Élection surprise de François

Par Charles Le Bourgeois*

« Annuntio vobis gaudium magnum: habemus papam ». Puis c’est l’effervescence, l’excitation, des cris de joies sur la place Saint-Pierre où sont rassemblés des milliers de personnes dans une ambiance très festive. Vient ensuite la surprise et la stupéfaction dans la foule lorsque le cardinal Jean-Louis Tauran, depuis la loggia centrale de la basilique vaticane, annonce le nom du cardinal élu : « Cardinalem Bergoglio ». « Qui est-ce ? », s’interrogent très simplement les gens visiblement pris de court. Jorge Mario Bergoglio n’avait pas son nom dans la courte liste des « papabili », il a déjoué les pronostics des fidèles, des spécialistes et de la presse. C’est sûr, les critères dans l’Église ne sont pas ceux du monde. Et la surprise ne s’arrête pas là, car le nouveau pape choisit de prendre un nom encore jamais porté par ses prédécesseurs : Franciscum. C’est le prénom de Saint François d’Assises, un homme riche qui se fait pauvre, solidaire des plus démunis et des marginalisés, dénonçant les injustices. Celui qui dans un rêve voit l’Eglise s’effondrer, et à qui Jésus dit : « François, ma maison tombe en ruines et s’écroule. Va et reconstruis-là ».

En choisissant son nom, le pape François annonce donc son programme : reconstruire le visage de l’Église entaché par de nombreux scandales. Autre mission : évangéliser par la simplicité et l’humilité. Et c’est ainsi qu’il est apparu mercredi soir à la loggia de la basilique Saint-Pierre, très simplement : sans mozette rouge ni croix pectorale dorée, en se présentant comme « l’évêque de Rome ». Avec une attention toute particulière pour son prédécesseur : « Avant tout je voudrais faire une prière pour notre évêque émérite Benoît XVI, prions ensemble pour que le Seigneur le bénisse et que la Madone le protège ». Après la récitation du Notre Père et de l’Ave Maria, le nouveau Souverain Pontife a souhaité un monde de « fraternité », d’ « amour » et de « confiance » : « Prions pour le monde entier, qu’il y ait une grande fraternité, je vous souhaite que ce chemin de l’ Église que nous commençons aujourd’hui soit pour l’évangélisation de la Ville ». « Maintenant, a-t-il poursuivit, je voudrais vous donner la bénédiction mais avant je vous demande une faveur, que vous priiez, que vous donniez la bénédiction à votre évêque ». Et en s’inclinant, dans un silence chargé d’émotion, le pape François demande à la foule de prier pour lui, avant qu’à son tour il ne donne sa bénédiction à l’Église et au monde.

Les cardinaux sont allés prendre l’évêque de Rome au bout du monde, ils ont élu le premier pape sud-américain dans l’histoire de l’Église, mais aussi le premier jésuite. Jorge Mario Bergoglio, 76 ans, ingénieur chimiste de formation, était jusqu’à son élection l’archevêque de Buenos Aires, la capitale argentine dont il est originaire. Il est connu pour sa grande simplicité de vie, voyageant en bus ou en métro, et passant ses week-ends dans les paroisses défavorisées, au contact des prêtres des bidonvilles. Considéré comme l’évêque des pauvres,  il a toujours lié sa carrière ecclésiastique à l’expérience de la réalité sociale de son pays, renonçant notamment à son palais pontifical pour s’installer dans un petit appartement proche de la cathédrale. Prêtre depuis 1969, promu évêque en 1992, Bergoglio est créé cardinal en 2001 par Jean-Paul II. Et son nom était déjà beaucoup cité en 2005 lors du précédent conclave.

Désormais 265ème successeur de Pierre, le pape François a commencé sa première journée de pontificat par une prière à la Vierge, en la basilique Saint-Marie-Majeure, « pour qu’elle protège la ville de Rome », avait-il annoncé la veille dans sa toute première allocution. Sa messe d’installation aura lieu à la basilique Saint-Pierre, le 19 mars prochain, jour de la Saint Joseph, patron de l’Église catholique.

*Charles Le Bourgeois est journaliste et correspondant à Rome des Nouvelles de France

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6 Commentaires

  • Charles , 14 mars 2013 @ 17 h 34 min

    Il y a de nombreux sujets chauds a traiter;

    L’eglise conciliaire part en nouilles.

    Il va falloir donner des orientations fortes et claires.

