Brûler et uriner sur un Coran relève de la liberté d’expression, même en Alsace-Moselle

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé lundi ERA, poursuivi pour “provocation publique à la discrimination nationale, raciale ou religieuse” après avoir brûlé un exemplaire du Coran, uriné dessus “pour éteindre les flammes” et diffusé les images sur le site blog-video.tv le 2 octobre 2010. Un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Alors que le parquet de Strasbourg avait requis trois mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende à l’audience du 11 avril, le tribunal correctionnel a estimé que la vidéo incriminée “n'[excédait] pas les limites de la liberté d’expression”, et que le prévenu avait stigmatisé des “actes terroristes auxquels la communauté musulmane ne peut être assimilée”.

Un jugement “inadmissible” selon Philémon Lequeux, le Président de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) dans le Bas-Rhin. Son association s’était portée partie civile au procès. Contacté par Nouvelles de France, l’homme “en colère” a déclaré sur le ton de la boutade qu’il allait “organiser un concours” et proposer de “[pisser] sur la Bible, la Torah et les textes sacrés des autres religions”. Rappelant que l’Alsace et la Moselle sont sous régime concordataire, Philémon Lequeux attendait que l’affaire soit “jugé autrement qu’à l’intérieur de la France”. La LICRA Bas-Rhin étudie en ce moment même la possibilité d’interjeter appel du jugement du tribunal correctionnel de Strasbourg.

A la question de savoir si l’association se serait portée partie civile en cas d’exposition du Piss Christ » en Alsace-Moselle et de poursuites judiciaires, son Président a affirmé : “certainement”.

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2 Commentaires

  • Denis Merlin , 11 Mai 2011 à 6:00 @ 6 h 00 min

    Probablement, le tribunal n’a pas voulu juger que les fait dénoncés n’excédaient pas les limites de la liberté d’expression, mais que ces faits ne pouvaient être incriminés comme “provocation à la haine raciale”, infraction visée dans les actes introductifs d’instance. Il s’agirait dans ce cadre d’une erreur de procédure des plaignants et du Parquet.

    Ces actes sont en tous cas des attentats bafouant la liberté religieuse, qui devraient être interdits à ce titre et non évidemment au titre d’incitation à la haine raciale (l’islam n’est pas une race).

    Cela dit, je n’ai pas pu me procurer le texte intégral du jugement, donc, je juge d’après les articles que j’ai pu lire. Pas plus que le piss-Chist, ces actes ne sont licites.

  • DuZboub , 14 Jan 2012 à 0:08 @ 0 h 08 min

    Moi, je defèque quotidiennement sur ce genre de bouquin à la con.

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