Éric Zemmour : «Gérard Depardieu n’est pas Danton, Obélix, Cyrano mais avant tout et pour toujours Jean-Claude dans Les Valseuses»

Le Zemmour du mardi. Depardieu n’est pas Danton, qui a préféré être guillotiné plutôt que d’emporter la patrie à la semelle de ses souliers. Il n’est pas Obélix non plus, le Gaulois bataillant pour la liberté de son pays occupé par les Romains. Il n’est pas Cyrano qui chérit les glorieuses défaites davantage que les victoires minables. Non, Depardieu est avant tout et pour toujours le personnage de son premier succès, Les Valseuses, dans les années 70. Il y jouait alors, avec son compère Patrick Dewaere, un jeune homme d’époque, cheveux longs et idées courtes, amoral et jouisseur, qui se baladait dans la vie comme dans un supermarché, s’emparant de tout ce dont il avait envie, comme un enfant gourmand, sans tabou ni interdit. Dans Les Valseuses, Depardieu fut l’incarnation la plus magnifique de cette génération consumériste, sans transcendance, sans Dieu ni patrie. Tout s’achète et tout se vend, finalement, même les enfants. Quand on peut choisir son sexe, pourquoi ne pourrait-on pas choisir son pays. Et puis, Depardieu a grandi, mûri. Il a appris à compter. Il est un homme d’affaires comme Bernard Arnault et tous les patrons qui se sont exilés pour mettre à l’abris leur magot. C’est pourquoi la droite libérale le bénit et croit habile de dénoncer le matraquage fiscal de gauche, en reprenant les principes individualistes et libertaires de cette gauche qu’elle dénonce habituellement.

“Depardieu choisit seulement sa région de prédilection, dans la grande nation européenne où la concurrence fiscale est un moteur de la croissance, protégée par la Commission de Bruxelles.”

Depardieu est un citoyen européen, il met en pratique la devise de François Mitterrand. La France est sa patrie mais l’Europe est son avenir. Comment Hollande et Ayrault peuvent-ils lui en vouloir ? Depardieu choisit seulement sa région de prédilection, dans la grande nation européenne où la concurrence fiscale est un moteur de la croissance, protégée par la Commission de Bruxelles. Et puis, Depardieu est un homme libre. Son corps lui appartient. Il le trimballe où il veut, quand il veut. Les frontières sont des lignes désuètes, dépassées. Au lieu de tancer Obélix et le sommer de revenir en Gaulle, Harlem Désir devrait se souvenir de ce qu’il disait au bon vieux temps d’SOS Racisme. Depardieu n’est qu’après tout un immigré inquiet sur son sort dans son pays et qui a bien le droit d’espérer un avenir meilleur dans une autre contrée. Depardieu est un citoyen du monde, comme Daniel Cohn-Bendit, comme Les Verts, comme toute l’extrême-gauche, qui maudissent cette France du repli, cette France moisie. Depardieu a bien raison d’abandonner cette France de merde, bled de merde, comme il disait dans Les Valseuses. Quand Depardieu tournera son prochain film, rien ne l’empêchera de profiter, comme d’habitude, du régime fiscal hexagonal si avantageux pour le cinéma, ni de faire rémunérer tous les techniciens qui le filment, le maquillent, lui font répéter ses répliques (ou les lui soufflent) [comme] des intermittents du spectacle payés par les cotisations chômage de ces imbéciles de Français restés au pays. Et quand il sera gravement malade, il accourra dans un hôpital français dont le déficit est financé par les mêmes. Mais Depardieu aurait tort de se priver, quand y a d’la gêne, y a pas de plaisir !”

Sur ce sujet, lire aussi :
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> Le socialisme, un drame pas drôle ! par Christian Vanneste
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> Exil fiscal de Depardieu : la gauche vomit sur notre Obélix national

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17Commentaires

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  • SAID , 19 décembre 2012 @ 0 h 02 min

    Il y a deux parties dans la chronique de E. Zemmour.

