El niño 2, l’autre enfant terrible du climat !

Par Charles Chaleyat

 

Tout le monde a entendu parler d’El niño, ce phénomène climatique de grande ampleur de l’Océan Pacifique-Sud qui provoque parfois des catastrophes, soit à l’Est (Amérique du Sud et même Etats-Unis) soit à l’Ouest (Indonésie, Australie). Son nom vient de ce qu’il apparait peu après Noël, fête de l’Enfant-Jésus.

Habituellement, les côtes de l’Equateur, du Chili et du Pérou sont balayées par les alizés SE-NW et baignées par le courant froid de Humboldt allant au Nord – appelé par contraste, La niña. Il chasse les eaux chaudes et permet la remontée des eaux profondes froides, riches en gaz carbonique, favorisant le plancton donc les poissons et par conséquent, la pêche.  Passé Noël, ce courant s’inverse et se dirigeant au Sud, suite à une perturbation dans la circulation atmosphérique entre les pôles et l’équateur, il apporte des eaux chaudes,  repoussant les eaux froides et corollairement, chassent les poissons. Certaines années (une à deux fois par décennie), ce courant est plus important et prenant alors le nom d’El niño, il descend largement plus au Sud, ruinant les pêcheurs, provoquant des pluies abondantes sur les terres en général peu arrosées (années d’abondance agricole), pluies devenant parfois dévastatrices (1982).

Le premier signe d’El ñino est un renforcement des alizés venant du SE accumulant les eaux chaudes dans le Pacifique Ouest (montée de la mer en Australie). Dès que les vents du Sud faiblissent, les eaux chaudes du Pacifique Ouest envahissent le Pacifique Est, début du phénomène El niño qui va durer environ 18 mois et être parfois suivi du courant inverse La niña.

Peu à peu, l’on s’est aperçu qu’il existait un phénomène similaire dans l’Océan Indien, El niño 2, provoquant sécheresses en Asie du Sud-Est, en Australie et inondations en Inde et en Afrique Orientales. Appelé le dipôle de l’océan Indien, il évolue comme El niño, en liaison avec lui (12 à 18 mois après lui) et fluctue tous les 3 à 8 ans. Il semble être une réponse passive aux changements de pression atmosphérique et des alizés du Pacifique.

Le phénomène El niño 2 a provoqué des effets dramatiques sur les continents: 250 cm de pluies en 6 mois sur le Nord du Pérou, détournement de typhons qui frappèrent Hawaï et Tahiti, sans préavis.

Par ondes de chocs, il se mondialise, déplace des zones de pluies de l’Indonésie, adoucit les hivers au Canada, augmente les pluies au Texas et en Californie, gonfle les vagues à San Francisco, pousse les tornades de Floride à 400 km/h etc.

Les études associées démontrent que ces événements météorologiques extrêmes augmentent en nombre depuis trente ans, en liaison avec l’augmentation de la température de surface de la Terre.

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