Peugeot/Renault : Éric Zemmour dénonce le deux poids, deux mesures du Gouvernement

Le Zemmour du vendredi. “Dans les années 60, on était Beatles ou Rollings Stones. Dans les années 70, on était Renault ou Peugeot. La droite était Peugeot, la gauche Renault. Giscard, souvenons-nous, roulait en Peugeot, Mitterrand en Renault. Renault, c’était Billancourt, qu’on ne devait pas désespérer. Peugeot, c’était le patronat paternaliste. Renault, c’était la banlieue rouge, Peugeot la province. Tout a changé depuis mais… rien ne change. La gauche a toujours les yeux de Chimène pour Renault. Renault ne vire pas les ouvriers mais réduit les effectifs. Renault ne délocalise pas mais nourrit les pauvres en Turquie ou à Tanger et demain à Alger. Montebourg aurait rétabli la guillotine pour Peugeot, il est tout miel avec Renault. Il est vrai que depuis l’affaire Mittal, les technos du Trésor lui ont montré qui était le patron. Montebourg a ravalé ses plans de nationalisation et de dé-mondialisation. Il apprend la figuration. Il fait de la retape auprès des investisseurs étrangers. Renault a eu l’élégance de prévenir le ministre, c’est la transparence, il paraît. La vie avec Montebourg, c’est simple comme un coup de fil. Pourtant, les effectifs dans l’œil du cyclone sont plus importants que ceux visés à l’époque par Peugeot. Depuis dix ans, Renault a délocalisé bien plus massivement que Peugeot, c’est même ce tropisme patriotique qui a causé la perte de Peugeot.

“Depuis dix ans, Renault a délocalisé bien plus massivement que Peugeot, c’est même ce tropisme patriotique qui a causé la perte de Peugeot.”

Il y a belle lurette que Carlos Ghosn a compris, lui, que les ouvriers français étaient plus chers que les Marocains et les Turcs. Il est fort en calculs, ce Carlos Ghosn, c’est un cost killer. Pourquoi voulez-vous qu’il touche neuf millions d’euros par an ? Mais c’est à la famille Peugeot que Montebourg reproche ses dividendes. C’est une tradition à gauche : on préfère les élites mondialisées au patronat trop franchouillard. C’est Renault et pas Peugeot qui fait du chantage à ses ouvriers en France pour qu’ils s’alignent sur les conditions de travail de leurs collègues espagnols, qui ont dû accepter une baisse de salaire de 25%. En France, Renault avance masqué, réclamant seulement des hausses du temps de travail et une plus grande mobilité des effectifs entre les usines. Mais l’objectif est bien d’hispaniser les ouvriers français, comme ont été turkisés les Espagnols avant de maroquiniser et d’algérianiser tout ce petit monde. Les experts ne jurent que par la montée en gamme des modèles mais la guerre entres constructeurs automobiles se joue d’abord sur la capacité à réduire les coûts salariaux. Les nationalisations américaines ont d’abord servi à ça. L’industrie anglaise se reconstruit à des conditions de pays pauvre. Fiat ne restera en Italie que s’il peut s’aligner. Même les Allemands ont délocalisé le gros de leurs usines en Tchéquie ou en Pologne, ne laissant aux ouvriers allemands que le plaisir d’inscrire sur les superbes limousines ce “Made in Germany” si chic. Dans les années 60, Renault était l’entreprise du modèle social. Aujourd’hui, elle est plutôt le modèle de l’entreprise mondialisée qui n’aura bientôt plus d’usine dans son pays d’origine et ne se souvient de sa nationalité française que lorsqu’il s’agit de quémander des aides de l’État. Au moins, elle est restée un modèle…”

Lire aussi :
> L’échec de Renault, c’est celui de Carlos Ghosn, par Pascal Gateaud [L’Usine Nouvelle]

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16Commentaires

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  • BUREAU , 19 janvier 2013 @ 16 h 23 min

    Bonjour,
    Bravo pour cette analyse M.ZEMMOUR.
    Je ne comprends pas la réponse de Julien, aucun rapport avec le sujet….. Il faut réfléchir Julien avant d’écrire.
    Cordialement

  • Mitsahne , 19 janvier 2013 @ 17 h 09 min

    Imaginez seulement quelques instants qu’à la place de Carlos Ghosn on mette Montebourg.

