Découvrez les cahiers de Paul Klee! Et l’expo…

Découvrez les cahiers de Paul Klee! Et l’expo…

Plus de 3900 pages d’archives réunissant les années d’enseignement du peintre entre 1921 et 1931 ont été récemment mises en ligne. L’importance des cahiers de Paul Klee pour l’art contemporain est comparable à celle du Traité de la peinture de Léonard de Vinci pendant la Renaissance. C’est ce qu’affirme le critique et historien de l’art Herbert Reed, qui ajoute que les textes du peintre suisse allemand constituent « la représentation la plus complète des principes du dessin jamais effectuée par un artiste contemporain. Il s’agit des principia aesthetica d’une nouvelle ère de l’art, dans laquelle Paul Klee occupe une place comparable à celle de Newton dans la maitrise de la physique », selon Open Culture.

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Le Zentrum Paul Klee de Berne vient de mettre à disposition son travail pour tous les intéressés. Découvrez les 400 pages des cahiers que Klee a utilisés pour ses cours à la Bauhaus pendant la décennie des années 20, avec les textes en allemand écrits de la main de l’artiste et ses réflexions et illustrations sur les mécaniques de l’art et sur la couleur. Les textes sont riches et éclairent pleinement l’art moderne tel qu’il est né et s’est développé.

Ces deux livres collectant les textes de Klee figurent parmi les présentations les plus complètes des principes esthétiques rédigées par un artiste de l’époque moderne, celui d’une nouvelle ère dans l’Histoire de l’art, dans laquelle Klee pourrait occuper une place centrale, voire immanquable. Ses deux essais « The Thinking Eye » et « The Nature of Nature » ont été une source pour l’art moderne, il a d’ailleurs donné des conférences et des cours à l’école de Banhaus en 1921 lorsqu’il était enseignant.

Voir les cahiers de Paul Klee.

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Paul Klee, l’ironie à l’oeuvre

Le Centre Pompidou propose une nouvelle traversée de l’œuvre de Paul Klee, quarante-sept années après la dernière grande rétrospective française que lui consacra le musée national d’art moderne, en 1969. Réunissant environ deux cent cinquante œuvres, en provenance des plus importantes collections internationales, du Zentrum Paul Klee et de collections privées, cette rétrospective thématique pose un regard inédit sur cette figure singulière de la modernité et de l’art du 20e siècle.

Exposer l’œuvre de Klee est un défi : auteur de presque dix mille œuvres, artiste insaisissable par excellence, il semble se dérober à chaque tentative de classification. Caractérisé par une dualité, une ambivalence, une pensée toute en oppositions, il se représente tour à tour comme dieu ou comme comédien. L’exposition du Centre Pompidou a choisi pour focus « l’ironie romantique » avec ses corollaires, la satire et la parodie. Issue du premier romantisme allemand, « l’ironie romantique » – qualifiée de « bouffonnerie transcendantale » par le philosophe Friedrich Schlegel – renvoie au processus de création. Les œuvres de Klee sont à comprendre comme un jeu qui signale la tentative de dire l’indicible, malgré l’inaptitude fondamentale à le faire. L’artiste interroge les moyens que lui donne l’art d’atteindre ses aspirations. Ce thème éclaire l’attitude de Paul Klee vis-à-vis de ses pairs et des courants artistiques contemporains, montre comment il assimile ou détourne ces influences, créant une expression unique.

L’aquarelle abstraite Gothique riant de 1915, prêtée par le MoMA, en livre un bel exemple. Si l’on dénote une similitude avec le tableau St. Severin 1 de Robert Delaunay, Klee semble – par le choix du titre – tourner en dérision les débats sur l’interprétation psychologique des styles qui animent alors les milieux allemands. Associer le gothique au rire pour désigner une composition inspirée du travail d’un cubiste français est une façon pour Klee de marquer son détachement.

L’exposition se déploie en sept sections thématiques qui mettent en lumière chaque étape de l’évolution artistique de Paul Klee : les débuts satiriques ; Cubisme ; Théâtre mécanique (à l’unisson avec Dada et le surréalisme) ; Constructivisme (les années au Bauhaus de Dessau) ; Regards en arrière (les années 1930) ; Picasso (la réception par Klee après la rétrospective de Picasso à Zurich en 1932) ; Années de crise (entre la politique nazie, la guerre et la maladie). Le parcours réunit peintures, sculptures, dessins et peintures sous verre, une sélection prestigieuse dont la moitié n’a jamais été montrée en France. Parmi ces chefs-d’œuvre rares, Vorführung des Wunders dialogue avec Angelus novus, deux aquarelles mythiques de la collection de Walter Benjamin.

Centre Pompidou galerie G2, jusqu’ au 1 er août 2016.

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