Au revoir Michel Delpech

Au revoir Michel Delpech

Chez Laurette (1965)

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Qui est Dieu ? À quoi servent les rites, le pape, la messe ? Quel sens a la vie ? Quelle porte ouvre la mort ? Ce sont les questions dans lesquelles Michel Delpech, la star des Yé-yé des années 60 se plongeait quand il n’était pas sur scène, menant une double vie, de paillettes et de croyant.

Cette double vie il a fini par la révéler début 2014 à son public, à l’âge de 68 ans, dans un petit livre de 240 pages intitulé « J’ai osé Dieu… ». La vedette se remettait alors d’un cancer de la gorge, une épreuve contre laquelle son amour du Christ, rencontré dans son enfance puis perdu et retrouvé entre 15 et 30 ans, pour finalement ne plus le quitter, était parvenu à l’armer, lui faisant oublier toutes les pudeurs à parler du vrai moteur de sa vie : la foi.

Michel Delpech a alors eu envie d’écrire. « Je sais, dit-il, que ce langage est difficilement audible, venant d’un chanteur populaire. Un chanteur de variétés qui lit les Pères de l’Église et ceux du désert est-il crédible ? Une star qui cultive sa vie intérieure en se passionnant pour la théologie a-t-elle le droit de dire qu’il ne s’agit pas d’une toquade passagère ? Je m’y risque quand même parce que je sais que si je m’en allais sans jamais en avoir parlé, j’aurais des regrets. »

Cette foi, il la taisait : par « Peur des railleries. Crainte d’ennuyer son auditoire. De dévoiler ce qu’il a de « bien plus intime que sa vie privée », commente François Vercelletto sur « Etats d’âme ». Mais l’interprète de Chez Lorette et de Pour un flirt a franchi le pas et racontait dans son livre plus de 40 années d’intimité partagée, en coulisse, avec un « guide », un « ami », un « frère » nommé Jésus. « Un Dieu dont il s’était éloigné pendant une quinzaine d’années… avant d’être « happé » par le témoignage d’un moine, à la télé, au début des années 1980 », rapporte François Vercelletto, et qui lui a permis de ne pas sombrer.

« Dieu attend toujours que nous venions à lui. Il n’est pas rancunier. Il nous reçoit même si on le fait patienter ». Michel Delpech a, sûrement, raison.

 

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