La culture selon Taubira…

Jeudi, Christiane Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice, signait avec Jack Lang, actuel patron de l’Institut du monde arabe, une convention de partenariat visant à favoriser l’accès des détenus à la culture. La leur, de préférence. Et comme le partenariat en question ne se noue ni avec le musée Guimet (arts asiatiques) ni avec le musée ethnologique de la France rurale (musée des Arts et traditions populaires à Neuilly), on en déduira que les taulards sont sans doute en majorité de culture arabe ou arabisante. Mais comme il est interdit de faire des statistiques ethniques en prison, hein, ce n’est qu’une supposition…

Cette grande réforme de l’univers carcéral s’inscrit donc dans le cadre de la « lutte contre la radicalisation ». Après avoir séparé les détenus jugés dangereux – ils sont désormais dans « des cellules individuelles », ce qui fait baisser « la tension » en prison, nous assure le ministre –, on va donc entreprendre une grande campagne d’instruction des masses, côté personnels et côté pensionnaires.
De quoi s’agit-il au juste ? Difficile à dire. Madame Taubira a bien accordé un entretien à Metronews pour s’en expliquer, mais difficile de retirer une idée de ce ragoût de langue de bois. Jugez-en : « La question de la radicalisation dans nos prisons appelle une action extrêmement pointue, diverse et massive. Là, il s’agit de passer par le prisme de la culture pour aider à lutter contre ce phénomène, car je pense que la culture doit, y compris en prison, faire partie de l’éducation. […] Ces actions s’inscrivent dans un ensemble d’exécution de la sanction et de réinsertion. »
Et concrètement : on les emmène au musée en rang par deux ? On les inscrit aux « ateliers de création » de l’Institut du monde arabe, à « la caravane des nez », aux « promenades du Paris arabe historique » ? Au cours de danse du ventre, peut-être ?

D’ailleurs, l’exposition sur le Maroc venant de s’achever, on ne saurait trop leur conseiller la prochaine : « Desdémone, entre désir et désespoir ». Ça va faire de l’animation dans les parloirs et sous la douche, c’est sûr. Ou alors « les mystères engloutis d’Égypte » et les cérémonies autour des « Mystères d’Osiris ». Après les destructions de Mossoul et de Nimrud, ça devrait faire du buzz au réfectoire.
Revient toujours cette même question lancinante : tous ces gens – les Taubira et consorts – croient-ils réellement à ce qu’ils racontent ou espèrent-ils seulement pouvoir encore nous abuser avec toutes leurs fumisteries ? À moins qu’il ne s’agisse, une fois de plus, que d’en engraisser quelques-uns sur le dos de la masse ?
Pourquoi un partenariat avec l’Institut du monde arabe, qui n’a au fond d’arabe que le nom ? Voulu par Giscard, inauguré par Mitterrand, le magnifique joujou de Jean Nouvel fait aujourd’hui la retraite dorée de Jack Lang, devenu en 2013 le premier président du conseil d’administration et du Haut Conseil (avant, on était l’un ou l’autre). Ce qui lui permet de s’offrir des notes de frais à la hauteur de son titre ronflant.
 En 2008, un rapport révélait déjà que ce « machin » hors de prix était quasiment en cessation de paiement, cela après la défaillance des pays de la Ligue arabe qui devaient en assurer le financement à hauteur de 40 %. Mais les États arabes n’ont jamais banqué, laissant la France à ses rêves de grandeur universelle. Occupés ailleurs, ils participent péniblement à hauteur de 10 %, laissant aux contribuables français une ardoise annuelle d’une bonne douzaine de millions d’euros. Alors un peu plus un peu moins, hein…
Madame Taubira va nous rajouter ses après-midi culturelles, plus d’ailleurs, si on la lit bien, pour former les personnels pénitentiaires à la culture arabe et à l’islam que les taulards à la culture française.
Bref, amis Français, souriez : vous êtes cocus, tabassés par l’amant, et en plus on vous demande de payer l’hôtel en souriant.

Lu sur Boulevard Voltaire

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