Les femmes de Macron!

Les femmes de Macron!

Exit Marion hélas, ecce Macron (Brigitte) ou plutôt excès puisqu’on ne compte plus les unes et les articles sur cette créature si ravissante, si cultivée, si spontanée. Dans un aveu rafraîchissant, Marion se disait « un peu saoulée par les valeurs républicaines ». Très saoulés par l’ex-Mlle Trogneux et ex-Mme Auzière – dont le fils aîné, Sébastien, est depuis janvier 2016 Senior Vice-Président de Kantar Health, société à capitaux en partie qatariotes qui a acheté, il y a quelques années, l’institut de sondages Sofres devenu depuis Kantar-TNS-Sofres, filiale de WPP, leader mondial des études d’opinions ; un précieux atout quand beau-papa vise la présidence de la République –, passons donc aux autres femmes du « Petit Prince ». En commençant par ses ministresses.

Potiches ou bombes à retardement ? Faites votre choix

L’un des mystères de ce début de quinquennat restera la nomination au ministère des Outre-Mer d’Annick Girardin, simple fonctionnaire territoriale à Saint-Pierre-et-Miquelon mais seule rescapée avec Jean-Yves Le Drian des cabinets de la Hollandie où elle avait hérité de plusieurs maroquins successifs, y démontrant une telle insignifiance que le seul souvenir qu’elle ait laissé est celui de son décolleté vertigineux (qui « ne laisse rien à l’imagination », titra alors le Daily Mail) lors de sa réception en juillet 2015 à Phnom Penh par un Premier ministre cambodgien éberlué. Le sauvetage de cette radicale de gauche s’explique-t-il par sa fraternité avec Le Drian justement mais aussi Gérard Collomb, tous deux piliers du Grand Orient ?

Autre curiosité : la promotion de l’escrimeuse Laura Flessel, promue ministre des Sports la semaine même où les instances tennistiques françaises décrétaient la championne russe Sharapova persona non grata à Roland-Garros car ayant été suspendue pour dopage… comme la Guadeloupéenne l’avait été elle-même en 2002 ! Sans doute est-ce pour faire oublier ce faux pas qu’à peine nommée, la Guadeloupéenne a rendu visite non pas à des sportifs, mais à de jeunes homosexuels car, qu’on se le dise, « la lutte contre l’homophobie et la transphobie dans le sport sera l’une de [s]es priorités ». Et la lutte contre l’éhonté racisme à rebours qui sévit dans le sport, et de manière caricaturale dans le foot, vis-à-vis des indigènes de ce pays, ne devrait-elle pas aussi être prioritaire ?

Rien d’étonnant en revanche dans la nomination de Marielle de Sarnez aux Affaires européennes. Plus surprenante est l’investiture qui lui a été accordée dans la 11e circonscription de Paris par La République en marche qui, au nom du renouvellement de la classe politique, écartait pourtant tout candidat ayant exercé « plus de trois mandats identiques successifs ». Ce qui est le cas de la vestale de Bayrou, élue sans discontinuer au Parlement européen (où elle aussi aurait assigné à son attaché parlementaire des tâches beaucoup plus nationales qu’européennes) depuis… 1999 ! Pourquoi donc l’avoir repêchée ? « Elle n’a jamais occupé de mandat national. » Une argutie typiquement politichienne.

Une fois de plus, Marine Le Pen a été taxée de sectarisme outrancier pour avoir qualifié d’« européiste fanatique » la nouvelle ministre des Armées (dont la nomination a fait piquer une crise de nerfs à Nathalie Kosciuszko-Morizet qui, après ses risettes à Macron, se voyait déjà Rue Saint-Dominique). Mais comment définir autrement la centriste Sylvie Goulard, ancienne conseillère de Romano Prodi alors président de la Commission européenne et ancienne présidente du Mouvement européen-France (ME-F), poste auquel elle avait succédé à Pierre Moscovici ?

