« Crazy Frigid » et le bien-être de l’enfant, les cartes maîtresses des Français contre la dénaturation du mariage

David Azerrad, Directeur associé du B. Kenneth Simon Center for Principles and Politics de la Fondation Heritage et contributeur régulier du Bulletin d’Amérique, était récemment à Paris. Impressionné par l’enthousiasme du mouvement opposé au « mariage pour tous », il voudrait voir les conservateurs américains — une fois n’est pas coutume — en tirer les enseignements. Traduit de l’Anglais par Le Bulletin d’Amérique. Titre original : How the French are Fighting for Marriage.

Le 26 Mars, des milliers d’Américains se réuniront à Washington D.C. à l’occasion de la marche nationale pour le mariage. Il leur faudra un effort considérable pour égaler l’élan [ndt : en Français dans le texte] des Français, qui se préparent à leur troisième manifestation, à Paris le 24 mars.

En Novembre, 100.000 personnes se sont rassemblées dans la capitale française pour protester contre un projet de loi reconnaissant le mariage homosexuel. Le 13 Janvier, Paris a été recouvert d’une marée rose vive — qui a dit que le mariage défense ne pouvait être fait avec un peu de style ? — alors qu’un million de personnes s’étendaient sur près d’un kilomètre en face de la Tour Eiffel, scandant « Mariageophiles pas homophobes » et « Un père, une mère, c’est élémentaire! »

Ignorant la vague de mécontentement, l’Assemblée nationale a cependant adopté la loi. Sans se décourager, le mouvement pro-mariage a recueilli 700.000 signatures en moins de deux semaines [ndt : à échelle américaine, il faudrait recueillir 4 200 000 signatures] pour exiger que les impacts de la loi soient étudiés par une assemblée consultative. Leur demande a été rejetée et le projet de loi est maintenant entré au Sénat.

Les Américains qui luttent chez nous pour la défense du mariage auraient beaucoup à apprendre des Français. Le mouvement pour le mariage a forcé l’émergence d’un débat national sur la redéfinition du mariage. Ils ont retourné l’opinion publique sur la question : une majorité y est désormais opposée. Et ils ont agi avec le soutien du grand public, attirant de nombreuses personnes qui ne sont ni conservatrices ni religieuses.

Alors, comment ont-ils fait ?

Tout d’abord, ils ont centré le débat sur le bien-être des enfants, et non sur le désir des adultes. « Le droit de l’enfant surpasse le droit à l’enfant, » dit habilement un slogan. Un autocollant populaire déclare « Made in papa + maman » sur la photo d’un bébé. Dans toutes les déclarations publiques, l’accent est toujours mis sur les besoins et le droit de l’enfant. «Le droit de l’enfant est radicalement différent du droit à l’enfant», expliquait le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, dans l’un des meilleurs essais sur le sujet, récemment traduit en anglais. « Le premier droit est fondamental. Il consiste notamment à donner à l’enfant une famille dans laquelle il aura le plus de chance d’avoir la meilleure existence ».

Deuxièmement, ils ont mis sur pied une coalition hétéroclite qui comprend non seulement les traditionalistes et groupes chrétiens, dont la présence n’étonnera personne, mais aussi les homosexuels, les socialistes, les féministes, les juifs et les musulmans. L’un des principaux porte-parole de la cause, Xavier Bongibault, est un homosexuel athée aux cheveux blonds décolorés.

«Dire que les homosexuels doivent être en faveur de ce projet de loi parce qu’ils sont homosexuels, c’est nier leur existence que les hommes et les femmes», explique t-il. «cela revient à dire qu’ils ne peuvent penser qu’en fonction de leur orientation sexuelle, et non selon leur conscience politique. »

Enfin, ils ont évité le péché capital de l’âge vide dans lequel nous vivons : la congestion et l’étroitesse d’esprit. Le gouvernement a appelé sa loi «Le mariage pour tous», les militants ont appelé leur mouvement «La marche pour tous». Leur couleur officielle est le rose vif. Leurs slogans sont intelligents et percutants. Et leur porte-parole le plus virulent est un personnage haut en couleur qui va par le nom de « Frigide Barjot » (« Crazy Frigid », un jeu de mots sur le nom de la célèbre actrice Brigitte Bardot).Ce que les Français nous ont montré est la façon de concevoir un message rhétorique puissant, qui explique clairement que le débat sur le mariage n’est pas à propos de l’homosexualité, mais des besoins et du droit des enfants.

Lire aussi :
> Défense du mariage : la Fondation Heritage en renfort

Se former :
> La théorie du genre expliquée par l’IFP
> Théorie du genre, un archaïsme qui se veut moderne, par René-Pierre Samary

Cet article est publié en partenariat avec Le Bulletin d’Amérique.

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17 Commentaires

  • Charles , 17 Mar 2013 à 18:18 @ 18 h 18 min

    http://www.theimmaculateheart.com/gregoryXVII.htm

    Le monde numérisé permet a chacun d’entre nous de trouver les informations pertinentes.
    Le 26 Octobre 1958 un peu avant 18 heures pres
    de 200.000 personne observent la fumée blanche pendant plus de 3 minutes.Les gardes suisses se mettent en place pour l’apparition du nouveau Pape.

    Des cardinaux font des signes de la main pour indiquer l élection d’un nouveau pape.
    Puis, changement de couleur de fumée.
    Plus de pape élu.
    J23 sera élu le lendemain….

    Il est évident que l’élection de Frère Jean 23 en octobre 1958 et l’annonce du concile Vatican 2 pour 1962 ont constitué le fondement de notre dérive sociétale continue des 50 dernières années.
    Il faut tout refonder.

    Il y a eu Vatican 2,il faudra Vatican 3.

    OU EST LE PROBLEME

  • Goupille , 17 Mar 2013 à 18:30 @ 18 h 30 min

    Parfaitement d’accord. Et d’ailleurs, en ce jour des Rameaux, les Catholiques devraient venir avec du buis.
    Et pouvoir les faire bénir sur place avant le départ de la manif, puisqu’ils seront dans les cars à l’heure des messes.

    Ouh ouh ? La CEF ???…

  • Charles , 17 Mar 2013 à 19:01 @ 19 h 01 min

    Excellent le coup du Buis bénit.
    Pour le plaisir de donner la nausée a l’Anti France

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