Anne-Laure Blanc : Solidarité pour Tous propose «une aide financière, juridique, morale et sociale» aux victimes de la répression policière

Nouvelles de France a rencontré Anne-Laure Blanc, la Présidente de Solidarité pour Tous, une association au service des défenseurs de la famille victimes de violences et d’injustices. Entretien.

Anne-Laure Blanc, vous venez de créer l’association Solidarité pour tous. Quel est votre objectif ?

Cette association est née fin avril, quand plusieurs personnes et moi-même avons compris que la répression de la grande manifestation du 24 mars n’était qu’un prélude à des actions toujours plus idéologiques de la part du pouvoir en place. Lors de cette manifestation, des enfants, des personnes vulnérables, des manifestants pacifiques ont été victimes de puissants jets de gaz lacrymogène. Ce scandale nous avait déjà interpellés, si je peux me permettre ce jeu de mots.

Quelques jours plus tard, un mouvement pacifique du Camping pour tous s’est soldé par 67 gardes à vue. Pour avoir posé des tentes aux abords de l’Assemblée.

Et voilà que, le 13 mai, à l’issue de la victoire du PSG, le Trocadéro est envahi par de vrais casseurs lors d’une véritable émeute urbaine. Là, les forces de l’ordre, après avoir assisté au pillage d’un car de touristes et à la mise à sac de magasins et de restaurants, mettent en garde à vue 47 casseurs. Un « petit score », inexpliquable.

Et cela vous a choqué ?

Oui, cela m’a profondément choquée. En tant que mère de famille nombreuse, je me réjouissais de voir autant de jeunes garçons et de jeunes filles défendre le mariage et la famille traditionnelle : un papa, une maman, des enfants. Voir ces jeunes gens bien élevés accepter de prendre des risques considérables non pas pour de petits intérêts catégoriels, mais au nom d’une conception de la société que nous sommes nombreux à partager, cela m’a fait chaud au cœur. Savoir qu’ils passaient la nuit dans des cellules infectes, qu’ils pouvaient craindre pour leur travail ou leurs études, cela m’a révoltée. Et de la révolte à l’action, chez moi, il n’y a qu’un pas !

C’est donc ce « deux poids, deux mesures » qui vous a incité à agir ?

Et comment ! Dans les semaines qui ont suivi cette grande manifestation, les médias alternatifs se sont, presque chaque jour, fait l’écho de violences, de réactions disproportionnées, de mises en garde à vue, d’interpellations abusives. Je crois que, depuis le 26 mai, nous avons dépassé les 1 000 gardes à vue ! On parle maintenant de dommages et intérêts, de travaux d’intérêt général, voire de prison avec sursis ou même de comparutions immédiates. Sans que la presse « officielle » s’en émeuve beaucoup, sauf à reproduire des dépêches « soufflées » par le gouvernement, dont la communication est de plus en plus coupée de la réalité du terrain. Il m’a semblé que l’on se moquait allégrement des jeunes manifestants, et notamment des veilleurs pacifiques.

Qu’est-ce que cela signifie, d’être gardé à vue ?

Dans un premier temps, la personne, après avoir été interpellée, est conduite en « panier à salade » dans un commissariat. Pas forcément le plus proche du lieu de l’événement. C’est pourquoi, depuis quelques semaines, le dépôt de la rue de l’Évangile, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, retentit souvent de chants de marins ou de chants scouts. L’identité pourrait, comme cela se passe souvent, être vérifiée dans la rue. Mais non. Un petit tour de Paris, toutes sirènes hurlantes, cela est censé mettre en condition. Si la police se suffit d’une interpellation, la personne doit être relâchée en moins de quatre heures. Charge à elle de retourner comme elle le peut dans ses foyers.

Dans le cas où les autorités décident d’une garde à vue, le processus va durer plus longtemps, jusqu’à 24 heures renouvelables.

Que conseillez-vous au gardé à vue ?

