Le marché libre expliqué par Milton Friedman

grâce à l’exemple du crayon de Leonard Read (“I the pencil”, 1958) :

Lire aussi :
> « Moi, le crayon » : Petite histoire simple de la complexité économique

Autres articles

3 Commentaires

  • GT , 25 Juin 2012 à 16:23 @ 16 h 23 min

    32 ans après, cette histoire de crayons (qui est basée en réalité sur un article de l’économiste Leonard E. Read) se conclut de manière intéressante. Aujourd’hui la plupart des crayons vendus dans le monde sont produits en Chine – dont l’économie consiste en un dosage bien particulier d’entreprenariat privé et d’intervention étatique.

    Un Friedman d’aujourd’hui demanderait pourquoi la Chine domine le secteur du crayon, ainsi que celui de beaucoup de nombreux autres produits. Car il existe de meilleures sources de graphite au Mexique et en Corée du Sud. Il existe du bois en quantité en Indonésie et au Brésil, et la technologie est plus avancée en Allemagne et aux USA. La Chine a une main d’ oeuvre bon marché, mais c’est aussi le cas du Bangladesh, de l’Éthiopie et de beaucoup d’autres pays pauvres.

    Il ne fait guère de doute que le mérite en revient en grande partie à l’initiative et au travail des entrepreneurs et des travailleurs chinois. Mais cette histoire serait incomplète si on ne mentionnait pas les entreprises publiques chinoises qui ont fait les investissements initiaux en matière de technologie et de formation de la main d’oeuvre, la gestion laxiste des forêts qui maintient le prix du bois à un niveau artificiellement bas, les généreuses subventions à l’exportation et l’intervention de l’Etat sur le marché des devises qui donnent un avantage significatif aux industriels chinois en terme de coût. L’Etat a subventionné, protégé et encouragé les entreprises pour parvenir à une industrialisation rapide, modifiant ainsi en sa faveur la répartition mondiale du travail.

    Friedman lui-même aurait critiqué la politique chinoise. Quoi qu’il en soit, des dizaines de milliers de travailleurs employés dans les usines de crayons en Chine seraient probablement restés de pauvres paysans si le gouvernement n’avait donné l’impulsion nécessaire au marché pour permettre à l’industrie de décoller. On ne peut nier la contribution de la politique d’industrialisation de l’Etat au succès économique de la Chine.

    La place des partisans de l’économie de marché dans la pensée économique restera incertaine. Des penseurs comme Friedman laissent un héritage ambigu et troublant, car l’Histoire montre que lorsque l’enjeu est de taille, ce sont les interventionnistes qui réussissent.

  • LECONTE DE PARIS , 25 Juin 2012 à 17:46 @ 17 h 46 min

    Tu m’étonnes, Milton !

  • JJames , 26 Juin 2012 à 21:16 @ 21 h 16 min

    @GT

    “l’Histoire montre que lorsque l’enjeu est de taille, ce sont les interventionnistes qui réussissent”

    Pouvez vous illustrer par un ou deux exemples SVP, les ignorants en économie comme moi vous en seront reconnaissants …

Les commentaires sont fermés.