    Les demi mesures,les bla bla,les eveques de salon,

    Les esprits brillants qui tournent en rond qui nous bassinent
    avec l’esperance de l’esperance pour l’esperance.

    Les sujets chauds;
    1.L’invasion du Nord par les pays du Sud placés a la charge des pauves.
    2.Le déni des nations par la mondialisation sauvage du liberalisme.
    3.La clause de sauvegarde pour les jeunes mères scolarisées forcées d’avorter.
    4.L’adoption homosexuelle imposée aux enfants orphelins non avortés.
    5.L’Islamisation forcée des nations européennes envahies scientifiquement.
    6.La fuite des jeunes catholiques face au maniérisme liturgique conciliaire.
    7.Le renoncement des candidats a la pretrise face aux turpitudes épiscopales.
    8.L’écrasement monétaire des Européens du Sud par les protestants du Nord.
    9.Les doubles langages des éminences grises & affairistes du Vatican 2.
    10.Définir une nouvelle manière d’etre catholique dans une société du spectacle hédoniste.

  • Robert , 14 mars 2013 @ 18 h 04 min

    Charles,
    Quand vous dites;
    “L’église conciliaire part en nouilles,” ça veut dire que l’église traditionaliste, la FSSPX pour être précis c’est à dire l’église parallèle, va pour le mieux?
    C’est bien la pensée magique!

  • clausewitz , 14 mars 2013 @ 19 h 44 min

    J’aimerai de notre nouveau pape qu’il se montre ferme sur nos croyances et nos valeurs, qu’on arrête ce dialogue intéreligieux à sens unique : que fait en ce moment l’Islam de nos frères d’Orient ? Ils les cajolent à coup d’attentats et de massacres.

    J’aimerai qu’il fasse comprendre à l’évêque d’Evry que l’important ce n’est pas qu’on stigmatise les musulmans (qui le font bien tout seuls en tendant le bâton pour se faire battre) mais qu’on relance l’évangélisation de la France.

    “France qu’à tu fais de ton baptême” disait déjà Jean Paul II en 1983. En trente-ans, j’ai l’impression que rien n’a changé et que la situation s’est dégradée.

  • Robert , 14 mars 2013 @ 21 h 56 min

    Clausewitz,
    Souvenez-vous de ce que disait Staline en boutade à propos du pape; “l’Eglise, combien de divisions?”
    La puissance de l’Eglise est spirituelle et le travail qui se fait ne se voit pas à l’oeil nu comme disait Saint Paul “c’est quand nous paraissons faibles que nous sommes forts.”
    L’islam a compris que l’Eglise était un obstacle à son pouvoir mondial, pas le mondialisme qui est un allié objectif du moment que les parts de marché soient partagées.
    Aussi les persécutions et la prise en otage des catholiques dans le monde oblige les autorités catholiques a tenir un discours en apparence décevant et complaisant. Nous n’exerçons pas de représailles alors qu’eux ne font que ça en permanence.
    Sans être aux manettes et connaître les enjeux, il me paraît impossible de porter un jugement sur ce que nous voyons. Je sais que pourtant certains ne se gêneront pas de le faire, libre à eux.
    Spirituellement, avec le Christ, nous sommes vainqueurs des lobbys anti-humains et des idéologies religieuses diaboliques. Le diable se déchaine, mais il a perdu.

  • Charles , 15 mars 2013 @ 10 h 19 min

    Cher Robert,

    Constater l’échec flagrant de Vatican 2 est devenu une évidence
    pour les gens lucides et de bonne foi.

    Ce n’est pas de la pensée magique,c’est une réalité.

    D’ou le concept d’église conciliaire qui occupe le domaine de l’église catholique.

    Ce constat n’a rien à voir avec les critiques ou études
    portant sur la fraternité Z ou Y ou W.

  • Robert , 15 mars 2013 @ 18 h 54 min

    Justement si, car si on qualifie d’Eglise conciliaire l’ensemble de l’Eglise catholique, c’est qu’on s’érige en juge de celle-ci. Et la FSSPX ne va guère mieux que l’Eglise catholique, malgré sa posture commode.
    Nous sommes dans l’Eglise ou nous sommes autre chose, mais votre discours n’a aucun sens. Si vous ne vous sentez pas concerné, et partie prenante des problèmes de l’Eglise, loin d’être aussi simpliste que vous le présentez, c’est que vous ne vous considérez plus comme fils de l’Eglise.
    Et épargnez-moi le jargon de la “Rome éternelle” et autres baratins de tradis protestantisés.

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