État d’urgence et persécution des « dissidents »

État d’urgence et persécution des « dissidents »

Que restera-t-il du quinquennat de François Hollande ? Nous pourrions répondre : le désastre économique, le chômage, les faillites d’entreprise, le « changement de civilisation » imposé par la loi Taubira, l’aggravation de la menace terroriste et de l’immigration de masse…

Nous pourrions répondre, en bref : l’aggravation rapide et spectaculaire de tous les maux dont souffre la France depuis une cinquantaine d’années.

Et cette réponse serait vraie.

Mais il faut aussi y ajouter que, parmi les maux dont souffre la France, et qui ne se voient pas toujours autant que le chômage, l’immigration ou le terrorisme, il y a la censure légale ou insidieuse. Et, de ce point de vue aussi, le quinquennat de François Hollande aura marqué une accélération rapide et spectaculaire de ce mal spécifique…

En particulier, l’état d’urgence, officiellement dédié à la traque des terroristes, sert à tout, sauf à cela.

L’état d’urgence sert même, prioritairement, à faire taire ceux qui, depuis des années, dénoncent le danger islamiste.

Nous avons parlé dans ces colonnes de la stupéfiante saisie du serveur de notre ami, l’excellent abbé Guy Pagès. Ce dernier anime un blogue intitulé Islam et Vérité, dans lequel il montre la réalité de l’islam.

Il semble (ce n’est pas clair, car tout cela paraît avoir été fait à la va-vite, peut-être même sans fondement juridique…) qu’une photo représentant un chrétien égorgé pour sa foi par un islamiste ait permis à la police de la pensée de considérer que ce site pratiquait… l’apologie de terrorisme.

En d’autres termes, si vous dénoncez le terrorisme islamiste, photos ou textes à l’appui, vous pouvez être poursuivi pour l’exact inverse de ce que vous avez fait !

Depuis, l’abbé a relancé son site à partir d’un serveur, situé en Corée du Nord. On en rirait à gorge déployée si ce n’était pas si tragique : qu’il y ait, pour un Français conservateur, davantage de liberté en Corée du Nord qu’en France même est sinistrement révélateur de la situation.

On pourrait penser que ce n’est qu’un cas isolé et qu’il est abusif d’en tirer des conclusions générales. C’est malheureusement faux.

Je peux témoigner, à titre personnel, que les dissidents sont clairement dans le collimateur : j’ai actuellement 3 procès de presse en cours.

Mais certains de nos amis ou connaissances sont encore plus mal lotis. Ainsi Pierre Sautarel, l’un des animateurs de fdesouche, a subi une perquisition « musclée », avec destruction de sa porte, et saisie de tous ses ordinateurs et téléphones.

C’est également ce qui vient d’arriver à Pierre Cassen, de Riposte laïque. Ce dernier, qui a déjà subi une bonne dizaine d’interrogatoires de police, vient de subir le même type de perquisition « musclée ».

Cette perquisition visait à prouver que Pierre Cassen restait le véritable responsable de Riposte laïque, alors que le site est désormais basé en Suisse avec un directeur de la publication suisse.

Paradoxalement, ce directeur de la publication a été condamné (par la justice française !) pour avoir publié sur Riposte laïque le texte d’un Tunisien hostile à l’islamisme.

C’est-à-dire que, pour la « justice », en fonction de l’air du temps ou des humeurs des politiciens, tantôt le directeur de la publication est Pierre Cassen, tantôt c’est le Suisse Alain Jean-Mairet.

Mais nous commençons avoir l’habitude de cette « justice » à géométrie variable !

Il importe de noter que nous sommes en plein état d’urgence, officiellement pour lutter contre une menace terroriste qui n’a jamais été aussi élevée depuis la fin de la guerre d’Algérie.

Eh bien, le ministère de l’Intérieur trouve le moyen de consacrer plusieurs policiers pendant plusieurs heures à une perquisition absurde et manifestement dictée par des mobiles politiques (Riposte laïque ayant attaqué publiquement Bernard Cazeneuve ou Anne Hidalgo).

Rien n’est fait pour lutter sérieusement contre la menace terroriste. Nos forces de l’ordre, y compris l’armée et les services de renseignement, sont au bord de la rupture tant elles ont été sollicitées depuis un an. Au plan budgétaire, elles doivent continuer à se serrer la ceinture.

Mais la priorité politique du ministère de l’Intérieur est de poursuivre Riposte laïque et Pierre Cassen (dont je rappelle, au passage, qu’ils viennent de la gauche).

Cet état d’urgence, qui laisse en paix les terroristes et persécute les honnêtes gens, en particulier ceux qui ont le courage de dénoncer la menace, est une honte qui restera comme une tache indélébile sur le quinquennat.

Guillaume de Thieulloy – Les 4 Vérités

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