Attention à la soupe!

Finalement, plus les industriels font d’efforts sur l’emballage, plus cela devrait nous mettre la puce à l’oreille. Prenez une brique de soupe industrielle. Vous voyez ce subtil dessin de nappe à carreaux, cette belle photo de champs et de beaux légumes, ce tableau noir sur lequel est précisé “sans conservateurs”. “C’est vrai, c’est frais, c’est bon”, précise même la marque. Non, vraiment, c’est trop. Dans un documentaire diffusé sur France 5 le dimanche 25 octobre, La soupe, quel potage!, la journaliste Elsa Haharfi a enquêté sur les recettes des industriels pour pouvoir produire des soupes si peu chères (vendues en moyenne moins de 2 euros le litre pour les soupes de légumes) sans perdre le goût en chemin. “Je préfère cette soupe-là à la soupe de maman”, témoigne un enfant se régalant d’un velouté de légumes industriel.

Arômes, additifs, sucres et huiles

Une soupe sur deux consommée en France est achetée toute prête en supermarché. Dans l’usine qui a accepté d’ouvrir ses portes aux caméras de France 5, on découvre donc les petites astuces des industriels pour pouvoir produire ces soupes qui plaisent tant. Les légumes ne mijotent pas pour gagner du temps et tous les ingrédients sont ajoutés en même temps. Pour un velouté pomme de terre et poireaux par exemple, les premières sont préférées aux seconds pour des raisons de coût. Rien de très étonnant à première vue.

Mais c’est à la fin de la séquence que la recette diffère vraiment de la soupe maison. Même si le chef cherche à le cacher aux caméras, des “poudres” contenant des arômes et d’autres additifs comme de l’amidon ou encore du glutamate sont d’ordinaire ajoutées aux recettes de soupes industrielles. Voilà qui explique pourquoi les soupes industrielles parviennent à avoir tant de goût avec si peu de légumes dans leur composition.

Beaucoup plus que de la tomate, du brocoli ou du potiron dans ces soupes

De l’amidon de maïs modifié qui fait grimper le taux de glucides, mais aussi du sirop de glucose et du sucre pour masquer l’acidité de certains légumes, sans oublier des huiles végétales hydrogénées. Dans une portion de soupe déshydratée à la tomate on trouve par exemple l’équivalent de deux morceaux de sucre, soit la moitié de la quantité de sucre recommandée par jour. Entre la soupe industrielle et les promesses de naturel qu’elle affiche sur son emballage, il y a donc bien un fossé.

Attention, cependant toutes les soupes industrielles ne sont pas à jeter à la poubelle! Si vous devez faire un choix, choisissez de préférence les soupes vendues au rayon frais de votre supermarché et dont la composition est souvent bien meilleure. Sinon, il reste toujours l’option légumes frais, bouillon et mixeur.

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