Un Australien condamné à 8 mois de prison pour avoir manifesté pacifiquement contre l’avortement

Graham Preston, 56 ans, a été arrêté mercredi et envoyé en prison vendredi. Il a été condamné à 232 jours de détention. Le “crime” de ce père de sept enfants ? Avoir manifesté pacifiquement contre la pratique de l’avortement devant les portes de quatre cliniques de Brisbane et refusé de quitter les lieux comme le lui demandaient les forces de l’ordre. Mais aussi n’avoir pas payé les multiples amendes infligées à ces occasions – environ 8 000 dollars australiens en dix ans (car tenter de sauver des innocents n’est, explique-t-il, pas un comportement criminel) avant le 6 avril dernier. Le Vendredi Saint, remarquerons nos lecteurs chrétien…

La famille Graham

Graham écrit sur son site qu’“aller en prison n’est évidemment pas quelque chose d’agréable, aussi bien pour la personne qui y est envoyée que pour les membres de sa famille, qui peuvent en être directement affectés. Pourtant, notre conviction, c’est que c’est probablement inévitable si nous voulons voir reconnues et respectées par la loi toutes les vies humaines”. L’Australian Christian Lobby (qui le soutient) rappelle de son côté que, de sa prison de Birmingham, Martin Luther King évoquait “la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes”.

Depuis qu’il manifeste devant les centres d’avortements avec le groupe Protect Life, Graham Preston a déjà été condamné une fois à une peine de prison. Il y a également été envoyé quatre autres fois, jusqu’à onze semaines, au titre de la détention provisoire. Au total, il a été détenu 10 mois en 10 ans, la plupart du temps au centre correctionnel Arthur Gorrie (un établissement pénitentiaire extrêmement sécurisé).

Plutôt discret sur son engagement, Graham Preston offre régulièrement l’hospitalité et de l’aide juridique à des anciens détenus qu’il a pu rencontrer en prison et avec qui il a sympathisé, explique Anne Rampa, une mère de 7 enfants arrêtée une vingtaine de fois en vingt ans pour avoir manifesté pacifiquement devant des centres d’avortement.

Liz Preston, l’épouse de Graham, déclare à LifeSiteNews.com être fière de son mari qu’elle trouve “très courageux”. “Je le soutiens dans toutes ses actions”, explique-t-elle. Certes, la perspective de savoir son mari en prison pendant huit mois est “assez intimidante, mais nous avons compris dès le début que contester la culture de l’avortement nous coûterait cher”. Leur fille Frances, 18 ans, “espère vivre une vie aussi cohérente que celle de (son) père” et va lui rendre visite en prison le plus souvent possible (une visite de la famille par semaine maximum). Quant à Suzannah, 8 ans, elle explique que son papa va “(lui) manquer tous les jours, jusqu’à ce qu’il rentre à la maison en décembre, cinq jours avant Noël”. La petite fille ajoute qu’elle priera pour lui tous les soirs.

Normalement, un citoyen est condamné un jour de prison pour chaque 100 dollars autraliens d’amende non payés. Mais pour prévenir toute récidive, la justice de l’État du Queensland a décidé que dans le cas de Graham Preston, ce serait trois jours de prison pour 100 dollars… Tout ça pour s’être assis avec des pancartes pro-vie et des images d’enfant à naître, “sans jamais élever la voix” !

Chaque année, entre 90 000 et 100 000 avortements sont pratiqués au pays d’Oz.

Le correspondant australien de LifeSiteNews.com (un ancien agnostique pro-choix) a rencontré et interrogé Graham Preston mercredi matin dernier, juste avant son arrestation (qu’il a filmé) :

> Vous pouvez contacter l’ambassade d’Australie en France et dire votre étonnement à ce numéro : 01 40 59 33 00.

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3 Commentaires

  • Roman Bernard , 6 Mai 2012 à 12:39 @ 12 h 39 min

    Courageux. Inspirant. Et très revigorant. Ils pourraient juste s’abstenir de citer le communiste et suprémaciste Martin Luther King, mais je suppose qu’il s’agit de faire passer le reste du message.

  • Eric Martin , 7 Mai 2012 à 16:51 @ 16 h 51 min

    C’est L’Australian Christian Lobby qui le fait, pas Graham Preston.

  • Robert , 7 Mai 2012 à 17:03 @ 17 h 03 min

    Roman Bernard,
    Peu importe, Luther King est considéré universellement comme une référence du combat pour les droits civiques. Personne n’accepterait que l’on touche cette icône.
    Inutile de couper les cheveux en quatre pour si peu.
    Le combat pour le respect de la vie a des similitudes avec le combat pour la dignité et l’égalité des droits des afro-américains qui lui a une grande popularité dans nos sociétés.
    Les travers du pasteur, y compris ses moeurs, personne ne les connait, son combat et sa mort pour ses idées, tout le monde y est sensible. C’est en s’appuyant là-dessus que nous pouvons faire passer un message.

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