« Dialogue », la page réac de L’Est républicain

La page s’appelle “Dialogue” et paraît chaque lundi dans L’Est républicain. Au menu, les coups de cœur (rare!) ou les coups de gueule (courant!) des lecteurs du quotidien régional. Mais surtout, une sacrée dose de bon sens, une pincée d’irrévérence, une pointe de défiance envers les puissants. Le politiquement correct ? Les lecteurs l’ignorent poliment et signent leur prose…

Ce 12 décembre, Edith Vieille est “effarée” par “le montant de la subvention : 300 000 euros (somme votée à l’unanimité) pour l’étape du contre-la-montre entre la Saline d’Arc-et-Senans et Besançon” qu’elle juge “indécent, démesuré”, surtout en “période de crise où l’on ne cesse de nous dire qu’il faut maîtriser les dépenses, qu’il faut se serrer la ceinture”. De « l’argent public”, note-t-elle, « facile à dépenser” pour “nos élus”. Bernard Deloge ne rate pas l’occasion de “renvoyer dos à dos droite et gauche”, responsables selon lui de la hausse de “la courbe du déficit français”.

Claude Valzer préfère ironiser sur les employés du Conseil régional de Franche-Comté : “d’après leurs responsables syndicaux, ils sont méprisés, bafoués, infantilisés, déconsidérés, etc”. “Faut-il en rire ? Ou leur proposer un stage aux urgences de l’hôpital ou sur le chantier de la LGV ?” continue-t-il…

Simone Sigwalt, “80 ans”, se rappelle qu’“avec [ses] parents, lorsque l’on parlait économies, cela voulait dire qu’une certaine somme d’argent devait être mise de côté en vue de dépenses à venir”. “A présent, telles taxes, tels impôts, telles retenues représentent des millions d’économies… Pour quelles dépenses à venir ?”, s’inquiète-t-elle.

René Délizy nous remémore quelques phrases prononcées “dans le courant du mois d’avril 1998” par le décidément brillantissime Dominique Strauss-Kahn : “j’ai la conviction tranquille que l’euro est une formidable chance pour la France et les Français. (…) C’est ensuite un outil pour la croissance et donc pour l’emploi. Faire l’euro, c’est assurer durablement la stabilité : celle des prix qui garantit le pouvoir d’achat (…)”. Et René d’ajouter : “au risque d’enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie, tout commentaire émanant du ‘Français d’en bas’ que je suis , me paraît superflu ! Pauvre France.”

“N’en déplaise à Dominique Reynié (L’Est républicain du 3 décembre), politologue et consultant omniprésent sur les médias, mais j’ai voté ‘non’ lors du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005 et je n’en nourris pour autant aucun ‘sentiment antieuropéen’ (bien au contraire) et encore moins germanophobe !” clarifie Claude Poirson. “Pratiquer ce genre d’amalgame, procéder à de tels raccourcis abusifs, parler de ‘populisme’ quand le ‘non’ majoritaire exprimé par les Français en 2005 a été finalement bafoué, est tout simplement méprisant, malhonnête et, je le crains, dangereux”, dénonce-t-il.

Tandis que Christian Schneider s’en prend à “l’Angletterre” et à “la suffisance de sa majesté agitée”, Claude Racine à “ces ‘richards’ de joueurs professionnels” de football et Marie Dancourt à un “préavis de grève SNCF annoncé”, René Ortega souhaite “apporter un aménagement à l’abolition” de la peine de mort. Ce “grand-père de trois petites filles de 13, 9 et 7 ans” en a après “tous les humanistes” et ose la comparaison : “un chien qui mord, souvent pour se défendre ou parce que son ‘maître’ l’aura dressé pour cela, on l’euthanasie”… Il s’interroge à propos du meurtrier de “la petite Océane” : “ces sadiques qui violent une femme ou un enfant, parfois même un bébé, hélas cela s’est vu, qui massacrent ces êtres innocents et sans défense, les joggeuses (…), ces monstres, ces prédateurs méritent-ils la moindre pitié ?”

“Après un ministre ayant proposé une tablette numérique à 1 euro par jour en ne mentionnant que deux marques étrangères, la faculté de médecine de Nancy propose à son tour de doter ses étudiants d’un même outil, en ignorant que notre pays possède une entreprise performante et pionnière dans ce domaine, Archos”, regrette Christian Rouselle. “S’il l’on voulait délocaliser, voire couler, une entreprise, on ne s’y prendrait pas autrement” ajoute-t-il. “Il est inadmissible que des personnages (élus ou désignés), rémunérés par nos soins, se permettent d’utiliser l’argent public contre les intérêts de la nation (dont nous sommes les seuls membres créditeurs). En fait, ces gens devraient être poursuivis en justice pour détournement de biens publics et trahison envers la nation” conclut-il ! Dans la même veine, Robert Perin suggère : “si nous voulons que nos villes continuent à vivre, faisons un petit effort, faisons travailler nos commerces locaux. Il en est de même dans le commerce de l’automobile. Les marques françaises (…) éprouvent actuellement certaines difficultés de vente alors que l’industrie automobile allemande est florissante”. Il continue : “La raison nous en a été donné : les Allemands achètent ‘allemand’. Quant aux Français, si vous lisez les marques des voitures alignées le long des trottoirs, vous y découvrez toutes les marques du monde. Pensons à nos ouvriers, à nos chômeurs”. Qui auront plus de travail si vous achetez une Toyota Yaris produite à Valenciennes qu’une Renault… Toujours est-il que ce commentaire réclamant plus de patriotisme économique est un “coup de cœur” de la rédaction de L’Est !

Restent Jean Perronnet et Reinhart Ziegler pour défendre “l’honneur de Marcel Bigeard”… Mais que fait la police… de la pensée ?

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1Commentaire

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  • Gomez Aguilar , 23 janvier 2012 @ 1 h 44 min

    Bof…
    Au vu des extraits cités ici, je ne vois pas grand chose de “réac” là-dedans.
    Ni réac, ni progressiste…
    C’est un ramassis de banalités café du commerce “Hein M’ame Michu, moi jdis…”, France d’en bas, faut rétablir la peine de mort, les footballeurs ils sont trop payés, et d’abord yaka acheter français.
    Zzzzzzzzzz….
    C’est pas du Joseph de Maistre…

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