Dépossédé de son nom, le village de Laguiole en appelle à Hollande

Laguiole, petit village de l’Aveyron, est connu dans le monde entier pour ses couteaux. Un investisseur, Gilbert Szajner, a pourtant réussi il y a quelques années à déposer le nom de la commune pour en faire une marque de produits… made in China. Aujourd’hui, “si un entrepreneur de Laguiole souhaite fabriquer un plateau de fromages avec le nom de Laguiole, il se retrouve en contrefaçon d’un produit chinois !” résume le maire dont la ville vient d’être condamnée à verser 100 000 euros de frais de justice à Gilbert Szajner, soit 10% de son budget annuel. Les habitants et la mairie se sentent aujourd’hui spoliés et ont saisi le président de la République :

Autres articles

33 Commentaires

  • SD-Vintage , 17 avril 2014 @ 22 h 06 min

    Si c’est un nom commun comme le dit la Justice “un laguiole”, “Un couteau laguiole”, comme on dit un couteau “London” (Bretagne : “L’armor”), n’importe qui peut l’utiliser comme nom commun, celui d’un modèle de couteaux, ou celui d’un lieu géographique, comme Paris (imaginez si quelqu’un brevetait “Paris”, que dirait la Justice dans le même cas ?).
    Le nom de “Laguiole” comme nom de village est lui aussi un nom commun, ce dont la Justice devrait tirer les conséquences. “Un couteau laguiole” est aussi un nom commun. Libre au breveteur de rajouter “C” ou “TM”, mais il n’a pas le monopole de l’utilisation de cette expression commune ainsi que le dit la Justice.

    Si vous brevetez “Hirondelle”, cela empêche quelqu’un de l’utiliser comme marque (suivie de “C” ou “TM”), mais pas comme nom commun, ou par quelqu’un qui en avait l’antériorité d’usage ; “Jardins de Bagatelle”, le parfum, n’a pas supprimé son droit d’usage par les dits jardins, pas plus que les chocolats “Champs Elysées” pour la mairie de Paris. En plus, une marque n’a pas de domaine universel : un spectacle de cabaret ou une émission peuvent s’appeler “Champs Elysées”.

    La Justice française, c’est du n’importe quoi : juridisme et abus de droit. Pour le champagne, la Cour n’avait pas eu le même raisonnement, curieusement….

    L’investisseur écrit “Laguiole” sur ses lames dans l’intention claire de tromper le consommateur, c’est la raison du dépôt de marque, Mais la majorité des laguioles français sont eux-mêmes fabriqués à Thiers.

    Un nom commun de couteaux qui devient une marque de couteau. Comme si quelqu’un brevetait “parapluie” empêchant les autres fabricants de parapluies d’apposer sur leurs produits la mention “parapluie” !
    Il joue sur le double sens du mot, un nom commun et une origine géographique. Et la Justice s’embrouille.

    Pour être utile, l’état pourrait peut-être imposer de préciser sur la lame des couteaux vendus en France le pays de fabrication.

  • Lio de France , 17 avril 2014 @ 22 h 12 min

    De quel droit cet investisseur était-il investi pour pouvoir déposer le nom d’un village français ? Les habitants de Laguiole lui ont-ils donné une quelconque autorisation d’exploiter le nom de leur commune ? Ces juristes ne sont que des seconds couteaux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur lorgnette, sûrement made in China.

  • Stephan_Toulousain , 17 avril 2014 @ 23 h 14 min

    Ce qui me gêne dans cette histoire, c’est que la commune n’a pas le droit d’utiliser son propre nom.
    Après, sur des produits, je ne sais. Il y a bien du jambon de Bayonne qui vient de je ne sais d’où, et des saucisses de Toulouse qui n’ont rien de Toulousains, etc …

  • Daniel , 18 avril 2014 @ 4 h 30 min

    Szajner, encore un nom typique de nos villages français !

    Ailleurs, on les aurait viré pour moins que cela !

  • ranguin , 18 avril 2014 @ 6 h 37 min

    Curieux les gens de l’INPI qui acceptent le nom d’un lieu mais qui refusent l’appellation “biologique”.

  • pas dupe , 18 avril 2014 @ 8 h 20 min

    Voilà une façon détournée de se saisir non seulement de la marque mais aussi du marché ! Un investisseur sorti d’on ne sait où (certainement grâce aux magnifiques avantages bancaires dont bénéficient nos entreprises françaises ! Les banques préférant jouer les fonds placés qu’assister les sociétés qui en ont besoin) s’approprie la marque dans laquelle il a investi !!!! C’est un hold up détourné !
    Comment la justice peut-elle considérer que le nom d’un village, d’une ville française puisse être “volé” à ce lieu géographique qui normalement est censé d’une part protéger l’entreprise qui en est issue, mais également appartenir à la France ? Ce magistrat doit être franc-maçon ! Il vient de tuer une société qui a son nom d’inscrit sur ses articles ; tout cela pour de la m… chinoise ! Voilà de façon odieuse une manière de retirer à une société son droit de travailler ; on lui a volé sa marque ! Et la justice dit “amen” !

    Voilà une belle occasion de voter FN ; reprenons les rênes de la France vendue !

  • Fikmonskov , 18 avril 2014 @ 9 h 03 min

    Ah, les joies du libéralisme mondialisé…

    “Mais non, ça n’a rien à voir.”

Les commentaires sont fermés.