Québec : 11 lieux publics contenant le mot «nègre» rebaptisés!!!

Ruisseau du Nègre, Lac du Nègre, Rivière du Nègre, Buttereau-du-Nègre, Rocher Nigger, Rapides Nigger-Eddy, Nigger Rapids Rapides des Nègres… 11 villages, lacs ou rivières québecois seront rebaptisés

C’est la seule province canadienne à avoir dans sa toponymie des lieux contenant les mots «nègre» ou «nigger» («nègre» en anglais, NDLR). Le Ruisseau du Nègre, le Lac du Nègre, la Rivière du Nègre, Buttereau-du-Nègre, le Rocher Nigger, Nigger-Eddy Rapids, Nigger Rapids et autres Rapides des Nègres.

.. 11 villages, lacs ou rivières québecois seront rebaptisés suite à une décision, ce vendredi, de la Commission de toponymie du Québec, un organe fondé il n’y a pas moins de 103 ans.

«’Nègre’ a une connotation fortement injurieuse. Quant à ‘nigger’, ce mot a acquis, au fil du temps, une charge péjorative», déclarent les autorités. «Même s’il sont d’usage ancien, ces mots peuvent porter atteinte à la dignité des membres de la communauté noire», a encore souligné la Commission.

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Cette décision fait suite à un débat lancé en août par des militants sur la pertinence du nom «Rapides des Nègres», donné en… 1970 aux cours d’eau de la ville de Bouchette, près de Montréal. La ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, avait elle-même fait part de sa préoccupation quant à des dénominations qui pourraient avoir une connotation «blessante».

Des pistes pour les nouvelles appellations ? Les 11 lieux publics seront renommés «dans le respect du patrimoine historique, en rendant hommage à la présence de la communauté noire au Québec, qui a contribué à l’enrichir». Nous n’en saurons pas plus.

La question de l’esclavage au Canada a longtemps été occultée par les historiens et la société canadienne en général, nous indique le Musée virtuel de la Nouvelle-France. «On n’a réellement pris conscience de ce passé esclavagiste qu’à compter des années 1960». Pourtant, l’esclavage a bel et bien été pratiqué au Québec pendant près de 200 ans, par les colons français.

Parmi les esclaves du Québec, les premiers Africains sont arrivés à la fin du XVIIe siècle. Depuis le début du siècle, le trafic humain concernait essentiellement les Amérindiens, des Indiens d’Amérique ou des Esquimaux des colonies anglaises voisines. Parmi ces prisonniers : des Renards et des Sioux en provenance des Grands Lacs, des Inuits du Labrador, des Chicachas de la vallée du Mississippi, des Apaches du sud-ouest américain, et surtout, des «Panis». La désignation, qui se réfère aux Pawnees du Missouri, était devenue avec le temps, pour les pionniers, un terme générique désignant n’importe quel esclave amérindien.

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