Le peuple estonien bloque les unions civiles et l’adoption pour les homosexuels

Le Parlement estonien. Photo Wikimedia Commons.

C’était la cinquième fois depuis 2005 que le lobby gay appuyé par l’internationale LGBT financée entre autres par l’ONU, l’Union européenne et George Soros tentait de passer en force au parlement estonien. En mai, le gouvernement estonien a adopté un projet de loi « relatif à la vie commune des couples de même sexe ». Ce projet prévoyait la possibilité pour deux représentants du même sexe de signer un contrat d’union civile devant notaire et d’adopter des enfants qui, comme en France avec la loi Taubira, auraient eu « deux papas » ou « deux mamans ». Cette loi devait entrer en vigueur le 15 janvier 2015 et l’adoption du projet a été saluée par les ambassades des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Autriche à Tallinn, capitale de l’Estonie, qui ont à cette occasion fait flotter le drapeau arc-en-ciel du lobby gay.

Mais c’était sans compter avec l’intervention de la Fondation estonienne pour la défense de la famille et des traditions qui a lancé le 19 mai une pétition sur Internet contre le projet de loi et qui avait déjà réussi à récolter plus de 44 000 signatures de citoyens au bout de 24h. La pétition a aussi été envoyée à des centaines de milliers de foyers dans tout le pays et la réaction des « Estoniens du bas » a été très positive. Outre le succès de la pétition, près de deux cent mille courriers de protestation ont été envoyés aux 101 députés estoniens, ce qui n’est pas mal du tout dans un petit pays de 1,2 million d’habitants. Les membres du parlement de Tallinn se sont rappelé que des élections allaient avoir lieu l’année prochaine et ils ont donc préféré abandonner le projet, du moins pour le moment.

Pourtant les Estoniens ne sont pas parmi les peuples les plus religieux d’Europe : 54 % des habitants affirment n’avoir de lien avec aucune religion, 16,2 %, surtout des russophones, se disent chrétiens orthodoxes, 9,9 % se disent luthériens et 2,2 % se classent dans la catégorie « Autres chrétiens » tandis que 17 % affirment s’adonner à « d’autres pratiques spirituelles ». Comme quoi, l’attachement à la famille traditionnelle n’est pas uniquement une lubie catholique comme voudraient le faire croire les artisans français de l’ingénierie sociale à la mode LGBT.

Le représentant de la Fondation pour la défense de la famille, Varro Vooglaid, a évoqué pour son action la constitution estonienne qui garantit « la protection de l’institution de la famille comme fondement de la préservation de la nation et de la société ». Une institution de la famille qui, conformément au bon sens et à la constitution estonienne, s’appuie sur l’union d’un homme et d’une femme. Dans une interview accordée en anglais à la télévision Internet du site d’information polonais Polonia Christiana, une interview retranscrite ici en anglais par le site américain LifeSiteNews, Varro Vooglaid explique son action et les énormes pressions dont les défenseurs estoniens de la famille font l’objet, notamment du fait de l’implication active de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ou ILGA, une fédération d’associations LGBT qui comptait encore parmi ses membres dans les années 80 des associations militant ouvertement pour la légalisation de la pédophilie). L’ILGA est lourdement financée par l’Union européenne : 1 017 055 € reçus en 2012 de la Commission européenne sur un budget annuel de 1,95 M €, le reste ayant été fourni par des subventions du gouvernement néerlandais, par l’Open Society Institute de George Soros et par l’organisation britannique Sigrid Rausing Trust. Car comme le fait remarquer M. Vooglaid, les associations militantes homosexualistes ne bénéficient d’aucun soutien populaire et elles ne peuvent donc compter que sur les subventions qui leur sont accordées par des organisations internationales et des États qui adhèrent à leur idéologie.

Pour imposer le programme d’un lobby extrémiste qui ne défend les intérêts que d’une petite minorité, même si cette petite minorité est largement surreprésentée dans les médias et dans les organisations internationales, on parle de promotion des droits de l’homme. Mais, insiste Varro Vooglaid, juriste de profession, il ne peut être question de droits de l’homme ici puisque la loi estonienne garantit le même droit au mariage à tous sans exception. La constitution ne permet en revanche pas de redéfinir le mariage pour satisfaire les lubies d’une petite minorité. La réaction des Estoniens de base a montré que comme ailleurs en Europe les politiciens et les médias sont largement déconnectés du peuple et qu’ils donnent une image complètement déformée de ce qu’est réellement l’opinion publique.