Mme Goulard a fait connaître la composition de son cabinet : une foultitude d’énarques et de préfets mais pas un seul militaire si l’on excepte l’ingénieur général de l’armement Benjamin Gallezot, agrégé de mathématiques. Plutôt insuffisant alors que nos armées sont engagées sur des théâtres d’opérations aussi divers que complexes, et plutôt dangereux : s’entourer de quelques vétérans aurait évité à la nouvelle Excellence de compromettre la sécurité de nos troupes par les fâcheuses indiscrétions qu’épinglait ici Franck Delétraz mardi dernier.

Que dire de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, sinon qu’elle est plus ferrée en littérature, ce qui n’est pas difficile, que sa prédécesseuse Audrey Azoulay qui ignorait tout de l’écrivain Michel Butor, pourtant pape du Nouveau Roman ? Et que cette Néo-Française d’origine belge, comme son père Hubert Nyssen, créateur des éditions Actes Sud, est une urbaniste connue pour son indifférence à notre patrimoine architectural mais une zélote du « vivre ensemble », à laquelle fait horreur tout clivage – national, culturel, sexuel ou religieux. Nonobstant, sa nomination a été saluée par des péans. Tout comme celle de Marlène Schiappa, spécialiste de la « vulgarisation des pratiques sexuelles » et surtout fille de Jean-Marc, ponte de la Libre-Pensée dont elle est elle-même une adepte, au point d’avoir fait changer l’intitulé de son secrétariat d’Etat, qui, chargé initialement des Familles, de l’enfance, et des Droits des femmes, a été réduit à l’Egalité des hommes et des femmes (cf. n° 2519 du Bulletin d’André Noël). Vade retro, familias !

Sibeth, Laurence et Mimi, les démiurges de la victoire

Autre Néo-Française de très fraîche date (en juin 2016, après avoir mis de son propre aveu « beaucoup de temps à [s]e décider ») : Sibeth Ndiaye, pas encore ministre mais dont on a beaucoup vu l’imposant séant virevoltant à l’Elysée pendant la campagne et lors de la formation du gouvernement Philippe. Inscrite au PS après l’insupportable traumatisme que fut pour elle la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la présidentielle 2002, ancienne de l’UNEF puis des cabinets de Bartelone et de Montebourg, cette Dakaroise a fait merveille comme chargée des relations presse de Macron, en équipe avec deux autres démiurges de la victoire du 7 mai : la journaliste franco-israélienne Laurence Haïm, très introduite dans l’Establishment washingtonien où elle fut en 2003 l’une des égéries de la « croisade » contre Saddam Hussein – avec les conséquences désastreuses que l’on sait pour l’Irak – et Michèle dite Mimi Marchand, passée du Milieu et sans doute de la taule aux People (1).

PDG de l’agence Bestimage employant des dizaines de paparazzi et bénéficiant par on ne sait quel miracle d’un « contrat moral » avec les Macron, Mimi fut la dea ex machina, via Closer, Gala et surtout Paris-Match (cinq unes avant le premier tour, six pages dans le numéro du 10 mai et 18 dans le numéro du 18), du parcours météorique du futur couple présidentiel, si « atypique » mais follement romantique et sympathique dont il fallait « épaissir l’aura glamour » pour mieux le « vendre chez les coiffeurs et les dentistes ».

Ce qui fut fait. De main de maître. Mais, l’objectif atteint, Closer et Gala ont été avertis que les Macron répliqueraient désormais par voie de justice à toute « ingérence dans leur vie privée ». Plus de confidences intimes sur Manu et Bibi, plus d’émouvantes photos du premier donnant le biberon aux petits-enfants de la seconde, plus d’épanchements amoureux sur papier glacé.

La commedia è finita.

(1) Lire dans le n° 434 de Faits & Documents le portrait très fouillé de cette sulfureuse personnalité du Tout-Paris fréquentant aussi bien les grands flics que les grands voyous, Bernard-Henri Lévy que les milliardaires Niel et Pigasse et la goualeuse Régine que la nouvelle Première dame.

Photo :  À la queue leu leu : Françoise Nyssen (culture), Sophie Cluzel (personnes handicapées), Marlène Schiappa (égalité hommes-femmes) et Muriel Pénicaud (travail).

Camille Galic – Présent

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