Prévenir au plus vite sa famille ou ses amis, avant la confiscation de son portable, c’est bien, car ils peuvent venir vous soutenir à votre sortie ou faire passer les informations par les réseaux sociaux. Mais cela ne suffit pas ! Malgré les éventuels « bons conseils » ou intimidations des officiers de police judiciaire, il est très fortement conseillé de demander la présence d’un avocat et d’un médecin. Ce à quoi les victimes ont droit dès le début de leur garde à vue, et au plus tard dans les deux heures qui en suivent la signification. Puis, dès leur sortie, Solidarité pour tous leur conseille d’aller porter plainte pour interpellation ou garde à vue abusive. Car le deuxième round sera judiciaire. Il s’agit d’engager des poursuites, de déposer une plainte auprès des services de police ou de gendarmerie, ou auprès du Procureur de la République, de se constituer partie civile, voire de saisir l’inspection générale de la police nationale… Comme vous le voyez, j’apprends sur le tas à connaître les méandres de notre système judiciaire !

Solidarité pour tous conseille surtout aux victimes, si elles ne connaissent pas d’avocat pénaliste habitué à ce genre de situation, de contacter au plus vite l’association. En nous informant de leur « aventure », celle-ci ne tombera pas dans l’oubli, mais pourra servir de témoignage.

Quand les témoignages s’accumulent, les murs de l’indifférence ne peuvent que tomber…

Vous avez parfaitement raison. Il s’agit bien de faire connaître ces injustices, d’assurer une veille quotidienne, tout en assurant les victimes que nous serons attentifs, le cas échéant, à leur anonymat. Il ne s’agit pas de se donner des frissons gratuits en faisant l’expérience de la garde à vue. Il s’agit de travailler tous ensemble dans le même but : la défense de nos valeurs communes.

Nous en arrivons donc à la raison d’être de votre association…

Oui, le but de Solidarité pour tous est bien d’apporter aux victimes, à toutes ces victimes de violences policières injustifiables, une aide financière, juridique, morale et sociale.

En effet, les procédures sont coûteuses et il n’est pas évident que l’aide juridictionnelle gratuite leur sera accordée, comme elle est accordée aux voyous de toute espèce.

De plus, les victimes de ces violences arbitraires peuvent avoir besoin de soins médicaux, si ceux-ci ne sont pas remboursés, ou d’un coup de pouce pour payer un titre de transport (pour rentrer chez soi depuis le XVIIIe arrondissement, la nuit, mieux vaut prendre un taxi), une baby-sitter (de jeunes mamans ont été retenues plusieurs heures), que sais-je encore ? Si des manifestants étaient condamnés à de la prison ferme, ne nous incomberait-il pas d’aider leur famille dans le besoin ? Bien sûr, ces aides ne seront pas attribuées au petit bonheur la chance, mais après une étude approfondie de leur dossier et après concertation au sein d’un « comité des dons ». En toute indépendance et en toute transparence, cela va sans dire.

Nous espérons que cette démarche bénévole, au service du bien commun, sera comprise de nos concitoyens qui, comme nous, défendent la famille et la filiation.

> Vous pouvez contacter Solidarité pour tous à cette adresse : [email protected]
> Site officiel

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52Commentaires

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  • 0 / 10
  • JLuc , 5 juin 2013 @ 17 h 18 min

    je viens de faire un don via Paypal, ça marche.
    L’association a été déclarée :
    Association : SOLIDARITE POUR TOUS.

    Identification R.N.A. : W751219625

    No de parution : 20130019
    Département (Région) : Paris (Île-de-France)

    Lieu parution : Déclaration à la préfecture de police.
    Type d’annonce : ASSOCIATION/CREATION

    Déclaration à la préfecture de police. SOLIDARITE POUR TOUS. Objet : développer des actions à caractère civique, culturel, pédagogique, caritatif ; développer la solidarité et venir en aide aux personnes en difficulté ; relayer et aider d’autres initiatives ayant des buts proches d’elle pour une meilleure solidarité ; mener des actions de sensibilisation ; faire toute proposition et campagne d’information auprès des institutions et du public qu’elle jugera utile concernant son objet social ; pourra intervenir en tous lieux. Siège social : 54, rue Saint Lambert, 75015 Paris. Date de la déclaration : 30 avril 2013.
    Il n’y a pas de raison que les dons ne puissent être pris en compte dans les déclarations de revenus.
    JLuc

