Le grand cirque de l’euro

par Alain Bournazel, du Comité de rédaction des Cahiers de l’Indépendance.

Pour du grand spectacle, ce fut du grand spectacle. Sur les bords de notre Méditerranée, se côtoyant les dirigeants du G20 qui sont censés diriger la planète et les contre-manifestants venus du monde entier pour protester contre la finance internationale. Et au milieu de ce vaste forum, l’éternel malade de l’Union européenne, l’euro.

Ayons le courage de regarder la réalité en face. Si la Grèce qui ne représente qu’une part minime de la richesse de l’Europe est en mesure d’entrainer une grave crise de la monnaie européenne et de l’Union européenne elle-même, c’est que l’euro est malade, très malade. Cette monnaie porte en elle-même, sans pouvoir s’en défaire, les stigmates d’avoir été imposée par la bureaucratie européenne, sans la volonté des peuples. Il est d’ailleurs symptomatique que l’annonce d’un référendum en Grèce ait fait plonger l’ensemble des Bourses européennes dans une tempête. Et ce qui a été fait lors de ce dernier sommet apparaîtra vite comme de menues diversions qui prolongent mais ne remettent pas en cause une agonie programmée.

Nous avons à l’intérieur de l’Union européenne, un groupe de pays comme le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède qui ne font pas partie de la zone euro et qui finalement traversent la crise économique mondiale sans difficulté excessive. Et nous avons les pays de la zone euro qui, à l’exception notable de l’Allemagne, sont en crise quasi-permanente comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, et il s’en faut de peu que l’on soit obligé d’ajouter la France. Où est-il le temps où les « experts » de Bruxelles proclamaient sentencieusement que la livre britannique ne pourrait survivre longtemps en dehors de la zone euro ?

Nous sommes plongés dans la crise. L’argent est rare. Mais dès qu’il s’agit de sauver l’euro, l’argent coule en abondance. Ce n’est sans doute pas le meilleur service que l’on puisse rendre à l’Europe et à la Grèce. Est-il normal de réduire d’un trait de plume la moitié de la dette grecque auprès des institutions bancaires alors que l’on refuse cette faveur aux entreprises et aux ménages de France qui sont obligés de s’endetter par ces temps difficiles ? Ces milliards dépensés, on devrait dire dilapidés, permettront-ils de relancer l’économie grecque et de mettre fin à l’alanguissement de l’Europe ? Chacun sait qu’il n’en est rien. Alors qu’à travers le monde de nombreux pays émergents font preuve de leur dynamisme et de leur compétitivité, les pays européens décervelés par les chimères de quelques batteurs d’estrade roulent tranquillement sur la route du déclin.

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