    Ce dernier n’a vraiment jamais travaillé et n’a pas la moindre idée de ce que sont de vraies responsabilités. Il se pavane avec son titre ronflant de Ministre redresseur de torts et, comme a dit un jour Luc Ferry, il est tellement fat qu’il croit que la raie de ses fesses est le méridien de Greenwich !

    Combien de nos ministres savent-ils seulement lire un bilan ? Je me souviens d’un jeune député qui s’était étonné, à la lecture d’un bilan, que les camions de l’entreprise se trouvent à la rubrique “Immobilisations” et le capital au “Passif” !

    Un académicien a récemment suggéré que l’on accrédite un nouveau mot dans le dictionnaire : INAPTOCRATIE, = la direction d’un pays par les moins capables, élus par le plus grand nombre de…naïfs.
    Ce n’est pas une utopie, c’est la réalité.

  • marie-france , 19 janvier 2013 @ 22 h 11 min

    @ Julien,çà vous irrite le gosier que Zemmour dise la vérité??? Quel rapport la fortune des juifs,et les arabes????ils ne sont pas riches????Comme dit Zemmour 2 poids et 2 mesures!!

  • hille , 20 janvier 2013 @ 8 h 25 min

    Bonjour,

    Constat un peu rapide mais sans appel, véritablement : c’est bien ce qui se passe malheureusement !
    Je ne vois pas comment enrayer le processus …sauf à espérer que dans 20 ans les “lieux de délocalisation” aux populations enrichies auront besoin de techniciens supérieurs et de brainstorming Français expatriés pour conforter l élévation majeure de leur niveau de vie ( services )..
    Je pense quil faudrait néanmoins leur donner un coup de main en surplus “en aide au tiers monde en développement ” et non pas à leurs dictatures ….réelles ou cachées …
    D où l intérêt de la formation professionnelle haut de gamme en France …dès aujourdhui…

    On peut toujours espérer !

    Bien à vous

  • esteban974 , 20 janvier 2013 @ 17 h 33 min

    # Nom Fortune (en dollars américains) Pays Résidence Entreprise ou secteur
    1 Carlos Slim Helú $69,0 milliards Mexique Mexico Grupo Carso
    2 Bill Gates $66,0 milliards États-Unis Washington Microsoft
    3 Warren Buffett $44,0 milliards États-Unis Nebraska Berkshire Hathaway
    4 Bernard Arnault $41,0 milliards France Île-de-France LVMH
    5 Larry Ellison $41,0 milliards États-Unis Californie Oracle Corporation
    6 Amancio Ortega $37,5 milliards Espagne Galice Inditex
    7 Eike Batista $30,0 milliards Brésil Rio de Janeiro OGX
    8 Stefan Persson $26,0 milliards Suède Stockholm Hennes & Mauritz
    9 Li Ka-shing $25,5 milliards Chine Hong Kong Hutchison Whampoa
    10 Karl Albrecht $25,4 milliards Allemagne Rhénanie-du-Nord-Westphalie ALDI
    11 Christy Walton & sa famille $25,3 milliards États-Unis Wyoming Wal-Mart
    12 Charles Koch $25,0 milliards États-Unis Kansas Koch Industries
    13 David Koch $25,0 milliards États-Unis New York Koch Industries
    14 Sheldon Adelson $24,9 milliards États-Unis Nevada Las Vegas Sands
    15 Liliane Bettencourt $24,0 milliards France Île-de-France L’Oréal
    16 Jim Walton $23,7 milliards États-Unis Arkansas Wal-Mart
    17 Alice Walton $23,3 milliards États-Unis Texas Wal-Mart
    18 S. Robson Walton $23,1 milliards États-Unis Arkansas Wal-Mart
    19 Mukesh Ambani $22,3 milliards Inde Maharashtra Reliance Industries
    20 Michael Bloomberg $22,0 milliards États-Unis New York Bloomberg L.P.
    21 Lakshmi Mittal $20,7 milliards Inde Londres ArcelorMittal
    22 George Soros $20,0 milliards États-Unis New York

  • xanpur , 20 janvier 2013 @ 18 h 29 min

    C’est pas faux et on pourrait ajouter bon nombre de noms surtout du côté des banques mais quel rapport avec Renault

  • Sympathisant , 1 août 2013 @ 19 h 13 min

    Où voulez-vous en venir ?

    Eric Zemmour parle de la difficulté à être patron en France, respectueux de la valeur ajoutée, de l’emploi, et de l’assiette imposable nationaux. Un vrai sujet s’il en est.

    Et vous faites de l’antisémitisme de café du commerce.
    En changeant de sujet.

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