La difficulté, selon le militant pro-famille estonien, c’est que dans de nombreux pays occidentaux les médias se sont ralliés à l’idéologie homosexualiste et refusent de donner la voix à la majorité. Si les médias cherchent à peindre la question du « mariage » homosexuel comme une question de droits de l’homme et d’égalité, on s’aperçoit avec des actions comme celles de la Fondation estonienne pour la défense de la famille et des traditions (et comme celles de la Manif pour Tous en France) que les gens normaux voient la chose très différemment.

Bien entendu, les organisations LGBT, connues pour leur tolérance et leur respect des opinions divergentes, ont déposé des plaintes contre les auteurs de la pétition auprès de l’office de la protection des consommateurs et à la police pour incitation à la haine. Elles ont aussi comme à leur habitude adressé des lettres virulentes aux employeurs de certains membres de la Fondation, leur enjoignant de renvoyer ces salariés politiquement incorrects. Mais Varro Vooglaid dit ne pas avoir peur des poursuites judiciaires et même les souhaiter pour mettre à nu dans son pays les méthodes totalitaires de l’internationale LGBT.

Sources : Polonia Christiana, LifeSiteNews

 

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26Commentaires

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  • monhugo , 4 juin 2014 @ 11 h 11 min
  • Jean Dutrueil , 4 juin 2014 @ 11 h 14 min

    @ l’auteur,

    Merci beaucoup pour ce très bon article, très instructif, qui montre que nous sommes loin d’être seuls dans ce combat (à titre personnel je n’ai rien contre les homos mais je leur refuse totalement le mariage qui a pour premier but la procréation, la transmission du patrimoine et la sécurisation de l’enfant élevé qui a besoin pour se construire de l’altérité sexuelle des parents!) et qu”il n’y a pas que la Russie poutinnienne tant vénérée par certains (au risque de masquer le combat des polonais,des hongrois et des baltes dans la lutte pour leurs identités euro-chrétienne sous certains aspects refusées par la Russie qui les maintient dans une soumission énergétique totale qui a pour résultat de les jeter militairement dans la gueule des américains afin de contrebalancer leur dépendance à l’hégémonie énergétique russe) qui soit garante des valeurs ancestrales contre le mondialisme…

  • monhugo , 4 juin 2014 @ 11 h 18 min

    On peut gloser sans fin, saluer les résistances, etc….. TOUS les membres de l’UE, même les moins enthousiastes comme l’Estonie, en arriveront, sous une forme ou une autre, à plus ou moins brève échéance, à l’union pour invertis munie de l’onction étatique. Avec son corollaire, côté “famille pour tous” – donc au minimum l’adoption relativiste, par 2 hommes, ou 2 femmes.
    Malte, cet archipel si catholique encore (avec une église à chaque coin de rue) a adopté récemment une union civile pour homos, permettant l’adoption dénaturée.
    Les LGBT ont l’oreille de Bruxelles. Seul moyen d’éviter cette généralisation “sociétale” : mettre fin à l’UE (ou simplement sortir de ce club mondialiste – l’Estonie sait ce qui lui reste à faire.

  • clovis , 4 juin 2014 @ 11 h 25 min

    C’est très beau et “ils” sont très forts. Je voudrais réagir en rappelant que le chant grégorien n’est pas interdit par V2; voici ce qu’en dit V2: “L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place. SACROSANCTUM CONCILIUM §116)”

    De nombreuses scholas grégoriennes, comme celle que j’ai fondée à Sèvres 92310, le font vivre en paroisse, non sa: voir le site http://www.gregorien-en-paroisse.org/. Si le chant grégorien vous intéresse rejoignez-nous voici mon adresse électronique: [email protected]

  • Catoneo , 4 juin 2014 @ 12 h 10 min

    L’Estonie n’a pas les moyens de sortir du club décadent.
    Elle est tenu à bout de bras par deux autres pays scandinaves, la Finlande, sa grande soeur, la Suède, son poumon financier.
    Cela n’empêche pas les Estoniens d’être fiers !

  • Olivier Bault , 4 juin 2014 @ 12 h 10 min

    “* Si info confirmée (n’ai rien trouvé en ce sens).”
    C’est le chiffre avancé par le site/mensuel d’information Polonia Christiana : http://www.pch24.pl/estonczycy-blokuja-ustawe-o-homozwiazkach–w-jeden-dzien-,23246,i.html
    Comme je ne lis pas l’estonien, je n’ai pas pu vérifier dans les médias estoniens, mais Polonia Christiana passe plutôt pour un site sérieux et ils ont écrit plusieurs articles au sujet de cette action de protestation contre ce projet de loi du gouvernement estonien.

  • kerneilla , 4 juin 2014 @ 13 h 03 min

    Bravo pour le Peuple estonien et son bon sens! honte aux gouvernements , organisations et individus (journalistes, politiques, idéologues de tout poils)
    qui bafouent la démocratie !

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