Les AFC contre un sex-shop installé près d’une école, l’AFP prend parti pour le sex-shop

“Quand les catholiques partent à l’assaut des sex toys des Parisiennes”, c’est le titre d’une dépêche très orientée de l’AFP signée Dorothée Moisan. La journaliste commente le fait que le sex-shop ouvert au 69 rue Saint-Martin, à 90 mètres de l’école élémentaire et du collège Saint-Merri, est traîné devant le tribunal correctionnel de Paris par la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) et l’association CLER Amour et Famille qui réclament une condamnation pénale de son propriétaire, Nicolas Busnel, défendu par Me Richard Malka (classé parmi les 30 personnes les plus influentes des médias en 2010 par le magazine GQ), et 10 000 euros de dommages et intérêts.

Ce que lui reprochent les deux associations ? De bafouer ouvertement la loi sur la protection de l’enfance de 1987, réformée en 2007, qui interdit “l’installation à moins de 200 mètres d’un établissement d’enseignement, d’un établissement dont l’activité est la vente ou la mise à disposition du public d’objets à caractère pornographique”. Une infraction théoriquement punie de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Mais Dorothée Moisan prend parti. La journaliste se complaît à détailler dans sa dépêche l’offre du sex-shop et fait mine de trouver la situation on ne peut plus normale : selon elle, l’établissement complaisamment qualifié de “sexy et raffiné” (comme dans une plaquette de communication…) “obnubile (…) certains catholiques” qui voudraient faire “déguerpir” (sic) les objets à caractère pornographique. Vous avez bien lu, s’inquiéter du non-respect d’une loi visant à protéger les mineurs, c’est être “obnubilé”

Interrogé par l’AFP, Me Richard Malka, qui a défendu Charlie Hebdo lors de l’affaire des caricatures et, plus récemment, la crèche Baby Loup, se lamente : “Entre les gens qui lacèrent des tableaux et ceux qui cherchent à interdire les sex toys, on assiste à une tentative insupportable d’immixtion du religieux dans la société”. Depuis quand le respect d’une loi votée par les élus de la République laïque est “une tentative insupportable d’immixtion du religieux dans la société” ?

Procès le 29 juin.

Autres articles

2 Commentaires

  • JO le Bout , 2 mai 2011 @ 10 h 37 min

    Merci de votre article clair et qui, comme les AFC, se place avec raison sur le terrain de la loi civile. Ce domaine, me semble t-il, est beaucoup trop négligé par les catholiques. L’arsenal contre les attentats à la pudeur, par exemple, est sous-utilisé… à moins que tous les juges soient des idéologues, ce que j’ai peine à croire.

  • Pulsar , 8 février 2012 @ 13 h 04 min

    Un sex shop près d’une école, d’un collège n’est pas plus choquant pour moi qu’un bar ou qu’un tabac …… l’alcool et le tabac font plus de dégats chez les jeunes qu’un vibromasseur ou de la lingerie……..

Les commentaires sont fermés.