Décès de Boutros Boutros Ghali

Décès de Boutros Boutros Ghali

Né le 14 novembre 1922 au Caire, Boutros Boutros-Ghali était issu d’une grande famille de la minorité chrétienne copte d’Égypte. Son grand-père, assassiné en 1910, avait été Premier ministre. Après avoir fait la majeure partie de ses études à Paris, il était devenu professeur de droit à l’Université du Caire et avait publié de nombreux ouvrages traitant des relations internationales. Boutros Boutros-Ghali avait ensuite été nommé ministre d’État aux Affaires étrangères en octobre 1977 sous le président Anouar el-Sadate. Durant ses 14 ans en poste, il a notamment joué un rôle-clef dans la conclusion des accords de paix égypto-israéliens initiés à Camp David en 1978 et signés un an plus tard. Il fut, face au ministre israélien des Affaires étrangères Moshé Dayan, l’un des principaux négociateurs du traité de paix.

En 1977, c’est lui qui rédige le discours historique que prononce le président égyptien de l’époque, Anouar el-Sadate, devant la Knesset, le Parlement israélien.

(…) Il est élu à l’Onu, grâce au soutien de la France, dans l’euphorie de la fin de la guerre froide et de l’après-guerre du Golfe. À cette époque, l’Irak venait d’être chassé du Koweït à l’issue de la première guerre du Golfe mais le nouveau secrétaire général n’avait pas cédé à la jubilation ambiante. Il avait alors prédit que la planète allait être, pendant un bon moment, dans une phase transitoire, pleine d’inconnues et de dangers.

De fait, M. Boutros-Ghali a dû faire face à de sérieuses crises, avec des conflits en ex-Yougoslavie, en Somalie, au Moyen-Orient et le génocide au Rwanda.
Après la mort en Somalie de 18 soldats américains fin 1993 et les reculades des Nations unies dans les dossiers de l’ex-Yougoslavie et du Rwanda, il avait été pris comme bouc émissaire, en particulier par les États-Unis qui avaient mis un veto à sa réélection et soutenu le Ghanéen Kofi Annan. L’ambassadrice américaine à l’Onu de l’époque, Madeleine Albright, avait alors accusé M. Boutros-Ghali de ne pas avoir réussi à réformer l’organisation pour la rendre plus efficace. Le monde anglo-saxon ne souhaitait plus voir à la tête de l’organisation internationale celui qu’il considérait en outre comme « l’homme de la France ». Le principal intéressé avait, lui, eu le sentiment d’avoir été puni pour avoir condamné des opérations israéliennes dans le sud du Liban et poussé certains pays à payer leurs arriérés.

Après son passage aux Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, brillant intellectuel francophone et francophile, avait été le premier secrétaire général de la Francophonie, de 1997 à 2002.

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