  • F31 , 5 juin 2013 @ 17 h 22 min

    Bonjour,

    La manif pour tous a mis en garde contre Solidarité pour tous et a demandé de ne pas lui verser d’argent. Il semble que ce soit une escroquerie.
    http://www.bfmtv.com/societe/manif-veut-saisir-justice-529118.html
    Il serait bon que NDF se renseigne sur ce sujet.

  • sergio , 5 juin 2013 @ 18 h 05 min

    Charles ,
    Un ” mur des cons ” , en somme ?…..

  • Eric Martin , 5 juin 2013 @ 18 h 05 min

    1. Ce n’est pas une escroquerie sinon NDF n’en parlerait pas.
    2. Ludovine de La Rochère est au courant depuis le début de cette initiative.
    3. La situation a été réglée.

    Merci, par conséquent de ne pas propager de rumeurs.

  • Diex Aïe ! , 5 juin 2013 @ 18 h 27 min

    Non mais je rêve! Anne-Laure Blanc sacrifie sa vie depuis toujours au service des autres ! Propager ce genre de rumeur est ignoble !

  • Luc Ruy , 5 juin 2013 @ 18 h 29 min

    Voir aussi cet article du Point : EXCLUSIF. Un lycéen de 14 ans accuse la police de l’avoir roué de coups

    PS : Regardez la photo qui illustre l’article puis sa légende, il y a un joli décalage ! (en revanche, l’article est intéressant !)


    “Je vous préviens, votre fils est abîmé, vous pouvez porter plainte.” Lorsque la mère de Marc, 14 ans, s’est rendue le 27 mai dernier au commissariat d’Ivry-sur-Seine, où son fils avait été placé en garde à vue la veille, l’officier de police judiciaire paraissait très embarrassé. Depuis, les parents du lycéen ont porté plainte contre X pour “violences policières”.
    […]
    “L’histoire de Marc n’est pas un cas isolé”, affirme Me Triomphe, l’avocat de la famille. “Nous disposons de nombreux témoignages évoquant des brutalités policières. Cela traduit un sentiment d’impunité inquiétant.” En regardant des vidéos postées par les manifestants sur Facebook, Marc aurait identifié l’un de ses agresseurs présumés. Une nouvelle plainte du lycéen devrait être déposée devant le procureur de la République de Paris vendredi après-midi, avec une centaine d’autres par une quinzaine d’avocats du barreau de Paris. “Ce n’est qu’une première série”, prévient Me Triomphe. Quelques-unes de ces plaintes concernent des “brutalités policières”, mais la plupart sont relatives à des “arrestations ou détentions arbitraires”.”

  • Charles , 5 juin 2013 @ 18 h 49 min

    Tout a fait.

    Notre force face a la farce de la poulice polysexuelle
    ,ce sont les videos qui permettent des captures d’ecran
    puis des diffusions sur le ouaib et des impressions papier pour des expos.

    Il faut constituer une suite de lieux (RDC d’immeubles etc) que les proprietaires veulent bien soit mettre a disposition pour une journée soit mettre a disposition pour une periode predefinie (bail precaire).

    Ceci aupres d’une personne morale ou physique qui soit credible et donne toutes les garanties de restitution en l’etat et l’absence de nuisances de voisinage.

    Idealement,il faut trouver dans toutes les grandes villes de fronce
    des espaces centralement situés pour servir de base de resistance
    et de diffusion des violences poulicieres polysexuelles telecommandées
    par les differentes fraternités ripoublikaines en place.

    in fine,il faut etre pret a tenir jusqu’aux municipales de mars 2014
    puis les europeennes de juin 2014.

    Certes,il n’existe pas encore de structure d’accueil ni de pilote ,
    mais peu importe a ce stade.

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