Captifs en Barbarie de Giles Milton, 2004

Captifs en Barbarie de Giles Milton, 2004

Le drame des esclaves européens en terre d’Islam n’est pas souvent évoqué. On estime pourtant que du XVIème au XIXème siècle plus d’un million de chrétiens anglais, français , espagnols, hollandais, vénitiens, génois et même américains ou russes ont souffert et, pour la plupart, sont morts dans les geôles d’Afrique du Nord.

Alger détenait le record absolu des nombre d’esclaves européens réduits en esclavage sur son territoire. Mais Tunis, Tripoli et le Maroc suivaient de peu. Plusieurs dizaines de milliers d’hommes étaient en permanence soumis aux travaux forcés.

L’historien anglais Giles Milton s’est intéressé au cas marocain à partir des souvenirs d’un jeune mousse anglais qui aura passé vingt-trois ans en captivité, principalement à Meknès.

En 1715, le jeune Thomas Pellow, onze ans, embarque sur le bateau de son oncle pour réaliser son rêve : devenir marin. Tous les équipages anglais craignent les Barbaresques, capables de mener des raids sanglants jusque dans la Manche, mais il faut bien vivre, commercer et donc naviguer.

Le navire du jeune Pellow est attaqué, et comme souvent, les Barbaresques sont vainqueurs. Commence un long calvaire avec des milliers d’autres malheureux, traités de façon inhumaine. Il sont, pour la plupart, déportés à Meknès afin de construire un palais ahurissant né de la mégalomanie du Sultan de l’époque.

Les pressions pour se convertir à l’islam sont permanentes et violentes. Le jeune homme finit par craquer sous les coups et les tortures et abjure sa foi. Il devient donc renégat pour survivre. Beaucoup feront comme lui alors que d’autres résisteront, mais mourront presque immanquablement.

Nous suivons donc sa vie, ses épreuves, et la description très intéressante du fonctionnement de ce califat d’une invraisemblable cruauté. Daesh n’a rien inventé…

Ce livre, sans être un chef d’oeuvre littéraire, est un témoignage passionnant, d’une histoire presque occultée. Le lecteur reste confondu devant tant de barbarie mais aussi de passivité des puissances maritimes européennes, incapables de prendre les mesures qui s’imposaient.

Un document nécessaire.

 

leslivresdantoine

Articles liés