rencontrer. Le ministre m’a reçu dans son cabinet avec un conseiller. On a discuté. Il m’a semblé de bonne foi mais m’a paru impuissant. Je me souviens qu’il m’avait conseillé d’écrire un livre dénonçant la mainmise des syndicats sur l’Education nationale. Je pense d’ailleurs que le problème, c’est davantage la politisation des syndicats que l’existence des syndicats qui restent un contre-pouvoir… Le fait d’avoir rencontré le ministre et d’être invité dans beaucoup de médias m’a permise de ne pas devoir me justifier auprès de mes collègues : je n’en ai tout simplement pas parlé avec eux.

> le blog de Véronique Bouzou

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7 Commentaires

  • Paul-Emic , 25 Juin 2011 à 8:51 @ 8 h 51 min

    Il y a quand même une grosse différence entre le créationnisme et la théorie du genre, c’est que la première n’est pas , en France, enseignée dans les écoles, d’autre part qu’elle n’a qu’une influence négligeable sur le comportement tout à la fois social et quotidien des individus.

  • Budelberger , 26 Juin 2011 à 22:29 @ 22 h 29 min

    B’en dis donc, elle cause bien mal le fronçé de Fronçe, c’te prof’ ! Bon, il y a la retranscription de ses propos par « Nouvelles de France » qui nous vaut deux belles coquilles – elle pourrait demander à relire ses dires, la Dame –, mais il y a quand même deux emplois qui semblent être du fait de la Donzelle ; ami lecteur – déjà souris, rien qu’à me lire, t’es filmé ! –, sauras-tu-t-il les retrouver ?…

  • alloin marc , 27 Juin 2011 à 16:35 @ 16 h 35 min

    Des le debut j ai deja mon idee l amalgame avec creationisme et gender!!!!!la sante mentale m inquiete pour qui se prend elle pour remettre en question une opinînion qui fait autorite chez des millions d individus et non des moindres ,le peuple elu qui a suscite plus de genies qu un autre peuple il n y a que depuis notre “revolution” qu il y a plethore de mediocres et paiens ,avant le genie et la reconnaissance de Dieu et ses oeuvres etaient reconnus ,je dois rendre hommage aux chetiens honnetes qui eux aussi sont creationistes

  • Casterman , 27 Juin 2011 à 17:25 @ 17 h 25 min

    S’il vous plaît, commencez à vous exprimer correctement !
    La communication devient impossible avec votre langage.
    Et on se demande si votre pensée est plus cohérente.
    Nous sommes décidément en pleine régression mentale !

  • Casterman , 27 Juin 2011 à 17:29 @ 17 h 29 min

    Je rajoute que l’interview de Véronique Bouzou est très intéressante.
    Voilà qui donne à penser — à ceux qui ont encore un peu d’esprit.
    Merci et félicitations à celle-ci et à NOUVELLES DE FRANCE !

  • genai jean michel , 27 Juin 2011 à 17:30 @ 17 h 30 min

    je suis retraité de l’éducation dite nationale, je peux dire que de 1957 (date de mon entrée dans la grande maison, pour 37,5 années) j’ai vu évoluer les choses, les gens et la perception que chacun a des autres…c’est un fait qui n’ a plus besoin d’être prouvé, l’école d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle des années antérieures à 1968..
    Tout a été déclenché à cette époque, le jour où certains ont cru intelligent de crier et d’écrire
    “il est interdit d’interdire”
    De là se sont enchaînés des dérives de plus en plus importantes, le laxisme a fait le lit de la violence. L’aculturation, celui de l’ignorance…quand je lis des propositions de devoir de certains professeurs j’ai envie de hurler : orthographe , constructions de phrases, théories pseudo philosophiques qui sont des tentations idéologiques, tout part dans tous les sens…
    Alors si en plus on arrive à théoriser sur la nature de l’homme avec le concept du “gender” on va nous fabriquer des jeunes adultes totalement coupés de leurs origines biologiques, doutant de tout , de tous et d’eux mêmes…on crée un monde où plus rien n’est assuré, le doute est partout on finit par se demander “suis-je moi ou un autre, et parfois une autre”? On doutera de soi, des des autres et des choses on en arrivera à la situation de Hamlet devant le crâne…être ou ne pas être.
    Je préfère être à mon âge qu’à celui des jeunes professeurs entrant dans la carrière.
    Nous au moins, nous avions nos certitudes: 1+1=2 B+A=BA

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