Rodin: de belles images ne font pas un beau film! (Bande-annonce)

Le film Camille Claudel avec Adjani dans le rôle-titre et Depardieu dans le rôle de Rodin date de 1987 et a excellemment vieilli. Il fallait donc une certaine audace à Jacques Doillon pour sortir à son tour un Rodin, en cette année du centenaire de la mort du sculpteur (voir Présent du 1er avril 2017).

La froideur des grandes pièces où la terre humide et le plâtre frais glacent les courants d’air, où les modèles frissonnent dans l’inconfort, est rendue par de très belles images. Vincent Lindon fait un bon Rodin, de tempérament, mais comme sculpteur ? On le voit manier la mirette, ce petit outil de creusement dont on ne constate nulle part la trace dans les sculptures de Rodin. Les têtes en terre sur lesquelles il est supposé travailler ne dépassent pas le niveau des têtes que modèlent les amateurs dans les innombrables cours du soir. On ne le voit pas créer de la vie à pleines mains.

Izïa Higelin joue une Camille Claudel assez superficielle, voire sotte (d’avoir voulu la faire « moderne » ?). La colère et la paranoïa qui la gagnent lui donnent du relief, mais le film sonne de plus en plus juste à mesure qu’elle disparaît et du film, et de la vie de Rodin, sans que l’impression d’un ratage s’évanouisse totalement.

 

Samuel Martin – Présent

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