« Attaque de la Pitié Salpêtrière : le bobard de guerre de Castaner » (Vidéo)

Jean-Yves Le Gallou était interrogé par l’hebdomadaire Minute, pour un entretien paru ce mercredi. Le président de Polémia attaque notamment Christophe Castaner qui a, selon Jean-Yves Le Gallou, eu recours à un véritable bobard de guerre à propos de la prétendue intrusion des Gilets Jaunes dans l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.


Minute : A chaque 1er mai son lot de polémique pour le Gouvernement. Comment expliquez-vous cette cacophonie de la part du pouvoir ? 

Jean-Yves Le Gallou : Par l’amateurisme. La précipitation. L’indulgence sinon la protection des médias. Le sentiment d’impunité. Cela les conduit à réagir – et même à sur-réagir – immédiatement, sans prendre le temps de vérifier les faits ou d’utiliser des termes nuancés. Parler « d’attaque » d’un hôpital est peu vraisemblable ! Notons toutefois qu’en politique internationale c’est un bobard de guerre tout ce qu’il y a de plus classique. Et, précisément, Castaner fait la guerre aux Gilets Jaunes. Ce Kakou a simplement oublié qu’il est plus facile de raconter n’importe quoi aux Français sur la Syrie (c’est loin) que sur ce qui se passe à la Pitié Salpêtrière (c’est tout près et il y a des vidéos et des témoins).

Cela étant, dans un gouvernement normal, Castaner et Schiappa auraient giclé depuis longtemps. Et il ne serait venu à personne l’idée de nommer Sibeth N’Diaye porte-parole du gouvernement. Macron c’est « Démolitor » : en promouvant et en protégeant des incapables, il « fait le job » pour lequel il a été choisi par les grands oligarques qui gouvernent : abaisser l’Etat.

Minute : Quelle est, selon vous, la stratégie de Christophe Castaner ? 

Jean-Yves Le Gallou : Depuis l’acte 2, c’est-à-dire le 24 novembre, discréditer les Gilets Jaunes et les dissuader de continuer à manifester.

Les discréditer en leur mettant sur le paletot les violences et le pillage dans un premier temps des racailles, dans un deuxième temps des Blackblocs et des « antifas » qu’il a laissés passer, laisser faire. Au moins jusque fin mars.

Et, surtout, dissuader les manifestants de revenir défiler en imposant une répression gouvernementale violente : usage massif de gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement, tirs de LBD.

Résultat : 120 blessés graves, plus de 20 éborgnés, une vingtaine d’amputés, des gueules cassées.

Parfois, c’est vrai, il a pu arriver que ce soit des manifestants dangereux pour la police qui aient été visés. Mais, le plus souvent, les victimes provenaient de masses pacifiques, préalablement « nassées ».

Minute : Qu’appelez-vous nasser ?

Jean-Yves Le Gallou : Rassembler des manifestants dans un emplacement d’où ils ne peuvent pas s’échapper et où ils peuvent être canardés ! Cette politique conduite depuis novembre est tout à fait contraire aux règles classiques de maintien de l’ordre qui stipulent de toujours laisser une porte de sortie aux manifestants pacifiques. De façon à n’avoir à « traiter » que ceux qui veulent en découdre tout en laissant partir tranquillement les autres.

C’est cette politique de répression violente – illégitime – qui est responsable d’au moins la moitié des blessés graves. Le cas de Fiorina est emblématique. Cette étudiante en philosophie manifeste pacifiquement sur les Champs-Elysées le 8 décembre. Lorsqu’elle veut sortir elle est bloquée avec un groupe de manifestants – pacifiques – par des gendarmes mobiles près de l’ambassade du Qatar. Une heure plus tard, une tentative de pillage a lieu de l’autre côté des Champs-Elysées, près du drugstore, mais les CRS reçoivent l’ordre de canarder les manifestants situés à l’opposé des incidents. Dans quel but si ce n’est de terroriser les gens ? C’est alors que Fiorina est blessée à l’œil par un tir tendu de grenade. Etonnez-vous que 6 mois après l’enquête piétine et que l’IGPN refuse de communiquer le numéro de dossier et le dossier à l’avocat de Fiorina !

C’est un contexte comparable qui explique l’affaire de la Pitié Salpêtrière. Un groupe de Gilets Jaunes, et non de blackblocs, est poursuivi par les forces de l’ordre et sont menacés d’encerclement. Par peur, par panique, ils trouvent une entrée d’hôpital et s’y réfugient.

Nulle « attaque » préméditée dans cette affaire !

Minute : Comment analyser le traitement médiatique de cette affaire ? 

Jean-Yves Le Gallou : Dans un premier temps les chaines de télévision et les principaux médias reprennent sans discernement le « bobard de guerre » de Castaner. Ils sont dans une double logique : faire de l’audience avec du spectaculaire et discréditer un peu plus les Gilets Jaunes. Et les gens qui parlent n’ont pas pris la peine d’aller sur le terrain. Ce sont des éditocrates ou des employés de salle de rédaction.

Pourtant, dès le lendemain, il y aura un correctif. Des médecins, des infirmières, présents sur place invalident les témoignages des grands chefs absents, chefs de service ou directeur général de l’assistance publique. Et les images montrent bien des manifestants pacifiques, certes un peu paniqués, et cherchant à éviter les violences gouvernementales.

Minute : Cela fait suite à une diabolisation constante des Gilets jaunes depuis le début du mouvement. Sont-ils prêt à tout ? 

Jean-Yves Le Gallou : Oui, car le pouvoir est – se croit en tout cas – dans le camp du « bien ». Dans le camp des « progressistes ». Dans le camp des « sachants ». Il est donc légitime qu’il utilise tous les moyens contre les « méchants crétins réactionnaires ».

Car, « en même temps », Macron sait bien qu’il n’a acquis son pouvoir que par « une effraction électorale » et que ce pouvoir est fragile. Au demeurant il n’exerce pas son pouvoir au nom du peuple français mais au service des oligarques de la superclasse mondiale qui l’ont fait élire. Et qui le feraient révoquer s’ils parvenaient à trouver un bon produit marketing de substitution…

Minute : Le pouvoir fait pourtant une chasse aux fake news, est-il devenu illégitime pour promulguer la loi régulant les informations sur internet ? 

Jean-Yves Le Gallou : Macron a été élu sur des « fake news ». Des fake news qu’il veut imposer comme vérité officielle. On est en pleine dérive totalitaire. En matière d’information, il n’y a pas de vérité unique, il doit y avoir place à la pluralité des angles, à la diversité des opinions et au libre débat, dans le respect des faits.

Minute : Marlène Schiappa s’était déjà fait épingler dans la semaine précédente pour d’autres informations déformés, sommes-nous face à un pouvoir manipulateur ? 

Jean-Yves Le Gallou : Il y a deux sortes de dirigeants au pouvoir. Ceux qui gouvernent au nom du peuple, dans des pays à la presse pluraliste, c’est le cas de Salvini et d’Orban. Et ceux qui sont de vulgaires relais de la superclasse mondiale, s’appuyant sur les médias qu’ils contrôleent pour manipuler l’opinion. C’est le cas de Macron.

Minute : Peut-on faire confiance dans les médias mainstream pour rétablir la vérité sur des informations gouvernementales ? 

Jean-Yves Le Gallou : Non, ils dépendent de ceux qui les payent. L’Etat d’un côté, les milliardaires mondialisés de l’autre : Drahi, Arnault, Dassault, Pinault, Niel, Pigasse, Lagardère, le Qatar.

Point de salut, hors des médias alternatifs !

Jean-Yves Le Gallou _Polémia

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