Otage de l’EI pendant 300 jours!

Otage de l’EI pendant 300 jours!

Ce témoin, qui souhaite rester anonyme, a été interviewé par le New York Magazine. Il a 30 ans et réside actuellement à Beyrouth au Liban. Le journaliste, bon connaisseur des pratiques des djihadistes, affirme que les faits rapportés correspondent aux habitudes des terroristes, ce qui lui permet d’avancer que cette histoire serait à prendre au sérieux.

Une visite à sa famille en Syrie qui tourne mal
Son histoire commence le 28 février 2013, alors qu’il se rend en Syrie pour rendre visite à sa famille. Il passe 15 barrages tenus par l’armée syrienne avant d’être bloqué par des hommes en noir. À la lecture de ses papiers d’identité, il est aussitôt arrêté, menotté et jeté à l’arrière d’un camion. « Ils avaient réalisé que j’étais chrétien », se souvient-il. Après huit heures passées dans un camion, il arriva dans un centre géré par le Mujahideen Shura Council.

« Ils nous torturaient quotidiennement »
Enchaîné, les yeux bandés, le trentenaire décrit des mauvais traitements continuels : « Ils nous mordaient, nous électrocutaient, nous privaient de nourriture, mais ils m’ont maintenu en vie parce qu’ils voulaient obtenir une rançon ». Pendant ces cinq mois de captivité, le Syrien chrétien n’avait pour repère temporel que la prière du vendredi de ses agresseurs. Il constate un jour que ses geôliers ont changé : le Mujahideen Shura Council a prêté allégeance à l’État islamique et ce sont désormais des combattants internationaux qui s’occupent de lui et de ses camarades d’infortune. Il a assisté à l’exécution d’un soldat syrien et sur 100 otages pour la plupart chrétiens, 37 furent exécutés pendant sa détention. Il vivait la peur au ventre, souhaitant parfois en finir.

« Tu es un croisé de l’armée du Pape ! »
Ses nouveaux geôliers viennent de France, de Belgique, d’Allemagne, de Russie, de Grande-Bretagne, d’Arabie saoudite, du Maroc ou de Tunisie… et lui semblent encore plus fanatiques que les précédents : « Ils me parlaient du temps des croisades, affirmaient que je faisais partie de l’armée du Pape. Que j’avais tué des musulmans ! ». Il a finalement été relâché dans les rues d’Alep. « Ils m’ont amené dans une église, j’ai vu une croix et je me suis dit, je suis en vie ! ». Sa famille avait versé une rançon de 80 000 dollars pour racheter sa vie. Son père de 65 ans, malade, s’était rendu 20 fois au centre de l’État islamique pour tenter de savoir où se trouvait son fils et pour négocier sa libération. Il conclut : « Les Syriens voulaient la liberté, ils n’ont eu que le chaos. Assad n’est pas un homme bon, mais avant que tout ceci n’arrive, la Syrie était un beau pays ! ».

Otages-marchandise
Ce témoignage nous rappelle que la majorité des otages saisis par les djihadistes sont des autochtones : Syriens et Irakiens, musulmans et chrétiens. Leur enlèvement sert à la fois d’arme de terreur et de source de revenus pour l’organisation. Comme souvent, le cas de ce Syrien démontre qu’ils servent de monnaie d’échange, passent de mains en mains comme des valeurs marchandes entre les groupes djihadistes, qui tiennent autant du grand banditisme que du fanatisme religieux.

Lu sur Aleteia

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