Des armes contre l’ethnomasochisme

Des armes contre l’ethnomasochisme

Après la boucherie de Barcelone perpétrée par des disciples d’Abdelbaki Es Satty, un « imam normal » de l’avis général, il s’est trouvé des exégètes dont Anthony Bellanger, spécialiste de politique internationale sévissant sur France Inter mais aussi sur BFMTV, pour nous assener qu’après tout, l’Espagne l’avait bien cherché puisque, s’accrochant au Maroc aux enclaves de Ceuta et de Melilla (comptoir ibère dès le IXe siècle av. J. C., soit dit en passant), elle était « le dernier pays colonialiste d’Europe ». Ce qui est oublier qu’en Europe même, et sans que quiconque s’en offusque, des territoires sont toujours soumis à un joug étranger : Gibraltar toujours aux mains des Britanniques, la poméranienne Koenigsberg transformée en oblast soviétique, rebaptisée Kaliningrad par Staline qui en chassa tous les Allemands et toujours occupée par Moscou, et enfin le tiers nord de Chypre envahi en 1974 par Ankara, qui procéda aussitôt au grand remplacement de ses habitants grecs par des colons turcs. C’est oublier aussi que des pays comme la Finlande, qui n’ont jamais possédé le moindre arpent outre-mer, ont pourtant été frappés par le terrorisme islamique. C’est enfin faire bon marché de ce que beaucoup d’anciens colonisés pensent de la colonialisation.

« C’était le paradis ! »

Le premier de ses avocats fut paradoxalement Aït Ahmed, l’un des cinq grands chefs historiques de la rébellion FLN, qui reconnut en 1999 à propos de l’Algérie : « Mais c’était le paradis ! Des fleurs, des fruits, des légumes partout… Maintenant nous manquons de tout : de crèches, d’écoles, d’hôpitaux, de dispensaires », et récidiva dans la revue Ensemble en juin 2005 (« Avec les pieds-noirs et leur dynamisme, l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne. Hélas ! (…) Il y a eu envers les pieds-noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. ») Mais d’autres voix se sont élevées de notre province perdue pour nous inciter à ne plus battre notre coulpe, comme l’avait fait notamment le candidat Macron en Algérie le 14 février dernier en qualifiant la colonisation de « vraie barbarie » et même de « crime contre l’humanité ».

Ainsi, le 9 juillet, le grand quotidien algérien Le Matin publiait un article signé de « La Rédaction », intitulé « Algérie, France, Repentance : et vous, M. Bouteflika, qui vous pardonnera ? » et qui constituait un véritable réquisitoire : « Ce 55e anniversaire de l’indépendance, Bouteflika a préféré parler de “crise économique grave”, appeler le peuple à la “résistance” et exiger des dirigeants français qu’ils se repentent de leurs actes de colonisateurs. Oui, mais cela ne résout pas la question, la seule question qui n’a jamais rencontré de réponse : comment est-on passé d’exportateur de céréales à importateur de pain ?

« En 1962, la part des hydrocarbures dans les ventes à l’étranger n’était que de 53% ! Cela veut dire ce que cela veut dire : 47% de nos recettes provenaient de produits hors-hydrocarbures. Aujourd’hui, ce taux est passé à 3%! L’Algérie ne produit plus rien, n’exporte plus rien. Et ce n’est ni la faute de Bigeard ni celle de Massu ! C’est la responsabilité des “libérateurs” qui ont pris le pouvoir en 1962, et dont notre président est un échantillon fort représentatif. (…) En près de 19 ans de règne, Bouteflika n’aura pas diminué d’un seul dinar la facture alimentaire du pays, bien que les caisses de l’Etat n’aient cessé de déborder de dollars. Huit mille milliards de dollars plus exactement.

« A l’échelle des crimes historiques, condamner 40 millions d’Algériens à la précarité est-il plus pardonnable que le crime de les avoir colonisés ? »

« La soumission tu pratiqueras »

La culpabilisation sciemment entretenue de ce côté-ci de la Méditerranées pour le « crime contre l’humanité » prétendument commis à l’époque coloniale a engendré l’acharnement mis depuis des décennies à imposer l’immigration – illégale comprise –, à imposer la « diversité » et, au mépris de l’évidence, à cataloguer comme islamophobe toute considération établissant la parenté pourtant indéniable entre islam et islamisme. Cette cécité volontaire rend vaine toute tentative de lutte sérieuse contre le djihadisme, comme l’expliquait un autre Algérien, le grand écrivain Boualem Sansal, invité le 13 décembre 2016 de la Fondation Varenne, à Paris. « Désespéré » de constater « jour après jour que la France ne sait toujours pas se déterminer par rapport à l’islamisme » tandis que « le boa constrictor islamiste a eu le temps de bien s’entortiller, il va bientôt l’étouffer pour de bon », ce romancier couronné par l’Académie française mais qui refuse l’exil en France se demande pourquoi, chez nous, « il n’est plus possible, pour personne, de parler de certains sujets liés à la chose sans se voir aussitôt traîné au tribunal et condamné » si bien que, si « on sort encore [du tribunal] avec des amendes et des marques à l’épaule, le jour n’est pas loin où on se verra appliquer la vraie charia » dans un pays pourtant si fier d’être l’héritier des « Lumières ».

C’est donc à la lutte que nous exhorte l’auteur de Dis-moi le paradis (roman qui lui valut d’être ostracisé par le régime de Bouteflika), « combat en premier contre l’armée des “idiots utiles” et des “bien-pensants” qui, avec une poignée de considérations de patronage, ont réussi à paralyser la France et l’ont livrée aux islamistes et demain à la guerre civile : “pas d’amalgame tu feras”, “l’assassin de ton frère est ton frère, des Bisounours tu lui adresseras”, “raciste et islamophobe tu es si tu ne tends pas l’autre joue”, “ta coulpe tu battras, car colonisateur et esclavagiste tu fus”, “de remords et de pénitences tu te nourriras”, “ta place tu céderas, dhimmi tu seras”, “paix, tolérance et soumission tu pratiqueras avec tes agresseurs”. »

On excusera la longueur de la citation mais ce texte, comme celui du Matin, ne devrait-il pas être une arme de destruction massive contre ceux qui, par idéologie et/ou clientélisme tel notre président, et à grands coups d’injections de mauvaise conscience, présentent – et persécutent – comme racistes et nostalgiques des heures les plus sombres les encore trop rares résistants à l’asservissement puis à la dissolution de notre peuple ?

 

 

Camille Galic  – Présent

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