    La première joue sur les personnages incarnés par G.Depardieu pour le comparer à l’un de ses premiers rôles dans le film Les Valseuses : un homme libre.

    La seconde partie est la meilleure car elle met en contradiction la belle idéologie des socialistes sur la politique européenne par rapport à leur attitude soudaine concernant le départ de l’acteur.

    Contrairement à certains avis (voir plus haut), je ne pense pas que E. Zemmour fasse une réelle critique de l’attitude de G.Depardieu. Il doit peut-être la déplorer mais ce n’est pas ce qu’il dit. Il renvoie simplement les Cohn-Bendit, Harlem Désir, Les Verts et toute l’extrême-gauche, qui “maudissent cette France du repli, cette France moisie.” à leur contradiction. Une personne NON européenne pourrait (selon leur souhait) voter et circuler librement en Europe… mais pas G. Deupardieu ?

    Ah mais oui ! Parce que son départ est lié à des raisons financières ? Mais… n’est ce pas justement la raison qui pousse tout émigré à vivre dans un autre pays pour gagner de l’argent… ou en perdre moins ? ^^

  • xanpur , 19 décembre 2012 @ 8 h 21 min

    Je crois qu’effectivement certains n’ont pas bien compris l’analyse et le second degré d’Eric Zemmour

  • Monique33 , 19 décembre 2012 @ 8 h 55 min

    Je suis tout à fait d’accord avec votre commentaire.
    La dernière phrase est d’une grande exactitude. Oui, tout émigré a toutes ses raisons pour vivre dans un autre pays, soit gagner de l’argent ou soit en perdre moins…….Chacun a ses intérêts!

  • Hervé Hache , 19 décembre 2012 @ 11 h 43 min

    Il est vrai que les journalistes de gauche à la botte du gouvernement ne risquent pas
    de s’exiler avec les avantages fiscaux que le gouvernement leur a accordés pour se coucher comme des “putes” . Il est nul besoin de se poser la question pour savoir de quel coté ces nouveaux journalistes de gauche auraient posé leur plume en 1940 (certainement pas celui de la France Libre ).
    Que les ” grands reporters ” que je respecte laissent la place à ces merdeux bien au chaud dans leurs rédactions et qu’ils aillent au Mali et là j’irai pisser sur leur tombe.

  • GERARD , 19 décembre 2012 @ 16 h 40 min

    Effectivement,cette dernière phrase est d’une grande exactitude ! Encore faut il que l’émigré en question respecte totalement et intégralement le sol ,le pays ,les lois ,les règles ,et les habitants de cet Eden.

  • François2 , 19 décembre 2012 @ 18 h 54 min

    J’adore toujours le point de vue d’Eric Zemmour. Mais j’ai quelque doute au sujet de l’Europe de Depardieu ; j’ai envie de dire “Europe, mon cul” à la manière de Zazie, car j’ai l’impression que cela sert d’excuse facile, pour ne pas se mettre à dos, en plus, les fédérastes.

    Je pense qu’en définitive c’est l’ISF le déclencheur. Mais il ne faut jamais oublier que c’est Sarko qui a conservé l’ISF, cet impôt imbécile abandonné, je crois, par tous les pays européens. Impôt imbécile car les riches qui ont des oeuvres d’art ne payent pas. Par contre vous devez une fois par an vider devant vous votre portefeuille et votre porte-monnaie pour compter : et ne pas oublier une pièce de 50 centimes, car pour ceux qui seront au futur taux de 1,80 %, c’est 1 centime à devoir au fisc (chaque année). Avec aussi le futur taux d’imposition sur le revenu à 75 %, la personne assujettie à ce taux se dit qu’il va falloir payer l’ISF avec les 25% restants, sans oublier d’autres impôts locaux ou non (et pour faire un calcul total, ne pas oublier la TVA quotidienne, à laquelle personne n’échappe).

  • morice , 19 décembre 2012 @ 20 h 39 min

    Monsieur Garcia votre réponse est très claire ! merci à vous

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