Benoît XVI devient un «simple pèlerin»

Tribune libre de Charles Le Bourgeois*

« Ce n’est bien évidemment pas un jour comme les autres » disait Benoît XVI avant de se retirer définitivement de ses fonctions. Et pour cause, les lumières sont éteintes dans ses appartements place Saint-Pierre ce jeudi soir. Une journée particulièrement longue et éprouvante pour ce pape émérite qui a salué une dernière fois jeudi matin le collège cardinalice, et autres prélats de la Curie. Lors de cette ultime rencontre, salle Clémentine au Vatican, le cardinal doyen, Angelo Sodano, s’est adressé à Benoît XVI de la part de ses pairs, le remerciant pour son « service apostolique de grande abnégation, totalement tendu vers le bien de l’Église et de l’humanité ». Et en faisant référence à l’expérience des disciples d’Emmaüs, il poursuit : « c’est avec amour que nous avons essayé d’accompagner votre chemin…Oui, très Saint-Père, notre cœur brulait ces dernières années à vos côtés et, aujourd’hui, nous voulons vous redire toute notre gratitude ».

Benoît XVI, quant à lui, dans une courte allocution est revenu sur la nature de l’Église, faisant référence au philosophe et théologien Romano Guardini : « L’Église n’est pas une institution inventée, mais une réalité vivante. Elle vit au long des siècles et grandit comme tout être vivant, en se transformant, tout en restant elle-même, car son cœur est le Christ…Vivant dans le monde, elle n’est pas du monde, mais de Dieu, du Christ et de l’Esprit ». Lors de ces échanges l’émotion était forte, certains pleuraient, d’autres étaient au bord des larmes. Benoît XVI, visiblement fatigué mais attentif, a pris le temps de saluer une toute dernière fois les cardinaux présents, et a promis révérence et obéissance inconditionnelles à son successeur.

Plus tard dans l’après-midi, aux alentours de 17h, Benoît XVI a embarqué à bord d’un hélicoptère, pour se rendre dans son palais d’été, survolant notamment la place Saint-Pierre, dont les cloches de la basilique sonnaient à toute volée pour un dernier hommage.

À peine vingt minutes plus tard, le souverain pontife arrive à Castel Gandolfo où l’attendaient plusieurs milliers de fidèles venus lui dire adieu. Face à eux, depuis le balcon du palais pontifical, il est apparu une dernière fois. Les remerciant pour leur amitié et leur affection il a redit son désir de continuer à travailler pour l’Église avec tout son cœur, avec tout son amour, avec sa prière et avec toutes ses forces intérieures. Puis il les a exhortés à aller « de l’avant avec le Seigneur pour le bien de l’Église et du monde ». Voilà en substance le dernier message lancé par Benoît XVI à la foule, en qualité de pape. C’est la première fois depuis 700 ans qu’un souverain pontife peut faire ses adieux aux fidèles. Désormais il devient, selon ses propres termes un simple « pèlerin qui entame la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre ».

*Charles Le Bourgeois est journaliste. Il a notamment travaillé à Radio Vatican.

Lire aussi : Noble départ de Benoît XVI

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4 Commentaires

  • Goupille , 1 Mar 2013 à 9:42 @ 9 h 42 min

    Chacun, hier, y est allé de sa larme, à un moment ou a un autre.
    Le combat intime de la Foi, de la Raison et du coeur : un résumé du christianisme.

    L’Eglise n’a plus de Pontife. La responsabilité temporaire repose, aussi, sur chacun du milliard et quelques de Catholiques. Lourde mission.

    Cela ne va pas nous encourager à composer avec les forces de destruction qui grumelotent sur notre territoire… Assemblage homo, pour commencer. Baudruches politiciennes, pour suite. Pets-de-nonnes dérisifs, pour finir.

    Programme tonique, pour un petit matin ensoleillé.

  • Charly , 1 Mar 2013 à 9:55 @ 9 h 55 min

    Merci Goupille, j’ai bien ri de bon matin !

  • Gisele , 1 Mar 2013 à 12:07 @ 12 h 07 min

    Ecoutez le psaume 130 de J. Gelineau ….
    Il lui sied à merveille !!!!!!!!

  • brennou , 1 Mar 2013 à 16:31 @ 16 h 31 min

    Collecte de la messe pro eligendo summo pontifice :
    “Suppliants et humbles, nous vous implorons, Seigneur : que votre immense bonté donne à la sainte Eglise Romaine un pontife tel qu’il vous plaise toujours par son zèle surnaturel envers nous et qu’il mérite la vénération de votre peuple par son sage gouvernement à la gloire de votre Nom.”

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