Georges de Habsbourg : « Sans Jean-Paul II et Ronald Reagan, le communisme ne se serait pas effondré aussi rapidement »

L’Archiduc Georges de Habsbourg est le petit-fils de l’Empereur Charles, dernier Roi de Hongrie. Actuellement président de la Croix-Rouge hongroise, il livre aux Nouvelles de France son point de vue sur les désaccords actuels entre l’Union européenne et le gouvernement de Viktor Orban.

La Hongrie est sous le feu de l’actualité et des critiques en ce moment, que ressentez-vous en les entendant ?

J’ai trouvé que le tsunami d’informations négatives qui s’est déversé dans la presse est pour le moins étonnant. La plupart des articles négatifs sur la Hongrie n’avaient d’ailleurs aucune substance. Le gouvernement hongrois a déclaré que si l’Union européenne l’informait des points de droit qui font polémique dans les lois qu’il a adoptées, il s’engageait à les modifier. Je ne connais pas beaucoup de pays qui soient capables de réaliser un tel changement législatif. Il est clair que la Hongrie est favorable à l’Union européenne et lui donne des gages.

La loi sur les médias ne semble pourtant pas acceptée si facilement.

Lorsque le gouvernement a adopté cette loi il y a un an, il a du essuyer beaucoup de critiques. En conséquence, certaines dispositions législatives ont été modifiées. Je n’ai pas entendu les médias reprendre ce fait, personne n’en parle, pourtant le gouvernement a été sensible aux critiques. J’ai été, en revanche, content d’apprendre que Monsieur Barroso avait écrit à Viktor Orban pour lui expliquer précisément ce qui n’allait pas au regard de la Commission européenne et j’ai entendu dire que le Premier ministre était prêt à prendre en compte ces observations. Après tous ces articles de presse négatifs, je trouve cette réaction plutôt positive. Il était nécessaire que l’Union européenne concrétise ses observations pour que le gouvernement hongrois puisse y répondre sereinement.

Viktor Orban doit-il se conformer aux exigences de la Commission européenne ?

Je trouve qu’il a eu raison d’expliquer et de défendre la position du gouvernement hongrois devant le Parlement européen. Je pense que Monsieur Orban est d’accord pour modifier les points litigieux, ce qui est regrettable c’est que la communication du gouvernement hongrois a été légèrement déficiente dans cette affaire.

Que pensez-vous de la possibilité, nouvellement introduite, de pouvoir juger les anciens responsables communistes pour les crimes commis avant la chute de la dictature en1989.

Lorsque l’on fait des choix politiques, je trouve normal que les dirigeants assument leurs actes, surtout si des crimes ont été commis. Je ne connais pas exactement la teneur de ces dispositions, cela étant, il faut savoir que la dictature communiste a été particulièrement dure en Hongrie. Quand on pense à ce qui s’est passé en 1956 (soulèvement de Budapest, ndlr) et à la répression qui a suivi, on peut le comprendre. La Hongrie a été le premier pays à réagir contre la dictature communiste. On peut donc imaginer que des crimes ont pu être commis durant cette période.

Les dispositions concernant la reconnaissance de l’embryon en tant qu’être humain sont parfois critiquées..

Pour les Chrétiens, ces dispositions semblent assez évidentes. Pour les autres, je comprends que cela puisse les perturber mais il faut savoir une chose : ces dispositions, loin de changer radicalement les pratiques qui existent en Hongrie, permettent surtout d’exprimer notre tradition chrétienne qui est attachée à la vie.

Pour ce qui est de l’inscription du mariage entre personnes de sexe différent dans la Constitution, je trouve cela très bien. Cela ne veut pas dire que telle ou telle personne est mal jugée ou mal considérée en raison de son orientation sexuelle. Il faut reconnaître cependant que le mariage, c’est un fait, est l’union d’un homme et d’une femme. L’inscrire dans la constitution est également une manière de protéger la famille. Je comprends que des gens puissent avoir une opinion différente mais le Parlement a le droit de l’inscrire dans la Constitution et il faut savoir respecter les décisions du Parlement.

Pourquoi tant de passions sur le cas hongrois ?

Je pense qu’il y a deux raisons à cela. Premièrement, c’est une chose rare d’avoir un gouvernement aussi bien élu en Hongrie (il dispose des deux tiers des sièges au Parlement, ndlr). Pour cette raison, notre pays suscite davantage d’intérêt, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Deuxièmement, des sujets sensibles ont été abordés tel que l’avortement ou le mariage et ils ont une grande importance dans les débats qui agitent l’Union européenne. La Hongrie a fait des choix qui ne sont pas dans le courant « mainstream » ou dominant, voici les raisons pour lesquelles les discussions sont si passionnées.

Je dois toutefois déplorer certaines critiques journalistiques à l’égard de la Hongrie. Je vais vous donner un exemple qui concerne votre pays, la France : des journalistes d’une chaîne de télévision française sont venus me trouver, ils faisaient un reportage sur la situation sociale en Hongrie et ils m’ont demandé quels effets la nouvelle Constitution pourrait avoir sur la Croix-Rouge hongroise dont je suis président. Ils me disaient que les subventions accordées à la Croix-Rouge devraient diminuer du fait des nouvelles dispositions constitutionnelles. Tout cela est absolument faux. J’ai d’ailleurs vu beaucoup de journalistes utiliser de faux arguments. Ces journalistes cherchaient à me faire dire des choses négatives, je leur ai alors suggéré de faire leurs recherches avant de commencer leur reportage et pas après.

Vous n’avez pas connu votre grand-père, le dernier roi de Hongrie mais vous avez connu son épouse, l’Impératrice Zita. Que pouvez-vous nous dire sur elle.

J’étais toujours le plus jeune lors des réunions de famille auxquelles je la voyais ; cependant deux choses m’ont marqué chez elle. Tout d’abord elle était vraiment une femme profondément pieuse. Elle avait une énorme confiance en Dieu et voulait que Dieu la guide dans sa vie, ce qui lui donnait un certain charisme. Ensuite, je me souviens qu’elle me disait toujours de ne pas médire ou critiquer les autres, elle-même ne le faisait pas. (…)

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